Le Groupe aérospatial de l’Université Laval (GAUL) est un habitué du concours international IREC (Intercollegiate Rocket Engineering Competition), l’événement phare de la Spaceport America Cup, qui se déroule depuis quelques années dans le désert du Nouveau-Mexique. Fin juin, la participation des étudiants de l’Université Laval avait ceci de particulier qu’ils étaient inscrits, avec leur fusée Excelsior!, dans la catégorie des moteurs commerciaux 30 000 pieds (9 144 mètres).

«C’était pour nous une première de lancer une fusée dans cette catégorie, explique Jean-Christophe Blais, président du GAUL et étudiant au baccalauréat en génie électrique. Cela signifie de concevoir une fusée supersonique, c’est-à-dire qui va plus vite que la vitesse du son. Il y a de nombreux défis techniques à cela.»

Pour son seul vol autorisé, Excelsior! a bondi de sa rampe de lancement dans le rugissement de son moteur avant de s’élancer vers le ciel. Haute de 2,63 mètres, avec un diamètre de 142,2 millimètres et un poids au décollage de 31,19 kilos, la fusée faite principalement de fibre de carbone et d’aluminium a atteint une vitesse maximale de 1,8 Mach, ou 600 mètres/seconde. Malheureusement, une faiblesse est apparue au niveau du nez durant l’ascension, causant la séparation de cette partie du reste de la fusée. Entraînant le parachute avec lui, le nez est redescendu au sol. Cet incident n’a toutefois pas empêché Excelsior! de poursuivre sa course. Sa trajectoire balistique a culminé à 6 700 mètres (22 000 pieds) d’altitude, aux deux tiers de l’objectif visé. Ayant épuisé son carburant, privée de parachute, la fusée s’est écrasée. L’ascension n’a duré en tout qu’une quinzaine de secondes.

«Cela dit, indique Jean-Christophe Blais, notre avionique a fonctionné et transmettait les données de vol en temps réel.»

Ce vol a valu la septième place au GAUL sur les 16 équipes de sa catégorie.

Le passage de la catégorie de «10 000 pieds» à celle de «30 000 pieds» a nécessité des ajustements. Excelsior! a un moins grand diamètre et est plus petite que High V, la fusée du GAUL l’an dernier. Ces modifications ont permis de réduire la traînée et le poids de la fusée actuelle.

La charge utile d’Excelsior! était constituée d’une jauge de déformation. «Des étudiants de la Faculté des sciences et de génie nous ont fabriqué cette jauge à partir de fibre optique et d’un laser infrarouge, souligne Jean-Christophe Blais. Elle était installée sur un des ailerons afin d’étudier la déformation de l’aileron lors du vol. Malheureusement, les données de la charge utile n’étaient pas transmises à notre station au sol, mais enregistrées localement sur une carte mémoire qui a été endommagée lors du crash

L’an dernier, les étudiants avaient fixé deux caméras au fuselage. Cette année, il n’y en avait qu’une installée au bas de la fusée. Ici aussi, la carte mémoire a été endommagée au moment de l’écrasement.

En 2020, le GAUL entend présenter à la Spaceport America Cup une fusée entièrement conçue et fabriquée par les étudiants, y compris le moteur hybride. Jean-Christophe Blais qualifie ce projet de moteur de «grand défi d’ingénierie». «C’est une prouesse, dit-il, que nous voulons accomplir.» Malgré la performance relative d’Excelsior!, l’équipe étudiante se dit fière du travail accompli. «Nous avons déjà commencé à travailler sur la fusée de l’an prochain, ajoute le président. Et nous savons précisément ce qui a mal fonctionné avec Excelsior!»


Groupe GAUL

Les membres du GAUL devant la fusée Excelsior! sous le chaud soleil du Nouveau-Mexique.

Photo : Rocketry Photography