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Volume 53, numéro 29 | 12 juin 2018

Actualités UL

Écoute, présence et assistance

Le Comité de prévention du suicide reçoit le Prix méritas de l'organisation de l'année de l'Association québécoise de prévention du suicide

Par Yvon Larose

Le lundi 11 juin, à l’Aquarium du Québec, l’Association québécoise de prévention du suicide a remis l’un de ses prix annuels, le Prix méritas de l’organisation 2017-2018, au Comité de prévention du suicide de l’Université Laval. La directrice du Centre d’aide aux étudiants (CAE), Louise Careau, a reçu le prix au nom du comité créé il y a 20 ans par le CAE et chapeauté depuis par celui-ci. Ce prix vise à reconnaître les organisations qui ont su se démarquer par leur engagement et leurs actions remarquables. Les actions du CAE en la matière consistent en l’implantation d’un réseau de sentinelles, en la création d’un cours, en la participation au mouvement Courir pour la vie, en la mise en place d’activités lors de la Semaine de prévention du suicide, en la création d’une procédure de «postvention» et, enfin, en l’implantation d’un futur programme de pairs aidants étudiants capables de détecter la détresse périphérique.

«Avec les années, la recherche a démontré les répercussions d’un suicide sur les proches, explique Louise Careau. Les données probantes démontrent qu’il y a un risque de contagion. Notre procédure de “postvention” consiste à offrir aux personnes touchées les meilleures interventions possibles, au bon moment.»

Le CAE a fait œuvre de pionnier en prévention du suicide en milieu universitaire au Québec. «Un suicide est toujours un suicide de trop, rappelle la directrice. Par exemple, aujourd’hui, nous recevions à nos bureaux des étudiants en difficulté. Nous avons senti le besoin d’avoir des yeux sur l’ensemble du campus.»

Un moment clé est survenu en 2008 avec la création d’un réseau formel de sentinelles à la suite d’une demande de la haute direction. Aujourd’hui, le réseau compte plus de 160 membres adultes actifs et motivés, capables de détecter les étudiants à risque. Ces sentinelles sont présentes dans toutes les facultés du campus, ainsi que dans toutes les unités administratives fréquentées par les étudiants, en plus des résidences. «À ma connaissance, indique Louise Careau, nous sommes la première université québécoise à disposer d’un réseau aussi structuré.»

Selon elle, les idéations suicidaires et les tentatives de suicide font partie de la réalité. «Au départ, dit-elle, la personne souffre, mais elle a différentes solutions. Puis, de fil en aiguille, les solutions s’éliminent l’une après l’autre. On compare le suicide à un tunnel avec de moins en moins de lumière, à un entonnoir.» Elle ajoute que les signaux de détresse sont souvent perceptibles par des changements de comportement. Par exemple, lorsque l’étudiant s’absente de ses cours ou lorsqu’il tient des propos inquiétants. Ou bien lorsque son apparence démontre un laisser-aller. «On enseigne aux sentinelles à être attentifs aux signaux verbaux et non verbaux, souligne la directrice. On leur enseigne aussi à poser des questions directes comme “As-tu des idées suicidaires?” ou bien “Songes-tu au suicide?” et “As-tu un plan?”. Plus le plan est clair, plus l’urgence d’intervenir est élevée. La sentinelle peut s’adresser au CAE, ou au Centre de prévention du suicide de Québec, qui prendra alors le relais.»

La psychologue Louise Careau travaille au CAE depuis 1990. Elle en est la directrice depuis 2014. «En 20 ans, dit-elle, nous avons l’impression d’avoir beaucoup défriché et d’avoir aboli des tabous. Ainsi, le Comité de prévention du suicide a suggéré à la haute direction de créer un cours de premier cycle sur la psychologie du suicide. Ce cours est destiné à tous les étudiants susceptibles d’être en lien avec des personnes suicidaires dans le cadre de leur travail. Chaque session, ce cours attire quelques centaines d’étudiants.»

Qu’en est-il de la situation à l’Université en 2018? «Nous voyons de plus en plus de cas de stress, d’anxiété et de détresse, répond la directrice. L’anxiété de performance est davantage présente aujourd’hui que dans le passé. Ces troubles psychologiques créent des populations à risque.»

La recherche universitaire révèle que les idéations suicidaires et les tentatives de suicide sont aussi élevées chez les femmes que chez les hommes. «Cela dit, poursuit-elle, le réseau social d’une étudiante est plus grand que celui d’un étudiant. Les femmes ont tendance à davantage parler entre elles et à aller chercher de l’aide.» Louise Careau rappelle que le suicide est lié à plusieurs facteurs, à plusieurs causes. «Il faut, dit-elle, porter attention à des moments critiques qui serviront de catalyseurs, comme un échec scolaire ou une rupture amoureuse. Dans ce dernier cas, souvent, l’homme qui perd sa conjointe perd en même temps l’amie et la confidente.» Selon la directrice, il existe des facteurs de protection tels que l’estime et la confiance en soi, la résilience, un bon réseau social et la réussite dans d’autres domaines.

Plus d’information: aide.ulaval.ca, sous l’onglet «Psychologie»


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Le Centre d’aide aux étudiants a fait œuvre de pionnier en prévention du suicide en milieu universitaire au Québec.

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Lors de la remise des prix de l'Association québécoise de prévention du suicide, ces employés du CAE ont reçu le prix Méritas organisation 2017-2018. Ce sont Yves Villeneuve, consultant en counseling, Marie-Claude Breton, consultante en counseling, Louise Careau, directrice, Marie-Claude Bédard, coordonnatrice d'opérations, Michel Dumont, consultant en counseling, et Marie-Hélène Simard, consultante en counseling.

Photo: AQPS

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