Deux recherches menées par des équipes de l’Université figurent parmi les 10 découvertes de l’année 2014 de Québec Science. Ces découvertes ont été retenues parmi toutes les propositions reçues en provenance des universités, des centres et instituts de recherche ainsi que des chercheurs eux-mêmes. Le jury, composé de scientifiques et de journalistes, a fait son choix en se basant sur la rigueur scientifique, l’originalité et les dimensions innovatrices et utilitaires des découvertes proposées. Le but de ce concours annuel, lancé en 1994 par le magazine de vulgarisation scientifique, est de saluer le meilleur de la science d’ici.

La première percée touche la découverte d’un gène de résistance à la tordeuse des bourgeons de l’épinette. Le groupe de recherche a découvert ce gène dans des épinettes qui avaient subi peu de défoliation à la suite d’une épidémie locale de la tordeuse. Le feuillage de ces arbres contenait certaines molécules naturelles, le picéol et le pungénol, toxiques pour la tordeuse. En comparant le génome de ces arbres à celui d’épinettes qui avaient subi d’importants dommages, les chercheurs ont repéré un gène, la bêta-glucosidase-1, dont l’expression est jusqu’à 1000 fois plus élevée dans les aiguilles des épinettes résistantes. Les chercheurs ont ensuite synthétisé en laboratoire la protéine codée par ce gène. Les tests ont montré que cette protéine participe à des réactions chimiques qui conduisent à la production de picéol et de pungénol. Le gène de la bêta-glucosidase-1 sert, en quelque sorte, à produire des insecticides naturels dans les aiguilles de l’arbre. Cette découverte pourrait conduire à la création d’une lignée d’épinettes blanches moins vulnérables aux épidémies de la tordeuse. L’étude a fait l’objet d’une publication dans The Plant Journal. Le groupe de recherche, réunissant l’Université Laval, l’Université de la Colombie-Britannique et l’Université d’Oxford, est composé d’Éric Bauce, de Joerg Bohlmann, de John J. Mackay et de leurs étudiants: Geneviève Parent, Gaby Germanos, Isabelle Giguère, Nathalie Delvas, Halim Maaroufi et Melissa Mageroy.

L’autre découverte concerne l’apparition d’une floraison automnale de phytoplancton dans plusieurs zones de l’océan Arctique. Les chercheurs ont utilisé des images satellitaires provenant de la NASA pour estimer l’évolution de la biomasse phytoplanctonique entre 1998 et 2012. Pendant cette période marquée par une importante diminution du couvert de glace, la production de phytoplancton a non seulement augmenté dans l’ensemble de l’océan Arctique, mais elle a adopté une configuration typique des milieux tempérés. En effet, de plus en plus de régions arctiques affichent une double floraison de phytoplancton, une première au printemps et une seconde à l’automne. Auparavant, on n’observait, règle générale, qu’une seule floraison annuelle, au printemps. La double floraison est caractéristique des zones tempérées de l’Atlantique et du Pacifique. Elle pourrait favoriser certains organismes marins au détriment d’espèces qui dépendent du couvert de glace, notamment la morue arctique. L’étude a été publiée dans Geophysical Research Letters par Mathieu Ardyna, Marcel Babin, Emmanuel Devred et Jean-Éric Tremblay, de l’Unité mixte internationale Takuvik de l’Université Laval et du CNRS, Michel Gosselin, de l’UQAR, et Luc Rainville, de l’Université de Washington.

Le public est invité à voter pour sa découverte coup de coeur parmi les 10 percées de 2014. Pour ce faire, il suffit de se rendre, d’ici le 19 février, à l’adresse quebecscience.qc.ca/Les-10-decouvertes-de-l-annee. Vous y trouverez, de plus, des reportages vidéo sur chacune de ces découvertes. Enfin, pour en savoir plus sur les deux découvertes UL, voici les liens vidéo ainsi que les articles du Fil publiés récemment sur ces sujets: