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Volume 53, numéro 12 | 30 novembre 2017

Actualités UL

Enquête sur les violences sexuelles

L'Université Laval accueille favorablement l'enquête sur les violences sexuelles dans sa communauté

Par Claudine Magny

Les membres des médias étaient convoqués, le 28 novembre, au dévoilement de l’Enquête Sexualité, Sécurité et Interactions en Milieu Universitaire: portrait des violences sexuelles à l’Université Laval (ESSIMU-UL). Cette étude indépendante dresse le premier portrait des violences sexuelles répertoriées à l’Université Laval, basé sur les observations et les témoignages de la communauté étudiante et du personnel.

«Les violences sexuelles sont un problème réel dans notre société. Nous retrouvons ces enjeux dans toutes les universités québécoises, et l’Université Laval n’y fait pas exception. Nous sommes ravis que nos chercheuses participent, par une recherche scientifique, à la documentation de notre milieu de vie et à la recherche de solutions optimales pour enrayer ces comportements inacceptables», a mentionné la rectrice Sophie D’Amours.

Cette recherche, réalisée par trois chercheuses de l’Université Laval, s’inscrit dans le cadre de l’enquête nationale ESSIMU. Dès le dévoilement de ce portrait global en janvier, l’Université Laval a agi afin de créer un milieu plus sécuritaire et respectueux et d’accroître l’éducation et la sensibilisation à ces enjeux, répondant ainsi à plusieurs recommandations de l’équipe de chercheuses. Dans le même esprit, l’Université Laval a collaboré étroitement dans ce dossier avec la ministre responsable de l’Enseignement supérieur, Hélène David.

Basée sur une enquête universitaire sans précédent réalisée à l’hiver 2016, l’ESSIMU-UL indique que quatre étudiantes ou étudiants sur dix ont rapporté avoir vécu un geste de violence sexuelle dans le contexte universitaire depuis leur arrivée à l’Université Laval. D’après l’enquête, 57% des violences auraient eu lieu lors d’une fête ou d’une activité sociale (excluant les initiations) et 37% se seraient déroulées dans un contexte d’études. Les initiations départementales ou facultaires seraient le lieu associé à 19% des cas de violence rapportés. «Nous notons que les étudiantes sont plus nombreuses que les étudiants à avoir vécu de la violence sexuelle en milieu universitaire, à raison de 47% contre 30%», souligne Francine Lavoie, professeure à la Faculté des sciences sociales (École de psychologie) et coauteure du rapport.

Les victimes subissent de nombreuses répercussions à la suite d’une violence sexuelle, révèle ce rapport. Difficulté à poursuivre leurs études, évitement de situations rappelant l’acte de violence, modification de l’usage des médias sociaux, état d’alerte constant, problèmes intimes, affectifs ou de nature sexuelle: les répondantes et répondants ont détaillé ces répercussions après les violences subies.

L’enquête a, par ailleurs, obtenu la collaboration de l’ensemble de la communauté universitaire, permettant ainsi d’obtenir un portrait des violences sexuelles vécues par les membres du personnel de l’Université Laval. Ainsi, quatre employées ou employés sur dix révèlent avoir vécu au moins un geste de violence sexuelle dans le contexte universitaire depuis leur entrée en fonction à l’Université. «Nos données indiquent que 17% des femmes victimes et 13% des hommes victimes ont éprouvé des difficultés à poursuivre leurs activités à l’Université à la suite de cette violence, que ce soit pour le travail ou d’autres activités», mentionne Sylvie Parent, professeure à la Faculté des sciences de l’éducation (Département d’éducation physique) et coauteure de l’étude.

L’enquête, réalisée de façon indépendante, a été menée à partir de 1 963 questionnaires détaillés remplis en ligne. Le rapport final présente les faits saillants, les données complètes ainsi que de nombreux témoignages afin de lever le voile sur des cas de harcèlement, de comportements sexuels non désirés et de coercition sexuelle.

Le rapport propose, par ailleurs, de nombreuses recommandations à la direction de l’Université Laval et aux différents intervenants et intervenantes du milieu afin d’offrir un environnement plus sain et sécuritaire, autant pour la population étudiante que pour les membres du personnel. «Nous invitons l’Université à réfléchir à la mise en place d’une politique spécifique aux violences à caractère sexuel. Notre rapport suggère aussi des pistes de solution touchant autant l’approche à privilégier, les ressources à consacrer, les environnements social et physique, l’information, la sensibilisation, l’éducation, la formation, l’intervention, la recherche et l’innovation», fait valoir Isabelle Auclair, professeure à la Faculté des sciences de l’administration (Département de management) et coauteure du rapport.

