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Volume 53, numéro 18 | 8 février 2018

À la une

Nos étudiants-athlètes à Pyeongchang

Anne-Marie Comeau (ski de fond), Laurent Dubreuil (patinage de vitesse longue piste), Alex Harvey (ski de fond), Adam Lamhamedi (ski alpin) et Alexandre St-Jean (patinage de vitesse longue piste) compétitionneront contre l'élite de leur sport aux Jeux olympiques de Pyeongchang

Par Yvon Larose

Le coup d’envoi des 23es Jeux olympiques d’hiver aura lieu ce vendredi, 9 février, à Pyeongchang, en Corée du Sud. La plus grande fête sportive hivernale au monde se déroulera jusqu’au 25 février. La délégation canadienne comptera 225 athlètes, dont 50 du Québec. Cinq sont étudiants à l’Université Laval.

Celle que l’on n’attendait pas

La fondeuse du Rouge et Or Anne-Marie Comeau en a surpris plus d’un en obtenant un laissez-passer pour les Jeux de Pyeongchang. Il y a deux ans, en raison d’une blessure à l’épaule, l’étudiante-athlète de 21 ans, inscrite au baccalauréat en administration des affaires, mettait de côté le ski de fond pour se tourner vers la course à pied, plus précisément le cross-country, au sein du Rouge et Or. Puis, l’automne dernier, elle décide de revenir à ses premières amours en joignant le club de ski de fond Rouge et Or. En décembre, elle participait à sa première compétition dans cette discipline en deux ans. Puis, en janvier, elle montait à deux reprises sur le podium, au mont Sainte-Anne, lors des sélections olympiques de l’équipe canadienne.

«J’ai ressenti beaucoup d’émotions positives lorsque j’ai su que j’étais sélectionnée pour les Jeux, explique l’étudiante-athlète de 1,60 m et de 50 kg. J’étais surprise, mais en même temps très fière du chemin que j’avais parcouru pour y arriver en termes d’entraînement.»

De 2012 à 2015, Anne-Marie Comeau a pris part à quatre championnats mondiaux juniors de ski de fond. «J’ai débuté dans cette discipline vers 8 ou 9 ans, dit-elle. Je skiais l’hiver et je faisais du vélo de montagne et de la course à pied l’été. Ma principale qualité athlétique est l’endurance à l’effort. Le ski de fond me permet d’exploiter mon cardio, ma force musculaire et le plaisir de la glisse. Mais j’aime autant la course à pied que le ski de fond.»

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En décembre, la fondeuse Anne-Marie Comeau participait à sa première compétition en deux ans. Quelques semaines plus tard, elle se qualifiait pour les Jeux olympiques.
Photo: Patrick Charbonneau

Un bon prétendant à une médaille

Avant de se rendre en Corée, les patineurs de vitesse longue piste canadiens ont fait un camp d’entraînement d’une dizaine de jours en Bavière. Durant ce séjour, ils ont participé à une compétition comptant pour la Coupe du monde. Durant sa course, Laurent Dubreuil s’est infligé une légère blessure à l’aine qui l’a contraint au repos, ce qu’il a décidé de faire chez lui au Québec. «J’ai reçu des traitements, souligne-t-il. Cette pause m’a donné un répit mental.»

Ce spécialiste du 500 m, inscrit au baccalauréat en communication publique, a remporté l’or dans cette épreuve, en novembre dernier aux Pays-Bas, lors de la Coupe du monde. «Ce fut l’un de mes plus grands accomplissements en carrière», indique celui qui occupe le 12e rang du classement mondial cette saison et qui concourra dans les épreuves de 500 m et de 1 000 m en Corée. «Je suis sur le circuit de la Coupe du monde depuis sept ans, ajoute-t-il. J’accumule les top-10 et je gagne une médaille de temps en temps. Je suis donc un bon prétendant à une médaille aux Jeux.» Sa qualification pour Pyeongchang lui a apporté beaucoup de joie. «Cette qualification était la première phase de mon rêve de carrière, précise l’étudiant-athlète de 25 ans, de 1,82 m et de 85 kg. Mais pour moi, faire les Jeux olympiques n’est pas suffisant. J’ai des objectifs de performance.»

Selon Laurent Dubreuil, les écarts minimes entre les patineurs au terme de leurs courses rendent celles-ci excitantes. «C’est signe que nous sommes au plus haut niveau de notre sport. »

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Le patineur de vitesse longue piste Laurent Dubreuil a remporté la médaille d’or au 500 m, en Coupe du monde, en novembre dernier.
Photo: Arno Hoogeveld

Plus puissant et plus endurant

C’est à Seefeld, en Autriche, que l’équipe canadienne de ski de fond s’est préparée avant son départ pour la Corée. Parmi ses membres, il y a le fondeur d’élite et étudiant au baccalauréat en droit Alex Harvey. Deux fois olympien, en 2010 et en 2014, champion du monde du 50 km départ groupé style libre en 2017, Alex Harvey s’est dit prêt comme jamais à quelques jours des Jeux. «Je suis satisfait de ma progression depuis le début de la saison, affirme-t-il. Le fait saillant a été de monter sur le podium au Tour de ski.» Cet accomplissement est digne de mention. En obtenant une troisième place dans l’une des sept épreuves au programme, il devenait le premier non-Européen à terminer parmi les trois premiers à cette compétition.

À 29 ans, l’étudiant-athlète de 1,84 m et de 75 kg dit avoir atteint cette saison un niveau de performance encore jamais atteint en carrière sur les plans de la puissance et de l’endurance. Il est parti pour Pyeongchang avec dix top-10 et un quatrième rang au classement général de la Coupe du monde. Son objectif aux Jeux: une place sur le podium.

