C’est dans un Théâtre de poche plein à craquer qu’a eu lieu le 10 avril la grande finale de la saison 2018-2019 de la Ligue d’improvisation dangereuse de l’Université Laval (LIDUL). Devant une foule survoltée, l’équipe des Radioactifs l’a ainsi emporté contre celle des Corrosifs, devançant de deux points ses adversaires. Dans la dernière improvisation ayant mené les Radioactifs à la victoire, les joueurs devaient relever tout un défi: improviser sur le thème des Pokémon, échange qui a donné lieu à des dialogues proprement surréalistes. Pour leur part, les Corrosifs ont offert un numéro délirant sur le thème «Hypnose, à la manière du doublage américain dans une comédie musicale». Tout simplement marrant. Les trois étoiles du match sont allées à Daniel Carmichael des Corrosifs et à William Valin et Mégan Lebel des Radioactifs. Après chaque improvisation, le public était invité à voter pour l’équipe s’étant le plus distinguée à ses yeux: mains ouvertes pour les Radioactifs, poings fermés pour les Corrosifs.

Disons-le tout de suite: il est quasi impossible de décrire cette soirée où les thèmes imposés ne sont pas toujours respectés, et ce, pour la plus grande joie des spectateurs. L’imagination fertile des joueurs et la joie visible qu’ils éprouvent à se lancer dans des improvisations casse-cou font d’ailleurs plaisir à voir. D’une émission de cuisine où un ptérodactyle s’invite à dîner à un souper au restaurant organisé par un père pour son fils avec une inconnue (une sirène friande de fish and chips), en passant par une discussion lors d’une nuit de pleine lune qui vire au drame et un bien-cuit hilarant lors d’un mariage, l’absurdité règne en maître. Dans cet esprit, impossible de passer sous silence l’impro ayant pour thème «Le jour des vidanges» jouée à la manière de l’émission La p’tite vie, où «Popa» annonce fièrement à «Moman» qu’il vient d’acheter 500 sacs verts de vidanges. Soulignons également le numéro intitulé «La guerre, c’est chez nous», mettant en scène deux clans ennemis qui s’affrontent dans les tranchées, genre Première Guerre mondiale. Quand l’un des combattants commence à ressentir de tendres sentiments envers l’un des gars en face, les choses se corsent…

En entrevue à la mi-temps, l’arbitre de la ligue, Charles Bertrand, a parlé des liens serrés qui unissaient les membres de la LIDUL, toutes équipes confondues. «L’esprit de la ligue, c’est l’esprit de famille, dit ce diplômé en sciences de l’administration. C’est important que le public et les joueurs s’amusent. Je sens une certaine fébrilité ce soir, comme si les joueurs étaient un peu plus nerveux que d’habitude.»

La LIDUL en est à sa huitième année d’existence. Elle regroupe quatre équipes comptant six joueurs: les Radioactifs (bleus), les Corrosifs (jaunes), les Toxiques (rouges) et les Biologiques (verts). Les matchs ont lieu tous les mercredis soir au Théâtre de poche. La saison est maintenant terminée, mais la LIDUL reprendra ses activités dès septembre.


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Foule en délire au Théâtre de poche

Photo : Louise Leblanc