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Volume 52, numéro 9 | 10 novembre 2016

À la une

Engagés, créatifs et passionnés!

L'Université octroie des Prix d'excellence en enseignement à six professeurs et deux chargés de cours

Par Yvon Larose

«Lorsque j’étais enfant, mon père s’occupait de moi le samedi matin avec des jeux éducatifs de toutes sortes. Il était inventif. Il avait une pédagogie extraordinaire. C’est lui qui m’a appris qu’apprendre était agréable, «jouissif», passionnant. Plus tard, j’ai appris qu’aider quelqu’un à apprendre était tout aussi plaisant.»

Paul René de Cotret est médecin clinicien spécialiste en néphrologie au CHU de Québec-Université Laval. Depuis 1986, il enseigne à la Faculté de médecine. «La piqûre pour l’enseignement est venue de mon père, dit-il. Enseigner et pratiquer la médecine sont deux passions pour moi.»

Le lundi 7 novembre, au Cercle du pavillon Alphonse-Desjardins, Paul René de Cotret a reçu des mains du recteur Denis Brière et du vice-recteur aux études et aux activités internationales Bernard Garnier le Prix d’excellence Carrière en enseignement. Ce prix s’adresse au personnel professoral de carrière cumulant plus de 20 ans d’expérience en enseignement universitaire, dont au moins dix années à l’Université Laval. En tout, huit enseignants de l’Université ont été honorés ce jour-là. Les prix remis totalisent 28 000$ en fonds de développement pédagogique versés par La Fondation de l’Université Laval.

Paul René de Cotret est une personnalité bien connue dans sa faculté. Il a une réputation de leader. Ce pédagogue structuré et innovateur se fait remarquer par son dynamisme et sa rigueur scientifique. «Mes connaissances sur le fonctionnement du rein, indique-t-il, je les ai solidifiées lorsque j’ai eu à les expliquer aux étudiants.» Il insiste sur l’importance, pour l’enseignant, de créer un lien affectif avec ses étudiants. «On n’enseigne bien qu’à ceux que l’on aime, comme on apprend bien seulement d’un professeur que l’on aime», affirme-t-il. Polyvalent, le récipiendaire enseigne à des clientèles diverses: des étudiants, mais aussi des pairs enseignants et des collègues du milieu médical en formation continue. «Cette diversité, dit-il, représente mon plaisir et mon désir d’enseigner.»

Ce communicateur-né, de surcroît excellent vulgarisateur, sait comment capter l’attention de son auditoire. Même par l’humour. Il a à sa disposition une banque de quelque 25 anecdotes personnelles dans laquelle il puise au gré de son enseignement. Entre autres, lorsqu’il remarque que le niveau d’attention baisse dans la salle de cours. «Ces histoires, précise-t-il, sont particulièrement appréciées.» Vidéos, photos, il utilise divers moyens pouvant faciliter la compréhension de savoirs complexes.

Paul René de Cotret a ses étudiants à coeur. Il leur montre une ouverture ainsi qu’une écoute significatives, tant pour leur bien-être que pour leurs aspirations personnelles. Selon lui, l’enseignant a tout intérêt à montrer son côté humain. «Nous avons tous eu des hauts et des bas dans notre vie, explique-t-il. Cela fait du bien à nos jeunes étudiants de voir que leur professeur, qu’ils perçoivent comme une étoile, a traversé des difficultés. Lorsque ces difficultés sont bien intégrées, elles contribuent à faire de nous de meilleurs médecins.»

Pour lui, l’empathie représente une valeur essentielle chez un disciple d’Hippocrate. C’est d’ailleurs dans cet esprit que le lauréat a créé une activité de formation visant le développement de compétences compassionnelles chez les étudiants. «J’ai commencé à donner le cours Néphro-Compassion en 2006 et je le donne toujours, raconte-t-il. Par groupes de quatre étudiants, nous rencontrons à l’hôpital un patient, affligé par son arthrite, son insuffisance rénale ou son cancer, qui accepte de nous parler de sa vie. Je demande aux étudiants de tenter de percevoir les émotions exprimées par la personne. Ensuite, je leur demande quelles sont leurs émotions par rapport à ce qu’ils ont entendu. Ce n’est pas juste de dire que le patient va bien ou mal. La colère n’est pas la même chose que la frustration ou le désespoir. J’ai inventé une façon d’aborder l’enseignement compassionnel sur le terrain, directement. Ces rencontres m’ont permis de faire de vraies découvertes, qui m’ont beaucoup aidé dans ma pratique. Quand prenons-nous une heure pour qu’un patient nous parle de sa vie?»

