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Volume 49, numéro 2 | 5 septembre 2013

À la une

Découvrir Québec en réalité augmentée

Une application mobile originale propulse le classique guide touristique au 21e siècle

Par Yvon Larose

Qu’ont en commun la messe de minuit à la basilique-cathédrale de Québec, le pont de glace qui existait autrefois entre Québec et Lévis et le premier palais de l’intendant du temps de la Nouvelle-France? Ces éléments de l’histoire de la capitale font partie du contenu de Découvrir Québec, une application mobile lancée le mercredi 4 septembre, à l’hôtel de ville de Québec, en présence du ministre de la Culture et des Communications, du maire de Québec et du recteur de l’Université Laval. Cette réalisation est le fruit des efforts de l’équipe de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine ethnologique, en collaboration avec la Ville de Québec et le ministère de la Culture, en partenariat avec la firme de haute technologie IdéeClic.

«Il s’agit d’une visite multimédia d’une très grande richesse, affirme le professeur d’ethnologie et d’histoire Laurier Turgeon, titulaire de la Chaire. Elle est destinée en premier lieu aux nombreux touristes qui arpentent les rues du Vieux-Québec et du quartier Saint-Roch. Mais elle peut aussi servir de ressource documentaire pour les étudiants ainsi que d’outil pédagogique pour les professeurs d’histoire et de patrimoine.»

Cette application est utilisable sur téléphone intelligent, sur iPod et sur iPad. On peut la télécharger gratuitement à partir de la boutique App Store et bientôt de la plateforme Android. Elle propose une interprétation intégrée du patrimoine matériel et immatériel de 96 points d’intérêt patrimoniaux, les deux tiers dans le Vieux-Québec.

De conception originale, Découvrir Québec fait entrer le guide touristique classique dans le 21e siècle. L’expérience de visite est ludique, la navigation, facile et les images, de grande qualité. «Pour ce type de produit, nous sommes les premiers au Québec, et peut-être même dans le monde, à autant recourir au multimédia, souligne Laurier Turgeon. Habituellement, de telles applications se limitent à du texte et à des photos, parfois accompagnées de narrations audio ou de courtes vidéos. Nous avons utilisé six types de média, agencés de manière cohérente.»

Les textes et les photos de Découvrir Québec sont conçus pour entrer dans l’écran du téléphone intelligent. Les textes de présentation des points d’intérêt ne font que 75 mots. Toutefois, les usagers qui en veulent plus peuvent consulter des textes de 350 à 500 mots. Au total, l’application contient l’équivalent d’un livre de 250 pages d’informations écrites. «La richesse des contenus découle du fait qu’ils reposent, entre autres, sur les recherches universitaires les plus récentes», indique le professeur Turgeon.

L’usager peut naviguer à l’aide d’une carte tactile montrant les points d’intérêt qui sont géoréférencés. Il peut aussi consulter les articles par ordre alphabétique à la manière d’une encyclopédie, ainsi que des sections regroupant des clips vidéo (36), des images anciennes (350), des témoignages audio (25), des photos panoramiques (31), des photos interactives d’objets en 3D (22) et des reconstitutions 3D de sites importants (5) aujourd’hui disparus. Les concepteurs ont choisi de laisser l’entière liberté aux usagers en ne leur proposant aucun itinéraire.

«L’interprétation de sites patrimoniaux porte généralement sur le patrimoine bâti seulement, explique Laurier Turgeon. Découvrir Québec innove sur ce plan en intégrant les deux formes de patrimoine.» Selon lui, la meilleure façon de mettre le patrimoine immatériel en valeur est par la vidéo. Dans l’application, les clips durent entre une minute trente et deux minutes. On peut notamment voir le vicaire de la paroisse Notre-Dame de Québec, Julien Guillot, s’exprimer sur la traditionnelle messe de minuit à la basilique-cathédrale de Québec. Le clip montre des extraits de la cérémonie. On peut aussi entendre Jean-Paul Giroux, un cordonnier de 80 ans, raconter l’âge d’or de la cordonnerie dans Saint-Roch. «Sur cinq coins de rue, dit-il, on trouvait neuf cordonniers à mon arrivée. Il en reste un.»

«Avec un dépliant papier, on ne peut pas rendre de tels témoignages de manière aussi vivante, soutient Laurier Turgeon. L’application apporte des émotions qui enrichissent l’expérience de visite.»

Le projet Découvrir Québec a nécessité un an de travail. Il a mobilisé 18 personnes, essentiellement des étudiants et des professionnels de la Chaire. Il a fallu non seulement trouver l’information pour les 96 points d’intérêt, mais également constituer le matériel visuel adéquat. Pour cela, le personnel de la Chaire a fait un gros travail de recherche ethnographique sur le terrain et iconographique dans les archives, notamment celles du gouvernement du Québec et de la Ville de Québec. Quelque 600 000$ ont été investis dans ce projet.

Parmi les témoignages audio, mentionnons celui de l’archéologue Jacques Guimont qui a codirigé, à l’ombre du Château Frontenac, les fouilles sur le site des forts et du château Saint-Louis. «Nous n’avions qu’une petite description du premier fort, celle d’un bâtiment en bois entouré d’une palissade, explique-t-il. On a réussi à trouver l’emplacement exact, là où était la palissade.»

Les photographies panoramiques offrent la possibilité de visiter des endroits peu accessibles. Découvrir Québec permet notamment une incursion dans la chapelle et le chœur des Augustines de l’Hôtel-Dieu.

Les photos interactives d’objets archéologiques ont la particularité de pivoter sur un axe de 360 degrés. Ces artefacts exhumés à Québec comprennent, entre autres, une bague de jésuite, un manche d’épée du Régime français et une cruche en terre cuite.

Les sites disparus et reconstitués en trois dimensions remontent tous à la période coloniale. La seconde habitation de Champlain et le premier palais de l’intendant en sont des exemples.

ville.quebec.qc.ca/culture_patrimoine/patrimoine/decouvrir_quebec

Pour visionner la vidéo promotionnelle de Découvrir Québec:
Découvrir Québec en 1 minute!

Marc Robitaille

Le professeur Laurier Turgeon à l'entrée de la cour intérieure du Vieux-Séminaire de Québec.

Photo: Marc Robitaille

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