L’effet protecteur des oméga-3 sur les marqueurs de risque de maladies cardiovasculaires et de diabète de type 2 est surtout attribuable à l’un des acides gras de cette famille, le DHA. Voilà ce que démontre une étude menée par une équipe de l’Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels (INAF) et dont les résultats ont été présentés à San Diego, en avril, au congrès de l’Experimental Biology.

Les vertus des acides gras oméga-3 sur la santé sont bien documentées, mais la plupart des études consacrées au sujet ont été réalisées avec des gélules contenant un mélange des deux principaux oméga-3, l’acide eicosénoïque (EPA) et l’acide docosahexaénoïque (DHA). Les chercheurs de l’INAF ont voulu savoir si ces deux acides gras avaient un effet protecteur comparable contre les maladies cardiométaboliques. «Comme il n’existe pas sur le marché de gélules contenant exclusivement l’un ou l’autre de ces oméga-3, nous avons demandé à un fabricant d’en produire pour les besoins de notre étude», précise la doctorante Janie Allaire.

Les chercheurs ont recruté 154 personnes à risque de maladies cardiométaboliques en raison de leur obésité abdominale et ils les ont soumises à trois traitements de 10 semaines chacun. Les participants devaient prendre quotidiennement trois gélules contenant soit de l’EPA, du DHA ou de l’huile de maïs. Après une pause de huit semaines, les sujets étaient soumis successivement à chacun des autres traitements. Résultats? Le DHA a produit des effets bénéfiques plus prononcés que l’EPA sur la pression sanguine diastolique, la concentration de triglycérides, le cholestérol et certains marqueurs de l’inflammation.

Les personnes qui souhaiteraient mettre en application dès maintenant les conclusions de cette étude se trouvent toutefois dans un cul-de-sac. Comme mentionné précédemment, il n’existe pas de gélules contenant exclusivement du DHA sur le marché. Par ailleurs, les poissons riches en oméga-3 comme le saumon, le maquereau, la sardine et l’anchois contiennent à la fois de l’EPA et du DHA, en proportions variables. «Même si nos données indiquent que le DHA produit, à court terme, des effets positifs sur les marqueurs de risques de maladies cardiométaboliques, il faudrait poursuivre les travaux pour déterminer si ces effets se traduisent par une diminution de l’incidence des événements associés à ces maladies, souligne Janie Allaire. Si c’était le cas, il ne serait pas étonnant de voir apparaître d’ici quelques années des gélules contenant principalement du DHA. Elles pourraient être prescrites, par exemple, aux personnes présentant des facteurs de risques cardiométaboliques ou à celles qui ont déjà été victimes de problèmes cardiovasculaires. Entre-temps, vous pouvez vous assurer de maintenir un bon apport en DHA et en EPA en suivant les recommandations sur la consommation de poissons gras.»

La présentation faite par Janie Allaire au congrès de l’Experimental Biology lui a valu l’un des trois prix remis aux étudiants-chercheurs ayant livré les plus intéressantes communications. Quelque 500 étudiants-chercheurs avaient soumis une proposition de communication. Les autres chercheurs de l’INAF, du CHU de Québec-Université Laval et de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec qui ont collaboré à l’étude sont Patrick Couture, Amélie Charest, Myriam Leclerc, Johanne Marin, Marie-Claude Lépine, André Tchernof et Benoît Lamarche.