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Volume 52, numéro 20b | 2 mars 2017

À la une

Une expérience intense et exceptionnelle

La délégation de l'Université Laval remporte le Concours de plaidoirie Pierre-Basile-Mignault

Par Yvon Larose

Nicolas Déplanche, Maude Fortin Massé, Charlotte Reid et Nina Anne Tremblay, tous étudiants en droit, termineront leur baccalauréat ce printemps. Les 17 et 18 février, comme une manière de souligner dignement la fin de leur formation, ils ont représenté l’Université au 39e Concours de plaidoirie Pierre-Basile-Mignault. Ce tribunal-école s’est tenu à l’Université de Montréal. Il réunissait des représentants des six facultés de droit civil au Canada, soit celles des universités Laval, McGill, UQAM, de Montréal, de Sherbrooke et d’Ottawa. En remportant la coupe du Bâtonnier du Québec, décernée à la meilleure équipe, ainsi que la coupe de l’Association des professeurs de droit du Québec, pour le meilleur mémoire, la délégation de l’Université Laval a été sacrée grande gagnante du concours.

«Nous ne nous sommes pas rendus en finale de plaidoirie, mais comme nous avions accumulé davantage de points pour notre mémoire et pour nos plaidoiries que les autres universités, nous avons remporté le prix de la meilleure équipe», explique Maude Fortin Massé.

Charlotte Reid, pour sa part, insiste sur le mot «équipe». «Nous nous sommes soutenus tous les quatre dès le début du processus, il y a dix mois, raconte-t-elle. C’est de l’entraide. On s’appelait à toute heure, on s’écrivait sur Facebook. Maude et moi étions les appelants, ceux qui portent un jugement en appel; Nina et Nicolas étaient les intimés, soit les défendeurs. Si on trouvait un passage de jurisprudence qui pouvait être utile aux deux autres, on le leur envoyait. Nous étions très émus en gagnant ce prix. Depuis le début, on trouvait qu’on était une équipe forte, ensemble.»

Les participants au Concours de plaidoirie Pierre-Basile-Mignault doivent rédiger un mémoire, puis plaider, devant trois juges en exercice, en se basant sur l’argumentaire développé dans leur mémoire. L’argumentaire s’appuie sur un jugement fictif rendu par un tribunal de première instance en matière de droit civil. Le jugement, cette année, concernait deux groupes de citoyens vivant autour d’un lac, les uns souhaitant l’aménagement d’une route autour du lac, les autres s’y opposant.

Deux universités s’affrontaient dans chacune des joutes, deux appelants faisant face à deux intimés. D’argument en contre-argument, les plaideurs ont tenté de convaincre les juges du bien-fondé de leurs revendications.

Selon Maude Fortin Massé, les clients qu’elle et Charlotte Reid représentaient comme appelantes avaient, pour eux, le droit de demander une route. «Nous devions donc faire en sorte que leurs propriétés soient reconnues comme une enclave, indique-t-elle. Ensuite, nous devions réussir à obtenir, pour eux, une servitude de passage qui, comme une ruelle, les relierait au réseau routier public. Un de nos arguments était l’évolution dans le temps de la situation. Ce n’est pas parce que le bateau a été le seul moyen de transport depuis 100 ans pour se rendre aux résidences qu’il doit continuer à en être ainsi. En bout de ligne, nous avons réussi à convaincre les juges.»

Les deux étudiantes ne tarissent pas d’éloges à l’endroit des deux avocates ayant accepté d’encadrer l’équipe. Il s’agit de Geneviève Cotnam, ex-chargée de cours à l’Université Laval, maintenant juge à la Cour du Québec, et de la chargée d’enseignement Isabelle Hudon. À l’instar des quatre étudiants, les deux professionnelles n’ont pas compté leurs heures. «Ce sont deux femmes exceptionnelles, affirme Maude Fortin Massé. Nous pouvions les texter à volonté. Elles ont dû relire notre mémoire une centaine de fois en l’annotant. Elles sont même allées chercher une dizaine de leurs collègues avocats pour participer à nos réunions d’équipe et nous conseiller.»

Charlotte Reid s’est trouvée privilégiée de pouvoir bénéficier d’un tel encadrement. «Elles ont été des modèles inspirants pour nous, étudiantes, qui aspirons à travailler en pratique privée plus tard, dans ce milieu très conservateur qu’est le droit, soutient-elle. De pouvoir les côtoyer a été pour moi une confirmation que je veux faire ça de ma vie. Je veux plaider, je veux faire du litige.»

Les deux étudiantes ont participé régulièrement aux concours oratoires de leur faculté. Cette fois, elles voulaient sortir de leur zone de confort en prenant part à l’un des concours de plaidoirie proposés par la Faculté de droit. Selon Charlotte Reid, peu d’étudiants en droit profitent de ces concours. «Je pense que la valeur ajoutée qu’apporte ce type d’expérience à la formation, soit écrire un mémoire et plaider le contenu de ce mémoire, représente un avantage pour un cabinet d’avocats, souligne-t-elle. En trois ans de baccalauréat, je n’ai jamais autant compris le droit, la procédure, la façon dont le Code civil est construit, la recherche juridique. Notre expérience fut intense et exceptionnelle.» Maude Fortin Massé, elle, insiste sur le côté passionnant du droit. «C’est, dit-elle, un tourbillon dont on ne sort plus!»

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La délégation de l'Université Laval comprenait Nicolas Déplanche, Maude Fortin Massé, Nina Anne Tremblay et Charlotte Reid. Le groupe a remporté le prix remis à la meilleure équipe. De plus, Maude Fortin Massé et Charlotte Reid ont obtenu le prix du meilleur mémoire.

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