Une autre de ses activités consiste à faire de l’observation directe dans les cours donnés par des médecins au début de leur carrière de professeur. Selon lui, presque tous ont le même point faible: ils veulent tout dire. «Il y a beaucoup trop de contenu, soutient-il. Ils n’ont plus de temps pour interagir, pour répondre aux questions. Ils n’ont plus le temps d’avoir du plaisir. Ne pas avoir de plaisir, c’est un poison mortel à l’enseignement. Le professeur doit plutôt se dire: «Quelles sont les deux choses que je vais enseigner aujourd’hui? Je prendrai mon temps, je donnerai des exemples.» À la fin du cours, les étudiants vont se rappeler de la matière enseignée. Passez 19 choses durant le cours, ils n’en retiendront aucune.»

On peut consulter les profils complets et les entrevues vidéo des lauréats à l’adresse suivante: ulaval.ca/excellence


Fannie Lafontaine

Le prix Distinction en enseignement pour les professeurs a été remis à Fannie Lafontaine, de la Faculté de droit. Avocate de formation, celle-ci enseigne à l’Université depuis 2007. Avant son arrivée sur le campus, elle a notamment occupé le poste de conseillère et spécialiste en droits de la personne au Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme à Genève. Cette spécialiste en droit pénal et humanitaire a créé plusieurs cours, dont Droit international pénal, humanitaire et des droits de la personne. Cette formation permet à la Faculté de se démarquer. Dans ce cours, la lauréate a recours, entre autres, à la simulation de procès. Un autre bon coup de Fannie Lafontaine est la création de la Clinique de droit international pénal et humanitaire. Chaque année, une soixantaine d’étudiants, jumelés à des juristes, y reçoivent un mandat de travail.

Caroline Girard

La chargée d’enseignement Caroline Girard, du Département de marketing, a reçu le prix Distinction en enseignement pour les chargés de cours, les chargés d’enseignement, les responsables de formation pratique et les professeurs de clinique. Elle enseigne depuis 2010 à l’Université, où elle est responsable de plusieurs cours, en présentiel ou à distance. Jeux de rôles, débats sur l’actualité, veille stratégique animée, Caroline Girard recourt à une approche pédagogique dynamique. Elle intègre également à ses cours des projets concrets et stimulants. Dans le cours Sujets spéciaux de marketing, ses étudiants ont à réaliser plusieurs mandats pour des entreprises. En plus de son enseignement, la récipiendaire a notamment encadré à trois reprises la délégation de l’Université au Happening Marketing, une importante compétition interuniversitaire.

Roxane Pouliot

Roxane Pouliot est professeure à la Faculté de pharmacie depuis 2002 et directrice d’une équipe de recherche multidisciplinaire, dans l’axe de recherche génie tissulaire et régénération, au Centre de recherche en organogénèse expérimentale de l’Université Laval / LOEX. Elle est la lauréate du prix Encadrement aux cycles supérieurs. Pour elle, un encadrement adéquat passe par un milieu de recherche sain, stimulant et rigoureux. Elle rencontre ses étudiants individuellement et leur offre un encadrement personnalisé respectant leur progression. Une pratique de jumelage des nouveaux étudiants avec ceux plus expérimentés contribue au sentiment d’appartenance au groupe. Roxane Pouliot accompagne ses étudiants dans la publication de leurs résultats de recherche. Elle leur fait également bénéficier de son réseau de relations au Canada et dans le monde.

