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Volume 52, numéro 20b | 2 mars 2017

À la une

La douce vengeance du chiroptère

En adaptant La chauve-souris, la célèbre opérette de Johann Strauss, l'Atelier d'opéra de la Faculté de musique nous promet bien du plaisir

Par Matthieu Dessureault

Résumer l’abracadabrant scénario de La chauve-souris relève du défi. En gros, Eisenstein a forcé son ami Falke à traverser la ville vêtu d’un costume de chauve-souris. Falke se venge en l’invitant à un bal masqué pour qu’il se compromette avec une comtesse. Sous ses déguisements, cette dernière n’est nulle autre que sa propre femme, Rosalinde. À ce récit s’ajoutent plusieurs complots, quiproquos et situations embarrassantes. On ne vous dit pas la fin, si ce n’est que ça se termine en prison.

Composée en 1874 par Johann Strauss, La chauve-souris est considérée comme l’un des grands chefs-d’oeuvre de l’opérette viennoise. On y trouve de la danse, des choeurs, des mélodies entraînantes et, bien sûr, une bonne dose d’humour. «S’il y a un seul opéra à voir dans sa vie, c’est celui-ci! C’est drôle, vivant, festif, la musique est belle… bref, tous les ingrédients sont réunis», lance Jonathan Gagné, étudiant au baccalauréat en musique, qui incarne Eisenstein, le «dindon de la farce».

Ses confrères et lui travaillent sur ce projet depuis la session d’automne dans le cadre de l’Atelier d’opéra. L’objectif de ce cours est de permettre aux chanteurs de se familiariser avec les exigences musicales et scéniques du répertoire lyrique. Le fruit de leurs efforts sera présenté les 11, 14 et 16 mars à la salle Henri-Gagnon. «Chaque année, on choisit une œuvre qui concorde avec le type de voix des étudiants inscrits. Par exemple, Jonathan Gagné est un nouveau ténor; je voulais lui permettre d’honorer ce registre. J’avais aussi envie de toucher à une oeuvre drôle et accessible», explique la directrice musicale, Anne-Marie Bernard.

Pour la mise en scène, elle a fait appel à un collaborateur de longue date, Michel-Maxime Legault, comédien bien connu au théâtre et à la télévision. Celui qui signe son premier spectacle de l’Atelier d’opéra a privilégié une scénographie sobre, laissant toute la place aux chorégraphies et au chant. «En tant qu’acteur, je suis fasciné par la capacité qu’ont les chanteurs d’opéra de jouer, de chanter et de se déplacer. Souvent, le décor écrase les interprètes; j’ai voulu éviter ceci avec une scénographie épurée. Un peu comme dans un spectacle de danse, leurs corps occuperont l’espace afin de créer des tableaux qui soient forts», dit-il.

Sous sa gouverne, les étudiants ont ficelé leur personnage, improvisant, ajoutant ici et là un trait de caractère au fil des répétitions. La pièce s’est ainsi construite en collaboration avec tous les chanteurs. «Michel-Maxime travaille à partir de la personnalité des individus qu’il a devant lui. Il ne cherche pas à imposer sa vision, mais se laisse nourrir par nos propositions», souligne Roxanne Bédard. Avec son talent de soprano colorature, cette étudiante à la maîtrise en musique joue Adèle, la servante de Rosalinde. «Adèle est coquette, mais n’en demeure pas moins très intelligente. Plus qu’une soubrette, elle est maligne et ne s’en laisse pas imposer», fait-elle remarquer.

Keven Larouche, quant à lui, incarne le coloré Alfred. Amoureux de Rosalinde, ce maître de chant est prêt à tout pour conquérir son coeur. «Il s’agit du personnage le plus caricatural de tous. J’adore sa démesure! Il est opportuniste, il croit qu’il est le meilleur, qu’il sait tout, qu’il est capable de tout. Il me permet de toucher à des registres qui, normalement, ne conviendraient pas à mon type de voix. Je m’amuse à explorer ces différents styles, tout en les tournant en dérision.»

D’un étudiant à l’autre, on sent le désir de faire connaître les joies de l’opéra à l’extérieur du cercle des initiés. Dans cet esprit, la troupe collabore cette année avec la Faculté des sciences de l’administration, chargée de la promotion du spectacle et de l’organisation d’activités satellites. Entre autres initiatives, les chanteurs feront des apparitions surprises sur le campus pour offrir des extraits musicaux.

Les 11, 14 et 16 mars, à 19h30, à la salle Henri-Gagnon du pavillon Louis-Jacques-Casault. Suivez le groupe sur Facebook

Opera

Encadrée par la pianiste Anne-Marie Bernard et le metteur en scène Michel-Maxime Legault, l'équipe prépare ce spectacle depuis la session d'automne.

Photo: Marc Robitaille

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