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Volume 53, numéro 7 | 12 octobre 2017

Actualités UL

Avant d’aller aux urnes

Alors que la campagne électorale municipale bat son plein, des professeurs de l'Université et des journalistes nous proposent de réfléchir sur des enjeux de la ville de Québec

Par Matthieu Dessureault

Aux quatre coins de la ville, des affiches électorales ont fait leur apparition. Jusqu’au 5 novembre, les candidats à la mairie s’affrontent sur plusieurs thèmes, comme le transport et la gestion des finances publiques. Bonne nouvelle pour ceux qui ont du mal à s’y retrouver, trois tables rondes réunissant des professeurs de l’Université et des journalistes ont été organisées pour faire le point sur les enjeux au cœur de la campagne. Cette série de rencontres, dont la première a eu lieu le 3 octobre, permet de connaître la vision d’experts issus de différentes facultés sur des questions qui touchent à l’aménagement, au droit, à la sociologie, au génie, à la géographie, à la géomatique, à la psychologie, à la science politique, à la philosophie et au travail social.

Les professeurs Geneviève Cloutier, de l’École supérieure d’aménagement du territoire et de développement régional, et Patrick Turmel, de la Faculté de philosophie, sont derrière cette initiative. «Le but est de faire profiter le grand public de l’expertise incroyablement riche que l’on trouve sur le campus, explique ce dernier professeur. L’idée est non pas d’avoir des débats partisans, qui sont déjà nombreux, mais de creuser des enjeux locaux dans une perspective universitaire. Les professeurs ont carte blanche, que ce soit pour réagir à la campagne électorale ou pour parler d’enjeux qui leur semblent importants et qui ont été occultés par les candidats.»

Jean Dubé, professeur à l’École supérieure d’aménagement du territoire et de développement régional, profitera de sa participation, le 18 octobre, pour aborder des enjeux sur le transport et l’économie. Contrairement à certains politiciens qui en ont fait leur priorité, il montre peu d’enthousiasme par rapport au projet de troisième lien entre Québec et Lévis. «Je ne vois pas en quoi une telle infrastructure serait profitable pour la ville de Québec. Les coûts relatifs au logement et à l’accès à la propriété étant plus bas sur la Rive-Sud, un troisième lien pourrait, à court terme, encourager des résidents de Québec à s’y établir et peut-être même des entreprises à y déménager. Je comprends mal comment des représentants de la Ville peuvent être en faveur de ce projet», dit-il.

Dans le débat sur la congestion routière, l’économiste regrette qu’un aspect soit peu abordé: le coût social de la décision d’utiliser la voiture plutôt que le transport en commun. En effet, la congestion coûte des milliards de dollars chaque année à la collectivité. Quant à l’idée d’instaurer une taxe pour réduire le trafic sur les ponts, il se fait réaliste. «Si 80% des déplacements quotidiens se font en voiture, il serait surprenant que tous ces gens acceptent de payer une taxe mensuelle pour traverser de la Rive-Sud à la Rive-Nord. C’est sans doute pour cela que l’on en parle peu dans les débats.»

En plus du professeur Dubé, la table ronde du 18 octobre permettra d’entendre François Anctil (Département de génie civil et de génie des eaux), Émilie Raymond (École de service social), Marie-Hélène Vandersmissen (Département de géographie) et la journaliste Karine Gagnon, du Journal de Québec. La troisième et dernière rencontre, qui aura lieu le mercredi suivant, réunira les professeurs Louis-Philippe Lampron (Faculté de droit), Stéphane Roche (Département des sciences géomatiques), Maya A. Yampolsky (École de psychologie) ainsi que Louise Boisvert, journaliste à Radio-Canada.

Les mercredis 18 et 25 octobre, de 17 h à 19 h, à l’Espace Jardin du pavillon Alphonse-Desjardins. Suivez l’événement sur Facebook

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Le 3 octobre, les professeurs Luc Bégin (Faculté de philosophie), Andrée Fortin (Département de sociologie) et François Gélineau (Département de science politique) ont pu échanger avec le chroniqueur François Bourque (Le Soleil) et la journaliste Isabelle Porter (Le Devoir).

Photo: Louise Leblanc

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