Dominic Roux

Le professeur Dominic Roux, aujourd’hui adjoint au vice-recteur aux ressources humaines, a reçu le prix Direction de programme pour les trois années qu’il a passées à la direction des programmes de droit aux cycles supérieurs, soit de 2012 à 2015. Durant cette période, il a dirigé quatre diplômes spécialisés, deux microprogrammes de deuxième cycle, cinq programmes de maîtrise et le doctorat en droit. Dominic Roux a également contribué de manière exceptionnelle à la révision du doctorat en droit. Désormais, les doctorants peuvent bénéficier de 12 crédits pour des cours pratiques, des stages en milieu de travail ou un séjour de recherche. Pour la maîtrise, le récipiendaire a créé les cheminements bidiplômants. Fruit de partenariats avec des universités françaises, ces parcours particuliers sont uniques au Québec.

Alain Olivier

Le prix Internationalisation de la formation est allé au professeur Alain Olivier, du Département de phytologie. Celui-ci enseigne en agroforesterie depuis 1995. Depuis son entrée en fonction, l’internationalisation de la formation occupe une place centrale dans ses activités. Par exemple, depuis qu’il a révisé en profondeur le cours Agroforesterie, une partie de la formation porte sur les zones tropicales et subtropicales. L’objectif est de conscientiser les étudiants à la réalité des paysans des pays en développement. Le stage en agroforesterie dont il est responsable se déroule généralement à l’international. Alain Olivier dirige aussi des projets de recherche offrant des occasions de mobilité étudiante en Europe, en Afrique et dans les Amériques. Enfin, il est à l’origine de l’ambitieux projet Formation agricole pour la sécurité alimentaire au Mali.

Steeve Mercier

Le chargé de cours Steeve Mercier, du Département de langues, linguistique et traduction, a reçu le prix Cours à distance pour le côté novateur et l’exceptionnelle qualité de la démarche pédagogique de son cours Le Québec moderne à travers sa langue. Ce cours s’adresse aux étudiants étrangers désireux d’apprendre le français et de découvrir le Québec et sa culture. Il intègre des notions linguistiques et phonétiques de haut niveau. Lectures, activités et questionnaires permettent aux étudiants d’atteindre les objectifs d’apprentissage. Ceux-ci peuvent naviguer dans des centaines de références, allant de conférences à des chansons. Chaque semaine, les étudiants doivent écrire un texte, sous forme de lettre destinée à une personne de leur pays, sur l’une de leurs découvertes sur la culture québécoise.

Éric Philippe

Le prix Matériel complémentaire, notes de cours ou volume pédagogique a été décerné au professeur Éric Philippe, du Département de chirurgie. Le prix reconnaît les qualités exceptionnelles de l’ouvrage Encyclopédie histologique – Associer structure et fonction. Ce livre vulgarise les contenus histologiques complexes. Ses 22 chapitres contiennent des textes explicatifs concis. Ces notions sont appuyées par plus de 800 photos au microscope de grande qualité, prises par l’auteur, ainsi que par des schémas. La présentation est soignée et claire. L’ouvrage répond à un besoin concret chez les étudiants en sciences de la santé. Il vise à ce que ces derniers puissent intégrer la relation entre la structure des tissus formant le corps humain, leur localisation et leurs fonctions. Des étudiants ont d’ailleurs été associés à l’appréciation du contenu du livre.

Marc Robitaille

Les lauréats des Prix d'excellence en enseignement en compagnie du recteur Denis Brière, à l'arrière du côté droit, et du vice-recteur aux études et aux activités internationales Bernard Garnier, à l'avant du côté droit également. Les lauréats, à l'avant, sont le chargé de cours Steeve Mercier, du Département de langues, linguistique et traduction, la professeure Roxane Pouliot, de la Faculté de pharmacie, le professeur Paul René de Cotret, du Département de médecine, et le professeur Éric Philippe, du Département de chirurgie. À l'arrière, les lauréats sont la chargée d'enseignement Caroline Girard, du Département de marketing, le professeur Alain Olivier, du Département de phytologie, et le professeur Dominic Roux, de la Faculté de droit. La professeure Fannie Lafontaine, de la Faculté de droit, était absente lors de la soirée.

Photo: Marc Robitaille

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