Engagée dans la prévention des violences sexuelles et la sensibilisation de sa communauté, l’Université Laval accueille donc avec intérêt les résultats de l’enquête locale. Ces nouvelles informations lui seront utiles pour en venir à créer un milieu de vie, de travail, d’études et de recherche exempt de violences sexuelles. La direction de l’Université dit, en effet, prendre très au sérieux les résultats de l’enquête ainsi que les recommandations émises par les trois professeures. «Notre Université a à cœur d’offrir à toutes ses étudiantes et tous ses étudiants un environnement d’études et de recherche dépourvu de violences sexuelles, où le respect guide nos échanges et nos rapports humains. À cet égard, nous travaillons présentement à l’élaboration d’une politique pour contrer les violences sexuelles et poursuivons la réalisation de nombreuses actions de prévention, de formation et de sensibilisation», a indiqué le vice-recteur aux études et aux affaires étudiantes, Robert Beauregard. «Nous sommes conscients que des violences sexuelles de différentes natures ont lieu dans notre milieu de vie universitaire, mais nous croyons qu’il est possible d’établir un milieu de travail plus respectueux et plus sécuritaire pour toutes les employées et tous les employés, a poursuivi la vice-rectrice aux ressources humaines, Lyne Bouchard. Nous sommes déterminés à mettre en place des actions concrètes pour assurer le bien-être de l’ensemble des membres de la communauté universitaire.»

La direction de l’Université Laval tient à remercier les auteures de l’étude, tout comme les étudiantes et étudiants, les employées et employés, les gestionnaires, les cadres, les syndicats et les autres groupes ayant collaboré à cette recherche. «La participation de la communauté a permis de dresser un portrait juste et pertinent des violences sexuelles dans notre milieu. Les données, les observations, les témoignages et les recommandations recueillis sauront nous guider encore davantage», a conclu la rectrice. Enfin, l’Université Laval invite la communauté universitaire à condamner les gestes et les comportements à caractère sexuel non consentis. «Nous avons tous le pouvoir de faire une différence, et c’est ensemble, en s’entraidant et en dénonçant, que nous parviendrons à prévenir et à lutter contre ce fléau de société», a conclu la rectrice.

Rappelons que plusieurs ressources d’aide sont disponibles en toute confidentialité sur le campus de l’Université Laval. «Les membres de la communauté peuvent faire une plainte au Centre de prévention et d’intervention en matière de harcèlement. Le Centre d’aide aux étudiants peut également offrir le soutien requis afin de surmonter les épreuves difficiles. La campagne « Sans oui, c’est non! », dont l’Université est une fière partenaire, répertorie également les ressources d’aide dans la région pour les victimes de violence sexuelle», a indiqué la directrice du Centre de prévention et d’intervention en matière de harcèlement, Josée Laprade.

Réalisé conjointement par les chercheuses Francine Lavoie, Sylvie Parent et Isabelle Auclair, le rapport a également reçu l’appui de Manon Bergeron, chercheuse au Département de sexologie de l’Université du Québec à Montréal, qui est à l’origine de l’enquête panuniversitaire. Bien que produit spécifiquement dans le contexte de l’Université Laval, ce rapport s’inscrit dans la démarche globale de la grande enquête provinciale ESSIMU (Enquête Sexualité, Sécurité et Interactions en Milieu Universitaire). Une équipe de chercheuses de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et deux partenaires – le Regroupement québécois des CALACS (RQCALACS) et le Service aux collectivités de l’UQAM – ont mis sur pied ce projet de recherche. L’équipe de l’UQAM a ensuite entrepris des démarches pour étendre l’enquête à d’autres universités. Finalement, cette enquête d’envergure provinciale regroupe 12 chercheuses provenant de l’Université du Québec à Montréal, de l’Université de Montréal, de l’Université Laval, de l’Université de Sherbrooke, de l’Université du Québec en Outaouais et de l’Université du Québec à Chicoutimi. Un total de 9 284 personnes, étudiant ou travaillant dans ces six universités, ont répondu au questionnaire en ligne entre février et mai 2016.


Sur le campus

Centre de prévention et d’intervention en matière de harcèlement
418 656-7632
www.harcelement.ulaval.ca

Centre d’aide aux étudiants
418 656-7987
aide.ulaval.ca

Campagne «Sans oui, c’est non!»
ulaval.ca/sansouicestnon

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La direction invite l'ensemble de la communauté à utiliser au besoin les services d'aide présents sur le campus tels le Centre de prévention et d'intervention en matière de harcèlement et le Centre d'aide aux étudiants. De plus, la campagne «Sans oui, c'est non!» répertorie les ressources d'aide dans la région pour les victimes de violence sexuelle.

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