Logo Université Laval Logo Université Laval

Volume 52, numéro 27 | 18 mai 2017

Arts

Entre-temps, les choses se pensent

Les finissants du baccalauréat en arts visuels et médiatiques présentent le fruit de leur passion

Par Renée Larochelle

Vidéos, peintures, sculptures, photographies, installations, performances et oeuvres sonores: cette année encore, l’exposition des finissants du baccalauréat en arts visuels et médiatiques étonne par sa diversité et son originalité. On peut y admirer le travail d’une vingtaine de jeunes artistes qui se donnent corps et âme à leur passion: l’art. Le Fil a interviewé quelques-uns de ces finissants qui exposent sur le thème «Entre-temps, les choses se pensent» jusqu’au 28 mai. Un constat majeur: sans exception, l’acte de créer fait partie intégrante de la vie de ces artistes à l’imagination fertile. Dès lors, on ne peut plus parler d’artistes en herbe, selon la formule consacrée, mais plutôt d’artistes bien implantés dans le terreau de la créativité et qui ne demandent qu’à faire grandir leurs poussées créatives afin d’accoucher d’oeuvres à la mesure de leurs ambitions artistiques.

«Pour moi, cela coulait de source que je ferais des études en art», explique Jasmine Guay, dont la pratique se concentre sur des objets faits main et les «erreurs» de conception qu’ils entraînent. En mettant ces objets en relation, on les fait dialoguer entre eux et ils nous racontent une histoire, dit l’artiste. Fasciné par le temps qui s’écoule sans que l’on puisse en arrêter la course, Jérôme Trudelle s’intéresse, pour sa part, à la désintégration et à l’immatérialité. Ses sculptures évoquant des corps qui éclatent dans l’espace sont à cet égard spectaculaires. De son côté, Alphiya Joncas considère la notion de territoire et de lieu comme le moteur de sa création artistique. Construire et déconstruire le lieu géographique, faire une vidéo en partant d’une sculpture, opposer divers matériaux comme le bois, le métal et le plâtre dans une même oeuvre: rien n’arrête la jeune femme qui souligne que le fait d’avoir grandi aux Îles-de-la-Madeleine n’est sûrement pas étranger à son attrait pour le territoire identitaire et l’espace.

Pour sa part, Marie-Chantal Poirier propose une rencontre entre l’objet d’art et l’objet utilitaire. Elle a créé une mise en scène avec des meubles qui s’inspire de la femme et de l’insecte. Est-ce qu’un objet peut avoir une destination double, soit être oeuvre d’art et objet utilitaire? Cette question a amené l’artiste à créer des sculptures qu’il est possible de lire sur plusieurs plans. Enfin, Camille Dionne a choisi de raconter l’histoire de sa vie sur les murs de l’espace qui lui a été alloué aux fins de l’exposition. Elle y met en perspective ses rêves, ses angoisses et ses espoirs. «J’adore le dessin, la photo et la peinture et je voulais faire quelque chose qui touche à tout ce que j’avais étudié au cours du baccalauréat», dit Camille Dionne.

Justement, que pensent ces finissants de ces trois années d’études? Ils sont d’abord unanimes à dire que le baccalauréat leur a permis d’acquérir des savoirs précieux, «qui ne s’acquièrent pas dans les livres», précise Jasmine Guay. Elle a particulièrement aimé les cours d’atelier, où les étudiants peuvent profiter d’un espace pour créer, avec le soutien d’un professeur. Même chose pour Alphiya Joncas, pour qui l’accès à des espaces d’ateliers a contribué à stimuler la créativité. La jeune femme dit aussi avoir fait de belles rencontres avec des professeurs, qui émettaient des commentaires instructifs sur les différents projets et travaux en cours.

Conscients que la voie artistique n’est pas le chemin le plus facile pour gagner leur vie, ces finissants du baccalauréat en arts visuels et médiatiques savourent pour l’instant le fait d’avoir franchi une première étape et de pouvoir exposer leurs oeuvres. Si certains s’accorderont une pause avant d’entreprendre des études de maîtrise, d’autres ont déjà trouvé un emploi lié à leur domaine d’études. C’est le cas notamment de Camille Dionne, embauchée tout récemment par la Maison Simons comme designer coordonnatrice à la mode féminine. D’autres encore souhaitent oeuvrer dans le domaine de la diffusion culturelle en entreprise ou comme gestionnaire d’événements culturels.

Deux artistes en arts visuels de Québec, Isabelle Demers et Fanny Mesnard, ont agi à titre de consultantes pour cette exposition.

L’exposition est présentée au 281, rue Saint-Vallier Est. Les heures d’ouverture sont de 12h à 17h du dimanche au mercredi et de 12h à 20h du jeudi au samedi.


Alphiya Joncas, première récipiendaire de la bourse Suzie-Houde

Alphiya Joncas recevra la bourse Suzie-Houde à l’occasion de l’exposition des finissants du baccalauréat en arts visuels et médiatiques. Créée en 2016, cette bourse permet de soutenir la carrière de jeunes diplômées de l’École d’art en leur offrant, pendant un an, un vaste espace de production aux Ateliers du Réacteur. D’une valeur annuelle de 3 500$, la location de cet espace est financée par Suzie Houde, elle-même étudiante au baccalauréat en arts visuels et médiatiques. La bourse sera offerte, pendant trois ans, à trois diplômées différentes. Alphiya Joncas recevra également une bourse de 2 500$ du programme Première Ovation – Arts visuels, arts médiatiques et métiers d’art.


Jasmine-Guay-Les-Objets-credit-Marc-Robitaille
Jasmine Guay, Les objets, papiers artisanaux, moulage de plâtre et photographie argentique
Photo: Marc Robitaille

Camille-Dionne-Lieu-d-être--détail-credit-Marc-Robitaille
Camille Dionne, Lieu d’être (détail), acrylique
Photo: Marc Robitaille

Jerome-Trudelle-Les-Nostalgiques-credit-Marc-Robitaille

Jérôme Trudelle, Les nostalgiques, bandelettes de plâtre, fils de tissu

Photo: Marc Robitaille

Écrivez-nous
Partagez