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Volume 52, numéro 30 | 26 juin 2017

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Faire équipe contre les commotions

Une collaboration médecin-physiothérapeute permet un retour au jeu sécuritaire des jeunes sportifs qui ont subi une commotion cérébrale

Par Jean Hamann

L’intervention directe d’un médecin n’est pas toujours nécessaire pour assurer l’application d’un protocole de retour au jeu après une commotion cérébrale chez les jeunes sportifs. C’est ce que démontre une étude supervisée par le professeur Pierre Frémont, de la Faculté de médecine, qui a été menée auprès de joueurs de football d’une école secondaire de Québec. Les chercheurs publient les conclusions de leurs travaux dans un numéro spécial du British Journal of Sports Medicine consacré à la 5e Conférence du consensus international sur les commotions cérébrales dans le sport, qui s’est déroulée à Berlin l’automne dernier.

Le professeur Frémont et ses collaborateurs ont comparé la récurrence des symptômes de commotion cérébrale après un retour au jeu sans restriction chez 119 joueurs de football âgés de 11 à 17 ans qui avaient subi une commotion cérébrale. Pour chacun d’eux, les recommandations contenues dans le protocole du Concussion in Sport Group – un regroupement international d’experts sur les commotions cérébrales dans le sport – ont été appliquées à la lettre. Pendant les deux premières saisons, les décisions touchant le retour au jeu étaient prises par un médecin. Pendant les deux dernières, la physiothérapeute de l’équipe s’acquittait de cette tâche, en se référant à un médecin pour les rares cas problématiques.

Les analyses des chercheurs révèlent que la récurrence des symptômes de commotion cérébrale après le retour au jeu, lors de la même saison, est un événement rare. Aucun cas n’a été observé pendant les deux premières saisons, alors qu’un seul cas est survenu lors des deux dernières saisons. Ces résultats livrent deux messages importants, estime Pierre Frémont. «D’abord, ils indiquent que le protocole est très efficace et que lorsque les jeunes sont bien encadrés, ils peuvent se remettre d’une commotion cérébrale comme ils guérissent d’autres types de blessures sportives. Par ailleurs, ils montrent que la prise en charge sécuritaire des commotions cérébrales dans les sports amateurs pratiqués par les jeunes peut être faite par un physiothérapeute, avec l’assistance d’un médecin pour les cas particuliers.»

Cette démonstration constitue une bonne nouvelle pour les équipes de jeunes sportifs. «La plupart de ces équipes n’ont pas d’expertise médicale à leur disposition, constate le professeur Frémont. Par contre, plusieurs d’entre elles peuvent compter sur les services d’un physiothérapeute ou d’un thérapeute sportif. Ces professionnels pourraient appliquer le protocole de retour au jeu dans la plupart des cas et faire appel à un médecin pour les cas particuliers. Cette collaboration interdisciplinaire, bien adaptée à la réalité du sport amateur, assurerait une utilisation efficiente des ressources.»

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La prise en charge sécuritaire des commotions cérébrales dans les sports amateurs pratiqués par les jeunes peut être faite par un physiothérapeute, avec l'assistance d'un médecin pour les cas problématiques.

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