Collectif à six têtes, Jazz Affair est de ces groupes qui mettent les instruments au rencart pour se concentrer sur la voix. Pour son deuxième album, il propose un voyage au cœur du désir et du rêve avec des classiques comme Nica’s Dream, d’Horace Silver, Round Midnight, de Thelonious Monk, et Que reste-t-il de nos amours? (I Wish You Love), de Charles Trenet.

Intitulé Wishes, l’album fait référence à Pannonica de Koenigswarter, une baronne britannique qui a contribué à l’essor du jazz dans les années 1950. «Nica – c’était son surnom – a été la muse et la mécène de nombreux grands noms du jazz. Lorsqu’elle rencontrait un musicien, elle lui posait systématiquement cette question: “Si on t’accordait trois vœux, que souhaiterais-tu?” Nous sommes partis de cette histoire et de là est venu le thème du souhait», raconte le ténor du groupe, Jean-François Aubin.

Alors que le premier album puisait dans le répertoire pop, ce nouvel opus propose un son 100% jazz, celui qui a fait la renommée des salles de spectacles de New York à l’époque. En plus des standards de jazz, Jean-François Aubin a composé une pièce, Jour heureux, écrite à l’origine pour son mariage. Le groupe a aussi fait appel à une auteure de Montréal, Sarah Segal-Lazar, pour pondre des paroles inédites sur la célèbre Armando’s Rhumba, de Chick Corea.

Enregistré au Studio Sonomax, l’album a été longuement travaillé et peaufiné. Étoffés, les arrangements ont été réalisés avec minutie par Luce Bélanger, Jean-François Aubin et Louis Laprise.

C’est devant un public conquis d’avance que le sextuor a présenté ses nouvelles pièces, le 7 février au théâtre Petit Champlain. Sur scène, la complicité des chanteurs est palpable. Ponctuant leurs chansons d’anecdotes et de courtes histoires sur le jazz, ils ont offert une musique accessible et festive. Unique, chaque voix se complète pour former un univers sonore chargé, à tel point qu’on en vient à oublier l’absence d’instruments.

Pour cela, il faut remercier Louis Laprise, maître incontesté dans l’art d’imiter les percussions et les trompettes. «Le secret du beatbox, c’est la pratique! Pour un seul son, je peux pratiquer pendant plusieurs mois. C’est une chose de faire un son, mais il faut être capable de le faire avec constance. En plus de garder le rythme, je dois m’assurer que chaque son du même type soit identique», explique ce chargé de cours à la Faculté de musique.

Jean-Francois-Aubin-Credit-Louise-Leblanc

Entre autres chansons, Jean-François Aubin a interprété On The Sunny Side Of The Street, de Louis Armstrong.

Photo : Louise Leblanc

Jazz Affair, rappelons-le, a été formé à l’Université Laval en 2009. Les chanteurs, tous d’anciens étudiants de la Faculté de musique, se sont rencontrés dans un cours de jazz vocal, où ils ont développé leurs techniques. «Chaque année, cette discipline donne lieu à une chorale dont le calibre est très fort. Tous les membres de Jazz Affair ont été initiés au jazz a capella dans ce contexte. C’est grâce aux professeurs Rémy Tremblay et Gabriel Hamel que nous avons eu la piqûre du jazz et que nous avons appris plusieurs choses qui nous servent encore aujourd’hui», relate Jean-François Aubin, devenu à son tour formateur-répétiteur pour le cours de jazz vocal.

Depuis sa création, Jazz Affair s’est produit sur différentes scènes, notamment aux Francofolies de Montréal, au festival Sutton Jazz de, au Festival A Cappella de Montréal et au Festival international des Hautes-Laurentides. Avec ce nouvel album anglophone, le groupe entame une étape charnière dans son parcours. À partir de ce printemps, il sera en tournée dans plusieurs villes à travers le Canada.

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