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Volume 49, numéro 26 | 10 avril 2014

Actualités UL

Deux saints qui ont fait école

Le 3 avril, le pape François a procédé à la canonisation de Mgr de Laval, le premier évêque de la Nouvelle-France dont l'Université Laval porte le nom, ainsi qu'à celle de Marie de l'Incarnation

Par Pascale Guéricolas

L’esprit visionnaire de Mgr François de Laval anime toujours l’Université qui porte le nom de celui qui arrive en Nouvelle-France en 1659 pour édifier une église canadienne. Bien décidé à transmettre sa foi dans le Nouveau Monde, le premier évêque de Québec fonde le Séminaire de Québec en 1663. Un établissement qu’il voit à la fois comme un lieu de formation des prêtres, mais aussi comme la possibilité d’enseigner les arts et les lettres aux adolescents dans un esprit chrétien. Inspirés par ce même besoin d’éduquer les jeunes, ses successeurs fonderont la première université francophone au Canada en 1852. Pour mieux souligner le lien avec le fondateur du Séminaire, l’Université emprunte d’ailleurs le nom de Mgr de Laval, ainsi que les couleurs et le blason de sa famille qui se retrouvent sur le drapeau de l’établissement.

Même si, formellement, l’Université Laval n’entretient plus de liens administratifs ni juridiques depuis 1971 avec le Séminaire de Québec, l’intérêt marqué de François de Laval pour l’éducation constitue un lien puissant avec le passé. Lui-même élève des meilleures écoles françaises, ce descendant d’une vieille famille noble considère l’éducation comme une valeur essentielle. «Dès le 16e siècle, la France s’intéresse à nouveau à la formation de la jeunesse, comme ont pu le faire leurs prédécesseurs durant l’Antiquité, note Gilles Routhier, doyen de la Faculté de théologie et de sciences religieuses. Selon moi, l’identité de notre université reste marquée aujourd’hui par cet héritage humaniste. Sa culture est pétrie de cet esprit.»

Raymond Brodeur, qui se consacre depuis 20 ans à l’étude de Marie de l’Incarnation à la Faculté de théologie, considère lui aussi la fondatrice du Monastère des Ursulines, partie de France en 1659 pour un aller simple, comme une femme très moderne. Le professeur retraité, qui collabore au Centre d’études Marie-de-l’Incarnation, constate que notre époque a beaucoup de ressemblances avec celle en pleine effervescence dans laquelle évoluait cette femme passionnée. «Contemporaine de Descartes, Marie de l’Incarnation naît juste avant la période moderne, à un moment où les gens s’interrogent beaucoup, fait remarquer Raymond Brodeur. Elle tente de trouver des réponses sans dogmatisme et sans se soumettre aveuglément à l’autorité. Profondément pieuse, elle recommande de se fier à son inspiration.»

Trois cent soixante-quinze ans après sa naissance, les chercheurs connaissent la fondatrice du monastère essentiellement par ses échanges épistolaires avec son fils bénédictin resté en France. Ses lettres dépeignent une femme ouverte aux autres, prête à apprendre les langues amérindiennes pour mieux comprendre les Hurons et les Iroquois. Comme directrice du Monastère des Ursulines qui instruit les jeunes amérindiennes, elle refuse d’ailleurs qu’on les francise de force. Marie de l’Incarnation est d’ailleurs considérée par plusieurs experts comme la femme à l’écriture la plus puissante du 17e siècle et sa correspondance est étudiée dans plusieurs départements universitaires tant aux États-Unis qu’en Europe. 

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