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Volume 52, numéro 27 | 22 mai 2017

À la une

Détruire le mythe Indiana Jones

L'archéologue Allison Bain a su transmettre sa passion de son métier aux participants du dernier Matin créatif de Québec

Par Matthieu Dessureault

Si l’imaginaire collectif a retenu d’Indiana Jones l’image d’un archéologue intrépide, qui cumule les affrontements et les folles poursuites, la réalité du métier est tout autre. L’archéologie, c’est d’abord et avant tout l’étude du passé grâce à des techniques et à des analyses rigoureuses. Munis de truelles et de pinceaux, les archéologues font parfois d’étonnantes découvertes qui sont dues à d’«heureux hasards».

L’heureux hasard était le thème du dernier Matin créatif de Québec, qui s’est déroulé le 19 mai aux Laboratoires d’archéologie de l’Université Laval. Né à New York en 2008, ce mouvement international rassemble, un vendredi par mois dans plus de 170 villes, des innovateurs de différents horizons. Chaque présentation porte sur un thème précis imposé aux organisateurs. Allison Bain, professeure au Département des sciences historiques et directrice du Laboratoire d’archéologie environnementale, était la conférencière invitée ce mois-ci. Avec enthousiasme et humour, elle a donné son interprétation des heureux hasards tout en présentant certains de ses projets de recherche.

Loin de la réalité d’Indiana Jones, son métier n’en est pas moins passionnant! Depuis le début de sa carrière, sa découverte la plus inattendue a été celle d’un panier conservé dans le pergélisol de l’île de Baffin. L’artefact, qui fait aujourd’hui partie de la collection du Musée canadien de l’histoire, proviendrait d’une expédition du marin britannique Martin Frobisher, vers la fin du 16e siècle. «Cet objet est un témoin de l’exploration nordique au Canada. Il représente l’époque du Nouveau Monde. Sa découverte fut un heureux hasard!», a lancé Allison Bain.

Ses recherches ont aussi permis de mieux comprendre les habitudes d’hygiène des Inuits qui vivaient au Groenland entre le 13e et le 17e siècle. En analysant des restes d’insectes trouvés dans des vestiges d’habitations, son équipe a découvert qu’ils pratiquaient l’épouillage afin de tenir les parasites le plus à l’écart possible. «En collaboration avec un laboratoire de recherche, nous avons même été capables d’extraire l’ADN du sang humain retrouvé à l’intérieur d’un pou!», a-t-elle raconté.

Son prochain terrain de jeu, où elle travaillera une bonne partie de l’été avec ses étudiants, est un stationnement situé dans le quartier Limoilou. L’archéologue espère y trouver les vestiges d’un bâtiment ayant appartenu à William Hedley Anderson, un marchand de bois et important propriétaire terrien au 19e siècle. «On ignore s’il s’agissait d’une villa familiale ou d’une auberge pour ses employés. Pour l’instant, nous avons très peu de détails. Peut-être trouverons-nous aussi des traces des Premières Nations. Ce site, situé près de la rivière Saint-Charles, devait être très intéressant pour la pêche et la chasse», croit la professeure.

Sa conférence, visiblement appréciée du public, a été suivie d’une période de questions et d’une visite des Laboratoires d’archéologie. Situé dans le pavillon Camille-Roy, cet espace de 1 500 mètres carrés renferme plusieurs salles de recherche et équipements spécialisés, que les participants ont pu découvrir en compagnie des chercheurs.

Il s’agissait du troisième Matin créatif sur le campus grâce à un partenariat entre l’organisation et l’Université Laval. L’an dernier, la philosophe Joëlle Tremblay avait donné une conférence à l’École d’architecture sur le thème de la réalité. En décembre, c’était au tour du LANTISS (le Laboratoire des nouvelles technologies de l’image, du son et de la scène) d’accueillir l’événement, avec une présentation de l’artiste multidisciplinaire Bruno Bouchard.

Pour Jacques Blanchet, le responsable des Matins créatifs de Québec, ce partenariat avec l’Université Laval est très précieux. «Notre matière première, ce sont les conférenciers et leur contenu. La principale ressource de l’Université Laval est sa matière grise. Ce partenariat nous permet d’avoir un accès privilégié aux chercheurs, aux professeurs et aux étudiants. Nous les mettons en valeur dans un contexte qui n’est pas celui de la recherche ou un cadre pédagogique. C’est très valorisant pour ces experts habitués à parler à d’autres experts. Cela permet aussi de mettre en valeur les installations de l’Université Laval. Les participants des Matins créatifs adorent voir l’arrière-scène, là où la magie se révèle!»

Plus d’information sur les Matins créatifs

Consultez les articles du Fil sur les deux autres événements qui ont eu lieu sur le campus:
lefil.ulaval.ca/philosophes-matinaux-38738/
lefil.ulaval.ca/creatifs-matinaux-campus/

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Allison Bain, professeure au Département des sciences historiques et directrice du Laboratoire d'archéologie environnementale, a donné une conférence sur le thème des heureux hasards.

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