À Lhati, en Finlande, le 5 mars 2017, Alex Harvey avait déclaré qu’il avait couru la meilleure course de sa vie en gagnant l’or au 50 km, l’épreuve reine du ski de fond. Selon lui, une seule chose pourrait battre, à ses yeux, son titre de champion du monde: l’or aux Jeux olympiques.

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En mars 2017, sur les plaines d’Abraham à Québec, le fondeur Alex Harvey mettait un terme à sa saison, au troisième rang du classement général de la Coupe du monde.
Photo: Olivier Lyra

Un Marocain sur les pistes

Adam Lamhamedi, inscrit au baccalauréat en administration des affaires, possède la double nationalité maroco-canadienne. Comme il l’avait fait aux Jeux de Sotchi, en 2014, il portera les couleurs du Maroc en ski alpin aux Jeux de Pyeongchang. L’étudiant-athlète de 22 ans, de 1,72 m et de 83 kg dit obtenir en ce moment les meilleurs résultats de sa vie.

En 2012, à l’âge de 16 ans, Adam Lamhamedi s’est distingué en remportant l’épreuve du super-G aux premiers Jeux olympiques de la jeunesse. À Sotchi, en 2014, il obtenait une 47e position en slalom géant, à moins de 14 secondes du gagnant. En 2016, au sein du Réseau du sport étudiant du Québec, il était sacré champion de ski alpin et meilleur athlète masculin du Réseau. En 2017, Adam Lamhamedi terminait 15e au slalom géant de l’Universiade tenue au Kazakhstan.

«Mon point fort est mon explosivité. Je suis capable de générer beaucoup d’énergie et cela rapidement, indique-t-il. Cela dit, cela peut également être une faiblesse étant donné que le ski est aussi un sport de finesse et de patience. Mon explosivité peut alors être une nuisance.»

L’étudiant-athlète a commencé à skier à l’âge de 5 ans. Qu’aime-t-il dans cette discipline? «La sensation de liberté, répond-il. Sur la montagne je m’évade. La glisse, la vitesse et le contrôle sont des sensations que je recherche sur mes planches.»

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Le skieur alpin Adam Lamhamedi concourra pour le Maroc aux Jeux de Pyeongchang. À Sotchi, en 2014, il avait terminé 47e en slalom géant.
Photo: Jean-Baptiste Benavent

Une vitesse de pointe très élevée

Le 23 février, le patineur de vitesse longue piste Alexandre St-Jean s’élancera sur la glace de l’Ovale de Gangneung dans la seule épreuve de 1 000 m prévue au programme des Jeux de Pyeongchang. «Si je monte sur le podium, explique-t-il, ce sera la performance d’une vie. Je vise un top-8. Je serai satisfait si je termine ma course dans ce groupe.»

Alexandre St-Jean a 24 ans. Il poursuit des études de doctorat en médecine dentaire. Lors des épreuves de qualification olympique tenues à Calgary, il a terminé deuxième au 1 000 m, sa distance de prédilection. «Lorsque j’ai su que j’allais aux Jeux, raconte-t-il, j’ai ressenti un sentiment d’accomplissement incroyable. Mon plus grand rêve sportif venait de se réaliser!»

L’étudiant-athlète pratique le patinage sur glace depuis l’âge de cinq ans. À 1,7 m et 84,8 kg, il possède un bon gabarit pour la longue piste. «Ma force est dans les virages, dit-il, et ma vitesse de pointe est très élevée.»

Ces trois dernières années, le patineur a consacré beaucoup de temps à ses compétitions. «C’est vraiment exigeant comme calendrier, affirme-t-il. Je suis quatre ou cinq mois par année sur la route.»

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Le patineur de vitesse longue piste Alexandre St-Jean participera au 1 000 mètres. Son objectif est de terminer parmi les huit premiers.
Photo: Dave Holland

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Une athlète assez complète

Le cheerleading, qui n’est pas une discipline olympique, sera en démonstration durant les Jeux de Pyeongchang. Une des sept formations invitées représentera le Canada. Cette troupe amatrice de Montréal s’appelle Karma. Deuxième au championnat du monde de 2017, elle compte dans ses rangs une athlète de 25 ans, Josiane Picard. Celle-ci a fait partie du club de cheerleading Rouge et Or de 2012 à 2016. Elle est diplômée depuis 2017.

«J’ai fait de la gymnastique artistique pendant 10 ans avant de devenir cheerleader, explique-t-elle. J’avais envie de faire un sport d’équipe et de relever de nouveaux défis en continuant à faire ce que j’aime.»

Selon elle, le cheerleading est un sport complet qui comprend pyramides, gymnastique, sauts, danse et stunts. Les athlètes doivent donner leur maximum durant les deux minutes et demie que dure la routine. «C’est un sport de performance, dit-elle, alors il faut faire croire au public que c’est facile.»

Passionnée de son sport, Josiane Picard se considère comme une athlète assez complète. «Avec mon expérience en gymnastique, poursuit-elle, je peux faire les lignes de gymnastique et mes sauts sont beaux. J’ai aussi développé une bonne musculature, ce qui me permet de lever les filles sans trop de difficulté. Je ne suis pas lourde, mais forte.»

Ses quatre années avec le Rouge et Or ont constitué sa plus grande motivation pour réussir ses études. «Je garde en tête toutes les compétitions et l’ambiance incroyable lors des matchs de football, surtout ceux de la Coupe Vanier, se rappelle-t-elle. Le public du Rouge et Or est unique.»

Plus d’information

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Josiane Picard a fait partie du club de cheerleading Rouge et Or de 2012 à 2016. À Pyeongchang, elle fera des démonstrations de son sport au sein d’une troupe amatrice.
Photo: Éric Vermette

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