Logo Université Laval Logo Université Laval

Volume 51, numéro 7 | 8 octobre 2015

À la une

Géologie antillaise

Onze étudiantes et étudiants ont vu de près la structure géologique des îles de Montserrat, de la Guadeloupe et d'Antigua

Par Yvon Larose

Après l’Islande en 2011 et l’Écosse en 2013, le cours Excursion géologique s’est déplacé, cette année, dans les petites Antilles, plus précisément sur trois îles très proches: Montserrat, la Guadeloupe et Antigua. Du 15 au 22 août, 11 étudiantes et étudiants inscrits au baccalauréat en géologie ou au baccalauréat en génie géologique ont visité plusieurs dizaines de sites en compagnie du professeur Marc Constantin.

«Cette destination a été choisie à cause de ce qui est arrivé à Plymouth, l’ancienne capitale de l’île de Montserrat, explique l’étudiante Mélissa Roy Tremblay. Depuis 1997, cette ville a été progressivement ensevelie sous les coulées de lave et les coulées de boue consécutives à des éruptions du volcan Soufrière Hills. Pour les géologues, c’est un peu la Pompéi moderne. Il est rare de pouvoir observer du volcanisme récent.»

Montserrat a une superficie d’environ 100 kilomètres carrés. Sa population, de quelque 12 000 habitants avant les éruptions volcaniques, a fondu à environ 4 000 aujourd’hui. Selon l’étudiante, la moitié de l’île est une zone d’exclusion. «C’est une zone dangereuse, dit-elle. Il faut détenir un permis pour y aller.» L’autre moitié de l’île est à l’abri du risque volcanique. «D’anciens volcans maintenant éteints forment une topographie qui protège des coulées du volcan encore actif, poursuit-elle. Cependant, la population reçoit quand même des retombées de cendres volcaniques.»

La visite des vestiges de Plymouth fut une expérience impressionnante. «Lorsqu’on circule parmi les débris, on marche presque sur les toits des habitations, tellement l’épaisseur des sédiments volcaniques est grande», raconte Mélissa Roy Tremblay. Le volcan Soufrière Hills figure parmi les volcans les plus surveillés au monde. «La dernière éruption, souligne-t-elle, remonte à 2010; il y a donc une petite période d’accalmie. Toutefois, on voit encore de l’activité sismique et des émanations de gaz.»

Un observatoire scientifique établi sur l’île effectue une surveillance quotidienne des activités volcaniques avec des méthodes géophysiques. Ce travail comprend notamment la mesure en tonnes/jour des émissions de sulfure de dioxyde. L’accès à la ville fantôme qu’est devenue Plymouth se fait seulement si le niveau de danger est minimal.

L’île de Montserrat est située sous un climat tropical dans une zone volcanique et sismique sujette aux ouragans, à de fortes pluies saisonnières, à des glissements de terrain et à des inondations. Montserrat ainsi que la Guadeloupe et Antigua sont dans la zone de subduction formée par les plaques tectoniques caraïbe et nord-américaine. «La plaque caraïbe entre en dessous des plaques nord-américaine et sud-américaine; c’est pour ça qu’il y a du volcanisme actif», indique l’étudiante Mylia Arseneault-Monette.

La Guadeloupe a une superficie d’environ 1 600 kilomètres carrés. Des plateaux calcaires anciens constituent sa partie est. Des montagnes et des volcans, certains encore actifs, caractérisent la partie ouest de l’île. La petite île de la Désirade fait partie de la Guadeloupe. «La structure géologique de la Désirade est particulière avec ses laves en coussins, souligne Mylia Arseneault-Monette. Ces coussins se forment habituellement sous l’eau avant de se solidifier en surface. On trouve à cet endroit la seule réserve géologique protégée de la Guadeloupe.»

L’île d’Antigua fait 280 kilomètres carrés. Elle comprend une région volcanique ancienne vallonnée et rugueuse. La plaine centrale est composée principalement de dépôts de cendres volcaniques et de matériaux érodés. Quant à la région nord-est, elle est calcaire, avec des collines et des marnes.

«Les formations géologiques des petites Antilles sont beaucoup plus jeunes que ce que nous avons au Québec, explique Mélissa Roy Tremblay. Dans un cas, on parle de moins de 100 millions d’années, dans l’autre de plusieurs centaines de millions, voire de milliards d’années.»

Cette excursion dans les Antilles a renforcé le choix de carrière des deux étudiantes. Mélissa Roy Tremblay était attirée vers la volcanologie à un jeune âge. «La gestion des risques naturels m’intéresse beaucoup, en particulier la cartographie des risques volcaniques», dit-elle. Quant à Mylia Arseneault-Monette, elle voulait travailler à l’international, soit en gestion des risques naturels, soit en gestion des ressources en eau potable. «L’excursion, souligne-t-elle, a confirmé mon intérêt à travailler à l’international dans ces deux domaines.»

Mélissa Bernier

Une partie des excursionnistes au sommet du volcan de la Soufrière, en Guadeloupe.

Photo: Mélissa Bernier

Écrivez-nous
Partagez
ULaval nouvelles