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Volume 53, numéro 19 | 15 février 2018

À la une

Créativité, talent et audace !

La Faculté des sciences et de génie a remis ses bourses en entrepreneuriat Eggenius 2017-2018 à sept projets d’étudiants-entrepreneurs

Par Yvon Larose

Le 1er février, la Faculté des sciences et de génie (FSG) a publié la liste des lauréats 2017-2018 des différentes bourses en entrepreneuriat Eggenius. À la Faculté, Eggenius est un lieu de rassemblement où l’expertise scientifique et l’effervescence créative de la relève rencontrent l’audace des entrepreneurs. Pour l’année 2017-2018, les donateurs ont choisi de soutenir sept projets d’étudiants-entrepreneurs de la FSG. Cinq projets ont reçu chacun une bourse en entrepreneuriat Eggenius – RBC de 10 000$. En voici quelques-uns.

Pour la santé buccodentaire des chiens et des chats

Animora, une entreprise en démarrage de Québec, s’est donnée pour mission d’améliorer le bien-être et la santé des animaux. Elle a été créée par deux étudiants de la FSG, Andrée-Ann Adam, finissante au baccalauréat en microbiologie avec profil entrepreneurial, et Jean-Philippe Côté, étudiant au baccalauréat en biochimie et au doctorat de premier cycle en pharmacie. Ce mois-ci, Animora a lancé une campagne de financement participatif.

«Nous avons fini de développer le premier produit, explique Andrée-Ann Adam. Nous sommes rendus à amasser les fonds nécessaires pour l’achat d’équipements. Sa commercialisation officielle aura lieu en mai 2018.»

Le produit est un gel dentaire à base de canneberges pour les chiens et les chats. Il améliore la santé buccodentaire en réduisant la mauvaise haleine et en prévenant l’accumulation de la plaque dentaire. Il sera enregistré auprès de Santé Canada lors de sa mise en marché. «Le produit, poursuit-elle, peut être utilisé comme dentifrice à l’aide d’une brosse à dents, directement sur les dents et les gencives de l’animal, ou avec une gâterie ou de la nourriture pour un animal qui ne se laisse pas manipuler près de la gueule.»

Selon l’étudiante, les polyphénols contenus dans la canneberge sont reconnus comme une arme de choix contre les maladies parodontales. «Dès l’âge de 3 ans, dit-elle, 80% des chiens et 70% des chats développent une maladie des gencives. C’est seulement lors de mes recherches dans un laboratoire en médecine dentaire que j’ai trouvé une idée concrète pour remédier à ce problème. Je voulais créer un produit naturel à la fois simple à utiliser pour le propriétaire, sécuritaire pour l’animal et avec une bonne efficacité. Avec l’aide de Jean-Philippe Côté, j’ai commencé à faire plusieurs recherches et plusieurs tests pour trouver la bonne formulation.»

Sur le campus, Animora bénéficie du soutien d’Entrepreneuriat Laval, d’Eggenius et du Groupe de recherche en écologie buccale (GREB) de la Faculté de médecine dentaire. Grâce au laboratoire du GREB dirigé par le professeur Daniel Grenier, les étudiants-entrepreneurs ont pu tester leur gel dentaire directement sur des bactéries parodontopathogènes de source animale.

Chez Animora, on ambitionne de devenir la référence en produits de santé animale au Québec et, ensuite, de se faire connaître au Canada et à l’international.

