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Volume 53, numéro 2 | 7 septembre 2017

Vie étudiante

Eurodéputés d’un jour

Quatre étudiants de l’Université Laval ont participé à la Simulation du Parlement européen, à Prague, cet été

Par Yvon Larose

Fin juillet, quelque 200 étudiants universitaires francophones, en provenance d’une quarantaine de pays, ont convergé vers Prague, capitale de la République tchèque, en Europe centrale, afin de participer à la 20e Simulation du Parlement européen Canada-Québec-Europe (SPECQUE). Cet exercice peu banal, axé sur l’analyse et l’argumentation, était organisé par des étudiants universitaires. La SPECQUE a vu le jour en 1997 à l’initiative d’étudiants à la maîtrise en relations internationales de l’Université Laval. Cette année, quatre étudiants représentaient l’Université dans l’enceinte du Parlement pragois.

Du 30 juillet au 6 août, tous les participants se sont glissés dans la peau d’eurodéputés. Pendant une semaine, ils ont débattu et échangé sur des enjeux d’actualité relatifs à l’Union européenne. Ils se sont aussi familiarisés avec les règles de fonctionnement du Parlement européen. Certains d’entre eux ont joué le rôle de commissaire européen, de rapporteur de commission, de chef de groupe politique, de journaliste ou de lobbyiste.

«Il fallait être très prêts, explique Marianne Richer-Laflèche, inscrite au baccalauréat en droit. Les quatre étudiants de l’Université Laval ont été très bons, en négociations politiques comme dans la rédaction d’amendements. Nous nous sommes distingués lorsqu’il fallait faire des concessions en commission parlementaire. Nous pouvions céder sur certains points d’un texte étudié pour ensuite espérer gagner quelque chose sur un autre projet de texte.»

Marianne Richer-Laflèche en était à sa cinquième simulation à vie et à sa troisième en 2017 uniquement. Ses trois coéquipiers (Iveline Fourn, maîtrise en études internationales, William-James Lawless, baccalauréat en droit, Alyssum Turgeon-Ferland, baccalauréat en affaires publiques et relations internationales) ont, pour leur part, vécu leur baptême du feu en ce domaine à Prague.

Ces quatre étudiants n’ont pas compté les heures dans leur longue préparation. Ils ont fait beaucoup de recherche d’information par eux-mêmes. Ils ont aussi passé beaucoup de temps en vidéoconférence sur le Web avec des membres du groupe politique d’appartenance dont ils ont défendu les idées dans la capitale tchèque.

«Nous avons pu choisir à l’avance le groupe politique, indique Marianne Richer-Laflèche. Nous nous étions dit qu’il était mieux de faire partie d’un petit groupe afin d’avoir une présence plus marquée.»

Ainsi fut dit, ainsi fut fait. Marianne Richer-Laflèche et Alyssum Turgeon-Ferland ont choisi la Gauche unitaire européenne, un regroupement de partis de gauche de tendance socialiste, antilibérale et anticapitaliste. Iveline Fourn, pour sa part, s’est retrouvée dans le groupe Europe des nations et des libertés, une formation d’extrême droite. Quant à William-James Lawless, il a intégré le groupe eurosceptique Europe de la liberté et de la démocratie directe.

Les 200 apprentis eurodéputés ont croisé le fer sur quatre propositions fictives proches de la réalité européenne. L’une d’elles portait sur la réglementation de l’usage de drones civils. Une autre concernait les lanceurs d’alerte. La troisième proposait la création d’un fonds européen de défense. La dernière proposition touchait à l’efficacité de produits cosmétiques.

Tous ces sujets ont été débattus en plénières, en commissions parlementaires et au sein des groupes politiques d’appartenance. L’objectif global était de parvenir à des consensus, mais plus en fin de parcours. «L’objectif le plus global, souligne Marianne Richer-Laflèche, consistait plutôt à se battre pour les intérêts du parti politique que l’on représentait et pour que ces intérêts soient transformés en législation.»

L’étude des quatre propositions a suscité de vifs débats. Dans le dossier des lanceurs d’alerte, les échanges ont été nombreux, de même que les malentendus. Les eurodéputés se sont, entre autres, interrogés sur l’importance de protéger soit l’entreprise, soit l’employé qui lance une alerte. De nombreux consensus ont été atteints, même entre l’extrême gauche et l’extrême droite. Le dossier du fonds européen de défense, quant à lui, a abouti finalement à plusieurs compromis. De vifs débats ont entouré la vocation du fonds, son financement et l’éventuel détournement de sa vocation. Les quatre textes ont fini par être adoptés par une large majorité. Il est à noter que les deux partis d’extrême droite ont voté contre la plupart des textes finaux soumis au vote.

SPECQUE 2017 Eurodéputés

Les quelque 200 participants à la SPECQUE 2017 sur les marches d’une des plus belles salles de concert de Prague, le Rudolfinum.

Photo: Nadia Imgharen

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