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Volume 52, numéro 13 | 13 décembre 2016

Société

Un dialogue fraternel avec le monde moderne

Le concile oecuménique Vatican II a modifié l'attitude de l'Église catholique, entre autres, envers les croyants d'autres religions

Par Yvon Larose

Vatican II: une Église en dialogue. Tel est le titre de la nouvelle exposition que la Bibliothèque consacre à ce qui est considéré comme un événement majeur dans la très longue histoire du christianisme: le 21e concile œcuménique de l’Église catholique. Ouverte en 1962, terminée en 1965, cette spectaculaire assemblée qui, à son ouverture, avait attiré pas moins de 2 540 évêques provenant de 116 pays a donné à l’institution religieuse millénaire une nouvelle orientation basée sur l’ouverture au monde moderne.

«Vatican II fut un événement immense à plusieurs égards, qui a marqué l’Église», affirme le commissaire de l’exposition, auteur des textes et expert de Vatican II, également doyen de la Faculté de théologie et de sciences religieuses, Gilles Routhier. Selon lui, le monde était en effervescence au début des années 1960. «Aucune hérésie ne menaçait l’Église catholique, aucun schisme ne justifiait la tenue d’un concile, explique-t-il. Mais c’était une époque de changements culturels. Le monde était en mutation et l’Église voulait définir la direction à prendre.» En bout de ligne, Vatican II ouvrira la voie à un dialogue fraternel avec le monde, les différentes religions et les autres traditions chrétiennes, en plus d’affirmer le droit à la liberté sociale et civile en matière religieuse. Ce dialogue se poursuit et s’approfondit depuis.

L’exposition occupe un espace bien en vue au quatrième étage du pavillon Jean-Charles-Bonenfant. De grands panneaux d’information abordent notamment le contexte historique, Jean XXIII, pape du dialogue, l’épiscopat canadien à Vatican II, le concile et les médias québécois. Des caissons de verre montrent, entre autres, une croix d’autel et un prie-Dieu ainsi que divers documents imprimés ayant un lien avec le concile. On trouve, parmi eux, un numéro de l’édition hebdomadaire en langue française de L’Osservatore Romano. Daté du 17 décembre 1965, le journal officiel de la Cité du Vatican a comme manchette: «Le concile oecuménique Vatican II se termine dans une atmosphère d’unité».

En 1964, Mgr Maurice Roy, cardinal archevêque de Québec, se fait accompagner à Rome par un laïc, le doyen de la Faculté de philosophie et professeur auxiliaire à la Faculté de théologie de l’Université Laval, Charles De Koninck. Un second accompagnateur est Mgr Maurice Dionne, professeur de philosophie dans le même établissement d’enseignement. Ensemble, les deux universitaires cosignent, le 16 novembre, une longue étude, L’infécondité est, elle aussi, pour le bien de l’enfant. Le professeur De Koninck multiplie ensuite les relations avec plusieurs cardinaux influents de la curie. Il obtient, par la suite, une place comme expert à la sous-commission sur la famille. «Notre groupe a bien travaillé et vite, écrit le doyen dans une lettre adressée à Mgr Roy. La plupart des suggestions que j’ai faites (la principale, sur le lien étroit entre la procréation et l’éducation) ont été acceptées.»

Durant le concile, l’épiscopat canadien ne passe pas inaperçu. Sa délégation est la cinquième plus importante. Sa sphère d’influence est réelle. Trois évêques du Québec font partie de la Commission doctrinale. En tout, 11 évêques canadiens siègent à différentes commissions du concile. Dix-huit évêques canadiens prennent la parole dans la salle du concile. Ils font plus d’interventions (56) que la plupart des évêques des épiscopats européens. Au Québec, Mgr Roy met sur pied des groupes de travail chargés de réfléchir sur les questions discutées au concile. La première équipe, formée de clercs et de laïcs, est composée de sept professeurs de l’Université Laval, dont Fernand Dumont, Charles De Koninck et Gérard Dion.

Au Québec, la couverture médiatique du concile est exceptionnelle. Entre le 11 octobre 1962, date de l’ouverture de Vatican II, et la fin du mois, les journaux québécois publient 272 articles sur le concile. Le concile est vu sous l’angle du changement et de la modernisation. Il est souvent analysé à partir du contexte québécois et de la Révolution tranquille. Au Québec, les autorités religieuses ont une attitude de collaboration, et non de confrontation, devant les changements sociaux structurels mis de l’avant par la société civile.

Stéphanie Bois-Houde et Richard Dufour, des services-conseils et collections de la Bibliothèque, ont assuré la coordination, la recherche et l’édition de l’exposition.

L’exposition Vatican II: une Église en dialogue se tiendra jusqu’au 12 mars 2017, au 4e étage de la Bibliothèque, au pavillon Jean-Charles-Bonenfant.

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L'assemblée des évêques dans la basilique Saint-Pierre-de-Rome lors de l'ouverture du concile, le 11 octobre 1962.

Photo: Pontificia Fotografia Felici, Archives de l'archidiocèse de Québec, Fonds Cardinal-Maurice-Roy

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