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Volume 52, numéro 6 | 6 octobre 2016

Actualités UL

De la psychologie à l’épidémiologie

Philip Jackson, Jean-Pierre Julien, Nadia Lehoux et Daniel Mercure font leur entrée à la Société royale du Canada tandis que Sylvain Moineau et Stéphanie Roberge reçoivent une distinction honorifique

Par Yvon Larose

Au cours du mois de septembre, la Société royale du Canada (SRC), un organisme plus que centenaire voué à la reconnaissance de l’excellence dans le savoir, la recherche et les arts, a divulgué les noms de ses nouveaux membres dans deux catégories différentes, ainsi que les noms de chercheurs reconnus pour leurs réalisations remarquables. L’Université Laval se distingue avec deux nominations dans chacune des trois catégories. La présentation officielle des cohortes 2016 aura lieu le 18 novembre à Kingston, en Ontario.

Sylvain Moineau est professeur titulaire au Département de biochimie, de microbiologie et de bio-informatique. Il reçoit la médaille Flavelle pour son apport important à la biologie au cours des 10 dernières années. Le récipiendaire est mondialement reconnu pour ses travaux innovants sur les virus de bactéries. Ses recherches ont permis d’établir un nouveau domaine de recherche: le système immunitaire microbien CRISPR-Cas. Sa carrière universitaire, Sylvain Moineau l’a débutée en 1996. Ce choix professionnel, il l’a fait pour la liberté universitaire et la passion pour l’enseignement et la recherche. Sa spécialisation en virologie, elle est venue après qu’il eût observé des virus de bactéries, des phages, au microscope électronique. Pour lui, il est difficile de déterminer le fait saillant de sa carrière. «Il y en a eu quelques-uns, dit-il. Mentionnons peut-être un article complet, en 2010, dans la revue Nature, dans lequel nous avons démontré que le système CRISPR-Cas coupait l’ADN, et ce, de manière très précise.»

Stéphanie Roberge est rattachée au Département de médecine sociale et préventive. Elle a récemment commencé des études postdoctorales au King’s College Hospital à Londres, au Royaume-Uni. La Société royale lui décerne la bourse Alice-Wilson. Cette distinction est attribuée annuellement à trois femmes d’une compétence exceptionnelle qui entreprennent une carrière en recherche au niveau postdoctoral. «J’ai choisi l’épidémiologie, explique la chercheuse, car c’est un domaine en plein essor qui permet d’avoir une vision globale des problèmes de santé, permettant ainsi d’influencer la recherche et l’application clinique de la santé à un niveau populationnel plutôt qu’individuel.» Son travail sur l’utilisation de l’aspirine durant la grossesse pour prévenir la prééclampsie constitue l’un des faits saillants de sa jeune carrière. «La prééclampsie, précise Stéphanie Roberge, est un problème qui affecte 2 à 8% des grossesses et qui entraîne de graves complications chez la mère et son enfant. Je travaille actuellement à l’amélioration de la compréhension de cette maladie multifactorielle.»

Jean-Pierre Julien enseigne au Département de psychiatrie et de neurosciences. La passion pour la recherche lui est venue au cours de ses études doctorales à l’Université McGill. «C’est là que j’ai fait mes premières découvertes qui ont mené à la publication d’articles scientifiques, raconte-t-il. De contribuer au savoir donne un sens à la vie. Et puis, j’ai beaucoup de satisfaction à exercer un travail exigeant basé sur la performance et la compétition.» Jean-Pierre Julien est une sommité internationale dans le domaine des maladies neurodégénératives, notamment la sclérose latérale amyotrophique. En 2000, il a reçu le prestigieux prix Sheila-Essey de l’American Academy of Neurology pour avoir découvert que la désorganisation des neurofilaments peut causer la neurodégénérescence. Ses recherches actuelles ont pour objectif d’élucider les mécanismes de dégénérescence des cellules nerveuses dans les maladies neurodégénératives, notamment la démence fronto-temporale.

La renommée de Daniel Mercure a depuis longtemps franchi les frontières. Ce professeur au Département de sociologie a mené des travaux précurseurs sur le temps social et, par la suite, sur l’impartition flexible, plus récemment sur l’éthos du travail. Il a entamé sa carrière de professeur à l’Université Laval en 1984. S’il a choisi la vie universitaire, c’est notamment par passion pour l’enseignement. Pour lui, enseigner «à ceux qui feront notre avenir» constitue «un privilège et une grande responsabilité». Sa découverte de la sociologie, après ses intérêts de jeunesse pour l’histoire et pour l’économie, a été «une révélation», dit-il. Un des faits saillants de sa carrière fut sa première grande enquête de terrain, dans le secteur de l’industrie forestière. «J’ai alors vécu, indique-t-il, ce que j’avais bien compris, mais pas assimilé, à savoir que la réalité du terrain est toujours plus complexe que les concepts.»

Philip Jackson, de l’École de psychologie, et Nadia Lehoux, du Département de génie mécanique, font maintenant partie du Collège de nouveaux chercheurs et créateurs en art et en science de la SRC. À ce titre, ils représentent la nouvelle génération de l’excellence intellectuelle, scientifique et artistique au Canada. Le professeur Jackson a commencé sa carrière universitaire en 2005. Comme la plupart de ses collègues, il n’imaginait pas le nombre d’heures de travail qu’exige cette profession. «C’est la passion du savoir et de sa transmission, explique-t-il, qui nous motive pendant toutes ces heures.» Reconnu internationalement, Philip Jackson poursuit des recherches sur les bases cérébrales de la cognition sociale et de l’empathie humaine. À l’aide des technologies récentes en neuroimagerie, en neuromodulation et en réalité virtuelle, il mène des travaux novateurs sur les marqueurs neurophysiologiques des émotions dans différents contextes. Ces contextes vont de la douleur physique au plaisir ressenti devant un jeu vidéo. «Le but de mes recherches, affirme-t-il, est de promouvoir l’empathie et d’optimiser les interactions sociales.»

Nadia Lehoux travaille au Département de génie mécanique depuis l’automne 2009. À son arrivée, elle s’est consacrée à la préparation du lancement du programme de génie industriel, qui a démarré un an plus tard. Si elle a choisi une profession exigeante comme celle de professeure universitaire, c’est d’abord pour pouvoir réellement contribuer à la formation de futurs ingénieurs curieux et passionnés. «C’est aussi avoir l’opportunité d’oeuvrer dans un milieu en constante progression, tourné vers le savoir», ajoute-t-elle. Sa passion pour le génie industriel est née à la fin de son baccalauréat, lorsqu’elle a suivi deux cours donnés par les professeurs Sophie D’Amours et Daoud Ait-Kadi. Tous ses travaux de recherche touchent une ou plusieurs activités d’une chaîne de valeur, notamment l’approvisionnement, la production et la distribution.

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Sylvain Moineau et Stéphanie Roberge

Photo: Marc Robitaille et CHUL

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