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Le premier produit mis au point par Animora est un gel dentaire à base de canneberges pour la santé buccodentaire des chats et des chiens.
Photo: Andrée-Ann Adam

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Les fondateurs d’Animora sont Andrée-Ann Adam (à droite) et Jean-Philippe Côté (au centre). Ils sont accompagnés de la gestionnaire Sabrina Adam.
Photo: Andrée-Ann Adam

Des matériaux semi-conducteurs de nouvelle génération

Brilliant Matters Organic Electronics est une jeune pousse née de l’initiative de Philippe Berrouard, chercheur postdoctoral en chimie, ainsi que de François Grenier et de Jean-Rémi Pouliot, tous deux doctorants dans la même discipline. Cette entreprise de haute technologie produit et vend des matériaux semi-conducteurs de nouvelle génération, sous forme de poudre, pour l’industrie de l’électronique. Ces matériaux entrent dans la fabrication, sur des films flexibles, de composants servant à fabriquer une grande variété de produits, allant du panneau solaire à l’écran de télévision.

«L’année dernière, nous avons obtenu un financement de démarrage, ce qui nous a permis de louer et d’équiper un laboratoire et de faire nos premières ventes, explique Jean-Rémi Pouliot. Présentement, nous en sommes à conclure une première ronde de financement avec des partenaires stratégiques.»

Brilliant Matters entend s’imposer dans un domaine où les semi-conducteurs faits de silicium se trouvent à la base de tout appareil électronique. Or, une partie de la nouvelle électronique qui se profile à l’horizon utilisera plutôt des semi-conducteurs faits à partir de molécules organiques.

«L’électronique est vouée à devenir plus intégrée dans nos vies quotidiennes, indique Jean-Rémi Pouliot. Peu à peu, l’électronique telle que nous la connaissons deviendra flexible, étirable, intégrée dans nos vêtements et même utilisée dans le corps humain pour du diagnostic. Nos produits permettent de fabriquer cette nouvelle génération d’électronique.»

Le projet d’entreprise des trois étudiants repose sur l’exploitation d’une nouvelle méthode de production, développée dans le laboratoire du professeur Mario Leclerc et brevetée. «Cette méthode, souligne l’étudiant-entrepreneur, est plus verte, plus simple et permet de réduire les coûts de fabrication.»

Brilliant Matters est présentement hébergée à l’Université Laval dans un espace adapté à la production de ses produits. Ceux-ci s’adressent autant aux chercheurs universitaires qu’aux géants de l’électronique. L’équipe est accompagnée et conseillée par Entrepreneuriat Laval, Eggenius et la société de valorisation SOVAR. Le but des fondateurs est de créer une entreprise internationale spécialisée en chimie des matériaux.

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L’entreprise produit des matériaux semi-conducteurs de nouvelle génération sous forme de poudre.

La synergie entre la psychologie et la cosmétique

Rachelle Séguin étudie à la maîtrise en sciences pharmaceutiques. Andréa Gomez, elle, est inscrite au MBA stratégie et innovation. Ensemble, elles ont fondé Psycos Dermocosmétiques, une gamme de soins personnalisés pour le visage qui se caractérisent par leur contenu naturel et l’équilibre de leurs ingrédients. Ces produits sont combinés à des routines de pensée basées sur la psychologie positive et la théorie de la pleine conscience. Les utilisatrices peuvent aussi suivre des ateliers sur le bien-être donnés par des professionnels. Les deux étudiantes-entrepreneures prévoient lancer leur plateforme de vente en ligne en juillet prochain.

«Nous considérons offrir la première gamme de psycosmétiques au monde, c’est-à-dire la synergie entre la psychologie et la cosmétique, explique Rachelle Séguin. Il est connu que le stress psychologique est l’un des facteurs importants qui causent l’eczéma, le psoriasis, l’acné et même le vieillissement cutané. L’apparence de la peau peut ensuite avoir des répercussions sur notre estime personnelle, qui, elle, va toucher toutes les sphères de notre vie, incluant le stress psychologique. C’est pour sortir de cette boucle sans fin que Psycos travaille autant sur la peau que sur le stress et l’estime de soi.»

Ce projet est né d’un désir commun de révolutionner le monde de la cosmétique. «Nous voulons avoir une entreprise qui pourra toucher la vie des femmes», souligne Rachelle Séguin.

