C’est ce qui ressort de la 2e Journée scientifique de l’Alliance santé Québec (AsQ), un événement de conférences et de réseautage qui avait lieu à l’Hôtel Hilton Québec lundi dernier. Près de 150 personnes – chercheurs, praticiens et gestionnaires du milieu de la santé et des services sociaux de la région de Québec – étaient réunies pour partager leurs connaissances. Leur objectif: accroître la performance en recherche et en innovation afin d’augmenter les retombées positives sur la santé et le mieux-être de la population.

L’AsQ, rappelons-le, a été mise sur pied à l’automne 2013, à l’initiative de l’Université Laval. En plus d’une dizaine de facultés, dont celles de Médecine, des Sciences sociales et des Sciences de l’administration, elle comprend des établissements de santé d’importance, tels que le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Capitale-Nationale et le CHU de Québec-Université Laval. Depuis deux ans, ces partenaires ont mis en place différentes initiatives liées à la santé durable. Ces projets, dont l’état d’avancement a été présenté lundi, visent à valoriser, entre autres, la participation citoyenne et le transfert du savoir vers la pratique. «On décèle dans tous ces chantiers une composante essentielle: le patient. Je trouve cela très prometteur pour l’avenir, s’est réjoui Edwin Bourget, vice-recteur à la recherche et à la création de l’Université. Le but de l’Alliance, c’est de sortir les résultats de recherche des laboratoires et de les mettre en application le plus rapidement possible dans la population.»

Placer les patients au coeur de la recherche et de l’innovation: tel est le leitmotiv, en effet, des membres de l’AsQ. Pour cela, ils font tomber les murs entre les disciplines du secteur de la santé et des services sociaux, plus souvent habituées de travailler en spécialités. «Bien des études dans le monde ont rapporté ce schisme entre les priorités des chercheurs du secteur de la santé et celles de la population. C’est pourquoi nous voulons inclure le patient dans notre démarche. Ce que nous souhaitons, c’est de montrer aux citoyens et à nos interlocuteurs politiques que les différentes disciplines sont mobilisées pour mieux répondre aux enjeux de société», explique Jean-Pierre Després, professeur au Département de kinésiologie et directeur de la science et de l’innovation de l’AsQ.

Tout indique que cette démarche est bien amorcée, à voir l’engouement que génère l’initiative dans la communauté scientifique. «Ce regroupement est unique, exceptionnel même! Nous écrivons l’histoire actuellement, j’en suis convaincu. Je refuse de prendre ma retraite, car je veux continuer de suivre l’évolution de l’Alliance santé Québec», a lancé, mi-sérieux, Michel G. Bergeron, professeur au Département de microbiologie-infectiologie et d’immunologie. Le Centre de recherche en infectiologie, qu’il a fondé, démontre bien l’importance d’adopter une approche interdisciplinaire. Plus important regroupement du genre au Canada, ce centre réunit plusieurs chercheurs fondamentaux et cliniciens, qui travaillent ensemble afin de diminuer l’impact des maladies infectieuses dans le monde. Leurs travaux ont été publiés dans les plus grands journaux scientifiques et ont mené au développement de nouvelles techniques et de nouveaux médicaments.

L’enthousiasme de Michel G. Bergeron et de ses homologues pour l’AsQ n’est pas sans réjouir son président, Michel Clair. «En moins de deux ans, nous sommes parvenus à mobiliser non seulement un conseil d’administration, qui représente les plus hautes autorités dans le domaine de la santé et des services sociaux, mais aussi des experts aux profils différents et complémentaires. La preuve de la pertinence de l’Alliance santé Québec est faite: ce projet est hautement désirable et réalisable. Nous avons maintenant tout ce qu’il faut pour convaincre les décideurs du bien-fondé de nos initiatives; voilà la prochaine étape», dit-il.

Cette 2e Journée scientifique de l’AsQ, centrée autour du thème «Les établissements de santé et de services sociaux comme demandeurs d’innovation», avait lieu dans le cadre de la Semaine de l’innovation en santé 2015.

Pour plus d’information sur l’Alliance santé Québec: www.alliancesantequebec.com