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Volume 52, numéro 26 | 12 mai 2017

Actualités UL

Un dessin animé sur les gènes de nos forêts

L'étudiante Marine Vautier remporte le premier prix à un concours de vidéos du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada

Par Yvon Larose

Marine Vautier est inscrite au doctorat en sciences forestières. Son sujet de recherche porte sur la caractérisation de gènes impliqués, chez le peuplier, dans la réponse de défense à des champignons biotrophes et hémibiotrophes. Au mois d’avril, elle remportait le prix de la meilleure vidéo en français au concours Science, action! du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada. Une bourse de 3 500$ était jointe à ce prix.

«J’ai fait le scénario, l’animation et la voix de ce dessin animé, indique-t-elle. J’ai adoré faire ce projet. Le réel défi a été l’écriture du texte. Pendant plusieurs semaines. j’ai écrit et modifié mon texte pour ne garder que l’essentiel. Une minute, c’est vraiment court pour parler d’un projet de doctorat sur lequel on travaille depuis plusieurs années. Pour chaque mot, je me suis demandé s’il était indispensable, s’il n’y en avait pas un autre mieux adapté ou plus court…»

En 59 secondes, Marine Vautier explique l’utilité des gènes pour comprendre comment les arbres se défendent des insectes et des maladies. Au Canada, ces ravageurs, tels que la tordeuse des bourgeons de l’épinette ou bien le chancre septorien, causent d’importantes pertes économiques et l’on prévoit que les changements climatiques augmenteront ces problèmes. Selon elle, une meilleure compréhension du système de défense des arbres permettra de développer des outils qui limitent les effets négatifs des ravageurs sur les forêts. «On identifie des gènes dont l’expression peut nous servir de marqueurs, dit-elle dans la vidéo. Ces marqueurs peuvent nous permettre de faire un diagnostic précoce et donc de limiter la propagation d’une maladie.»

Pour l’étudiante, il s’agissait d’une seconde participation à un concours de vulgarisation scientifique en vidéo. En 2015, elle remportait celui de la Société de protection des plantes du Québec. «La réalisation de l’animation vidéo, souligne-t-elle, a été pour ce premier essai un vrai défi qui m’a fait passer plusieurs nuits blanches, mais qui m’a permis de maîtriser des techniques d’animation vidéo de base. Pour l’animation, mon mot d’ordre est la simplicité. Le visuel illustre exactement ce que je dis.»

Il faut dire que Marine Vautier s’y connaît en art. «Je n’ai jamais cessé d’aimer et de pratiquer les arts, indique-t-elle. Je fais de la peinture, de la sculpture, du dessin, de la céramique, je monte des expositions, je participe à des salons… je ne peux pas m’en passer! Dans les arts plastiques, c’est avant tout le travail des mains que j’aime. Faire avec ses mains, s’exprimer, créer, se laisser aller, explorer, provoquer des sentiments… Par opposition aux sciences où, pour moi, tout passe essentiellement par la tête et tout est contrôlé.» Dans les deux cas, elle parle de passion. «Deux passions, dit-elle, mais un même but: comprendre, innover et transmettre.»

L’intérêt de Marine Vautier pour les sciences exactes lui vient de sa curiosité pour le monde qui l’entoure. «Lorsque je vois quelque chose, explique-t-elle, la question qui me vient à l’esprit est « Comment ça marche? »» À propos de la vulgarisation scientifique, elle dira qu’elle ne fait pas de la recherche «pour discuter uniquement avec des chercheurs dans un langage obscur». «Pour moi, affirme-t-elle, la science est faite pour tous et je trouve indispensable que l’on travaille pour la rendre accessible à tous.»

Selon l’étudiante, les changements climatiques, peu importe comment ils se manifesteront, induiront des modifications du milieu. «Or, poursuit-elle, l’une des faiblesses des arbres est qu’ils ne peuvent pas bouger et donc changer d’environnement, même si celui-ci ne leur est plus favorable. Alors, forcément, les forêts souffrent de tout changement climatique global.»

Marine Vautier ne croit pas que l’on puisse stopper les effets des changements climatiques sur les forêts. «Mais, ajoute-t-elle, des outils comme la génomique forestière peuvent nous permettre de limiter ces effets négatifs et surtout de les anticiper.»

Selon elle, à partir du moment où l’ADN est la «carte d’identité» d’un être vivant, la génomique forestière peut permettre de suivre précisément la répartition géographique d’une maladie. «En couplant ces informations avec des données climatiques, soutient-elle, on peut créer des modèles qui nous permettront d’évaluer les risques de dispersion d’une maladie et de mettre en oeuvre des stratégies de protection, comme tenter d’isoler une population saine ou planter des arbres résistants à une maladie même si celle-ci n’est pas encore présente.»


CRSNG-Marine-Vautier

Dans son dessin animé, Marine Vautier explique l'utilité des gènes pour comprendre comment les arbres se défendent des insectes et des maladies.

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