Diversité. C’est le mot qui vient à l’esprit lorsque l’on regarde les trois illustrations gagnantes du concours L’image des mots. Le défi était le même pour chacun des participants: traduire en une image le récit Le chant du fleuve. Écrit par Pierre-Olivier Bergeron-Noël, ce texte avait remporté le concours du Cercle d’écriture de l’Université Laval (CEULa). Charles-Étienne Brochu, étudiant en arts visuels, Cesar Vianna Nunes, étudiant en design graphique, et Anthony Charbonneau Grenier, étudiant en études littéraires, se sont démarqués par l’originalité de leur illustration. Le vendredi 15 avril, au Studio P, on leur a remis respectivement le premier, le deuxième et le troisième prix. En plus de recevoir une bourse, ils voient leur dessin publié dans les pages de L’écrit primal, la revue littéraire du CEULa, et du journal Le Fil.

Depuis vingt ans déjà, le concours L’image des mots est organisé par ces deux publications, ainsi que par le Bureau de la vie étudiante (BVE). «L’objectif est de mettre en valeur le talent des étudiants et d’offrir une plateforme d’expression aux amateurs de dessin et d’illustration. Pour les étudiants, il existe beaucoup de concours photo, mais ceux qui concernent le dessin ou l’illustration sont très rares», fait remarquer Annie Raymond, conseillère à la vie étudiante au BVE.

Charles-Étienne Brochu est un grand habitué du concours. En plus de sa première position, il a remporté à deux reprises la deuxième place. Pour lui, L’image des mots est une belle occasion de laisser aller son imagination tout en devant respecter un cadre. «J’adore dessiner! Ce concours me permet de réaliser une oeuvre sous contraintes. Chaque année, c’est un petit défi personnel que je me donne. Je crois que c’est aussi une belle entrée en matière dans le monde professionnel», explique celui qui travaille comme coordonnateur à la programmation de l’Oeil de Poisson.

Son oeuvre, réalisée à l’aide d’une tablette graphique, a grandement plu à Élodie Leclerc, étudiante en études littéraires et directrice de L’écrit primal. Cette dernière composait le jury avec Marie Lessard, professeure à l’École de design, et Claudine Magny, rédactrice en chef du Fil. «J’ai eu un coup de coeur! Il y a quelque chose d’attirant dans cette illustration. Les couleurs et la maîtrise des détails, que ce soit le ciel ou les vagues à l’avant-plan, m’ont interpellé», dit-elle.

Le principal intéressé admet qu’il a dû sortir de sa zone de confort pour réaliser ce dessin. «Quand j’ai lu le texte la première fois, je me suis dit qu’il serait vraiment difficile à illustrer! Il s’agit d’une histoire fantastique, influencée par l’univers de la magie, qui présente une ambiance différente de ce que je fais normalement. Ce fut intéressant de m’approprier le sujet et de le traiter à ma manière», dit-il.

Enthousiaste, Élodie Leclerc tient également à souligner le talent des deux autres lauréats. «Chacun a illustré un segment très différent de l’histoire. Si Charles-Étienne nous emmène dans un univers un peu glauque, Cesar a opté pour l’aspect émotif du personnage, tandis que la troisième oeuvre présente une ambiance générale, avec un traitement plus graphique.»

Cette année, le concours prend une dimension particulière pour L’écrit primal, alors que la revue fête ses 30 ans. Sa longévité la classe en tête des plus anciennes publications étudiantes de littérature et de poésie au Québec. Le CEULa a profité de la remise des prix pour marquer le coup. Le programme de la soirée, qui mettait à l’honneur la relève littéraire, comprenait des lectures de texte et un atelier de création.

L’Image des mots
(extrait)

par Pierre-Olivier Bergeron-Noël

Un éclair illumine un instant la maison au sommet de la colline. Aucune lumière aux fenêtres. La résidence est à peine visible dans la nuit. Des gouttes d’eau grosses comme des grelins martèlent la toiture de tôle rouge, produisant de petits impacts de balles.

Pélagie Bernachez, sur sa chaise berçante, caresse machinalement le grimoire sur ses genoux. Ses yeux sont rivés sur la porte. Ils seront bientôt là avec le réceptacle. Elle sourit. Enfin, cette nuit, leurs efforts seront récompensés. Sept années de préparations, de rituels. Pélagie sait qu’elles en vaudront la peine.


Deuxième prix: Cesar Vianna Nunes, étudiant au baccalauréat en design graphique.

Troisième prix: Anthony Charbonneau Grenier, étudiant à la maîtrise en études littéraires.

Cesar Vianna Nunes, qui a reçu le 2e prix, Élodie Leclerc, directrice de L’écrit primal, Pierre-Olivier Bergeron-Noël, auteur du texte gagnant, Anthony Charbonneau Grenier, lauréat du 3e prix, et Annie Raymond, conseillère à la vie étudiante au Bureau de la vie étudiante, étaient présents.
Photo: Marc Robitaille