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Volume 49, numéro 10 | 7 novembre 2013

Divers

Des cours en économie écologique: besoin ou nécessité?

Un professionnel de recherche au Département de chimie s'interroge

Alors que les données scientifiques rapportent une détérioration environnementale globale telle qu’elle altère les processus régulant le fonctionnement planétaire, alors que les ressources s’épuisent et que les inégalités s’accroissent, il est de plus en plus patent que le système économique actuel ne répond pas adéquatement aux besoins des sociétés. Pour rendre celles-ci soutenables, ce système économique, devenu l’unique modèle de référence, doit être transformé radicalement. Mais comment? Et vers quel modèle se tourner? Toujours à l’avant-garde, l’Institut Hydro-Québec en environnement, développement et société (Institut EDS) de l’Université Laval organisait sa dernière école d’automne autour de ces questions les 31 octobre et 1er novembre derniers.

Grâce à des conférenciers renommés, passionnés et captivants, les participants ont été initiés aux rouages du système capitaliste qui conduisent aux inéluctables dégradation écologique et surexploitation des ressources. Confiants dans les vertus du système néolibéral, ses partisans font valoir qu’il suffirait d’intégrer aux coûts les externalités liées à la préservation de la nature, les règles des marchés faisant alors le reste puisqu’elles constituent le meilleur système d’autorégulation. Cependant, ces mécanismes ne s’attaquent pas aux causes profondes du problème.

D’autres voies existent. C’est ainsi que l’Université d’automne a abordé la contribution d’une autre économie dont le Québec est bien pourvu, celle de l’économie sociale. Elle comprend les coopératives et autres entreprises collectives qui représentent 10% du PIB mondial. Plus radicale encore, l’économie écologique démontre que la viabilité des sociétés nécessite que l’économie soit subordonnée à la nature. L’économie circulaire est une de ces avenues. Elle analyse les flux de matière et d’énergie dans les processus de production, et place la réduction de l’utilisation des ressources et le recyclage à la base de son fonctionnement. L’économie de fonctionnalités, elle, s’oppose à notre besoin de posséder pour y substituer une économie de location et de maintenance des biens et des services.

Selon les commentaires des étudiants, cette université d’automne a été fructueuse pour comprendre l’inertie du système actuel et découvrir les concepts qui sous-tendent les économies alternatives. Ils ont dit regretter cependant que des cours universitaires sur l’économie écologique et ses caractéristiques ne soient pas donnés. En effet, s’il existe une chance de rendre enfin nos sociétés viables, elle passe inévitablement par une diffusion plus large auprès de la relève d’idées novatrices et fécondes telles que celles débattues lors de cette université d’automne.

Thierry Lefèvre, professionnel de recherche au Département de chimie

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