Chez Psycos Dermocosmétiques, on travaille avec sept différents ingrédients naturels dont l’efficacité est prouvée et avec cinq différents extraits de plante. Les produits sont hypoallergéniques, végétaliens et respectueux de l’environnement. Ils se déclinent en cire nettoyante, en sérum, en crème ou en gel, et en huile de nuit. Ils ont été mis au point par Rachelle Séguin et Andréa Gomez, toutes deux ayant travaillé six ans dans l’industrie cosmétique. «Nous recevons de l’aide puisque ce sont des formules complexes, mais celles-ci nous appartiennent, dit-elle. Ma formation de chimiste cosméceutique, obtenue à l’Université Laval, me permet de gérer l’aspect réglementaire, de même que la composition des produits. Mes études de maîtrise me permettent de bien sélectionner les ingrédients.»

Rachelle Séguin et Andréa Gomez sont inscrites, pour l’année 2018, à l’Académie de la relève entrepreneuriale – CDPQ de l’Université Laval. Cette année, elles pourront bénéficier des installations d’un laboratoire de formulation cosmétique. Des professeurs de psychologie sont mis à contribution. Entrepreneuriat Laval et Eggenius collaborent à ce projet.

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Les produits de Psycos Dermocosmétiques se déclinent en cire nettoyante, en sérum, en crème ou en gel, et en huile de nuit.
Photo: Psycos

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Les deux fondatrices sont Rachelle Séguin et Andréa Gomez.
Photo: Psycos

La chasse aux trésors au 21e siècle

«Imaginez-vous que vous voyagez dans une ville à l’étranger, que vous vous promenez et que vous êtes intrigué par une œuvre d’art public. Lorsque vous vous en approchez, celle-ci vous envoie directement, au moyen d’une balise connectée, de l’information ou bien une anecdote intéressante à son sujet sans que vous ayez à chercher l’information sur votre téléphone mobile. C’est l’environnement qui vous l’envoie directement. N’est-ce pas original?»

Sahil Tajdin Khoja étudie au baccalauréat intégré en informatique et gestion. Il est également le cofondateur de Swipecity avec Jules Kamanzi, étudiant au baccalauréat en informatique, et Julien Mbony. Swipecity est une application offrant l’accès à une plateforme de gestion clé en main pour diffuser du contenu multimédia géolocalisé sur les sites et les monuments historiques, les événements culturels, les musées et les festivités. Les premières villes couvertes par Swipecity sont Québec, Lévis et Montréal. Le nombre de lieux à explorer dans le Vieux-Québec et le Vieux-Lévis s’élève à plus de 70.

Cette application est destinée aux municipalités ayant une culture et un patrimoine riches à découvrir. Les utilisateurs, qu’ils soient touristes ou résidents, découvrent des stations et des parcours interactifs à l’aide de leur téléphone mobile, dans une expérience semblable à une chasse aux trésors.

«D’un côté, souligne Sahil Tajdin Khoja, l’application permettra aux voyageurs de découvrir la culture locale sous une forme ludique. D’un autre côté, elle permettra aux villes et aux organismes culturels d’avoir une plateforme à jour, clé en main, à moindre coût, qui va leur permettre de revaloriser leur contenu historique et patrimonial sous une forme numérique et d’avoir des données très intéressantes.»

Les fondateurs de Swipecity reçoivent le soutien d’Entrepreneuriat Laval dans le démarrage de leur entreprise. Entrepreneuriat Laval les a aidés à monter le plan d’affaires et à se faire connaître. L’entreprise est maintenant au stade du développement des affaires.

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Swipecity diffuse du contenu multimédia géolocalisé, notamment sur les sites et les monuments historiques.

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Les fondateurs de Swipecity sont Jules Kamanzi, Sahil Tajdin Khoja et Julien Mbony.

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Les fondateurs de Brilliant Matters Organic Electronics sont François Grenier, Philippe Berrouard et Jean-Rémi Pouliot.

Photo: Louise Leblanc

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