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Volume 50, numéro 18 | 29 janvier 2015

À la une

Direction le Grand Nord

Le brise-glace de recherche scientifique Amundsen continuera de sillonner la région nordique grâce à une subvention de 7,6 millions$ du gouvernement fédéral

Par Matthieu Dessureault

Le chef scientifique du NGCC Amundsen, Louis Fortier, a une très bonne raison de se réjouir: le navire de la Garde côtière canadienne recevra une subvention de 7 608 313$ de la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI) pour ses activités de recherche. Répartie sur trois ans, la somme couvrira une partie de ses frais d’exploitation, qui s’élèvent à 55 000$ par jour. Bon an, mal an, faire fonctionner l’Amundsen coûte plus de 6 millions$.

Fleuron du réseau ArcticNet, ce navire permet aux chercheurs canadiens et à leurs partenaires étrangers de récolter d’énormes quantités de données sur le Nord. L’objectif du programme d’ArcticNet est d’étudier les effets à long terme des changements climatiques et de la modernisation sur l’écosystème marin arctique. Des missions océanographiques sont ainsi organisées chaque été. L’Amundsen est le premier brise-glace de recherche au monde à avoir mené aussi des expéditions hivernales dans l’Arctique, en 2003-2004 et en 2007-2008. «Ces expéditions coûtent très cher, mais sont nécessaires pour comprendre le climat de l’Arctique et ses écosystèmes», souligne Louis Fortier.

Faute de financement, il craignait, il n’y a pas si longtemps, devoir limiter le nombre d’expéditions scientifiques. La subvention de la FCI, annoncée vendredi par le ministre d’État aux Sciences et à la Technologie, Ed Holder, tombe donc à point nommé. «Plus de 30% de l’enveloppe distribuée aujourd’hui a été octroyée au navire scientifique Amundsen. C’est une somme exceptionnelle qui dépasse les 7,6 millions$ et qui assurera la poursuite des travaux et des recherches menées grâce à l’Amundsen depuis sa création, en 2002», a déclaré le recteur Denis Brière devant le ministre et une délégation de scientifiques et d’universitaires.

Ne cachant pas sa joie de recevoir la part du lion, comme il se plaît à le dire, Louis Fortier utilisera cette somme pour optimiser le rendement des missions de recherche. La subvention servira notamment à l’entretien et à la mise à niveau des 63 systèmes d’équipements scientifiques du navire. Des sous-marins téléguidés aux récepteurs satellites, ceux-ci doivent être inspectés et nettoyés rigoureusement. «Leur entretien a toujours été le talon d’Achille de notre organisation, vu les conditions extrêmes dans lesquelles ils sont utilisés. Parfois, l’équipement était tellement mal préparé que son entretien grugeait le rendement scientifique des missions. On perdait notre temps à le réparer au lieu de faire des observations. Avec cette subvention, on va pouvoir souffler pour les trois prochaines années», reconnaît le professeur de biologie.

Dès le mois de mai, une équipe de scientifiques quittera le port pour une expédition dans la mer du Labrador, qui sera suivie d’une longue mission dans l’Arctique. En plus du programme d’ArcticNet, des chercheurs s’intéresseront à la santé des Inuits du Nunavik, aux écosystèmes de la mer de Baffin et aux émanations de méthane dans l’océan. Un projet de circumnavigation du Groenland a également été mis en branle avec le Danemark.

Outre l’Amundsen, deux autres projets de recherche au Québec ont reçu du soutien de la FCI. Le premier de ces projets est la plateforme de diffusion et de recherche Érudit, née d’un consortium interuniversitaire dont fait partie l’Université Laval. En faveur du libre accès, cette plateforme rend 95% des documents qu’elle diffuse accessibles gratuitement à tous (erudit.org). L’autre projet québécois est le Laboratoire de sources femtosecondes, consacré à la création d’un nouveau type de laser.

Pour plus d’information sur l’Amundsen: amundsen.ulaval.ca / Sur le réseau de centres d’excellence ArcticNet: arcticnet.ulaval.ca

Philippe Bourseiller/ArcticNet

L'Amundsen pourra désormais parcourir les mers glacées pendant près de 150 jours par année.

Photo: Philippe Bourseiller/ArcticNet

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