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Volume 49, numéro 1 | 29 août 2013

Vie étudiante

Le goût des autres

Bénévole au grand cœur, la doctorante en psychologie Alexandra Champagne est convaincue qu’il existe une cause pour chaque personne

Par Renée Larochelle

À l’école primaire, lorsqu’une petite fille se faisait «crier des noms» dans la cour d’école, Alexandra Champagne était toujours la première à se porter au secours de la jeune opprimée. Il lui était impossible de demeurer les bras croisés devant toute forme d’injustice. «Je crois que cela vient des valeurs que m’a transmises ma mère, affirme cette jeune doctorante en psychologie. J’ai toujours été sensible à la condition des autres. Et si je peux faire quelque chose pour aider, je n’hésite pas.»

Lauréate du prix Hommage Bénévolat-Québec 2013, la jeune femme a aussi remporté en 2012 le prix Personnalité 1er cycle au concours Forces AVENIR. Sa feuille de route impressionnante en matière de bénévolat a eu l’heur de séduire les différents jurys rattachés à ces concours. Durant son baccalauréat en psychologie, Alexandra Champagne a ainsi été présidente du Programme d’étudiants réfugiés de l’association Entraide universitaire mondiale du Canada à l’Université Laval. Sa tâche consistait à accueillir des étudiants empêchés de poursuivre leurs études en raison des conflits sévissant dans leurs pays. En 2010 et en 2011, elle a soutenu deux étudiants parrainés par ce programme.

«Lorsqu’ils arrivent au Québec, ces étudiants ne savent à peu près rien de la façon dont les choses fonctionnent ici, souligne cette native de Sainte-Marie en Beauce. Que ce soit pour trouver un logement, pour acheter de la nourriture ou pour consulter un médecin, ils doivent tout apprendre.» À leur intention,  elle a produit un document: le Guide de survie du Programme d’étudiants réfugiés. Ceux qui viendront dans les prochaines années trouveront peut-être les choses plus faciles, soutient-elle. Car ce n’est pas tout d’accueillir les gens, il faut aussi veiller à la suite des choses…

Ces trois dernières années, Alexandra Champagne a donné plusieurs heures de son temps à l’organisme Lien-Partage. Sa tâche: passer un après-midi par semaine auprès d’une dame âgée afin de permettre à ses proches de souffler un peu. Si les contacts ont été difficiles au début – la dame en question ne voulait rien savoir de cette parfaite étrangère qui pénétrait dans son intimité – tout est rentré dans l’ordre ensuite. Même que la jeune bénévole et la vieille dame ont fini par se trouver un intérêt commun, effectuant des travaux de couture côte à côte durant de longues heures.

«J’aime la simplicité des relations avec les personnes âgées, dit-elle. Cela m’attriste beaucoup qu’elles soient mises de côté dans notre société. Elles ont pourtant droit à une qualité de vie comme tout le monde.» Ce n’est pas par hasard si sa thèse de doctorat porte sur l’anxiété chez les personnes âgées, un état sous-diagnostiqué chez ce groupe, à son avis. «Il s’agit d’un problème dont on parle peu, comme si ça n’existait pas ou que ça n’avait pas d’importance», déplore la jeune femme.

Le bénévolat prend plusieurs formes chez Alexandra Champagne. Elle siège ainsi depuis peu au conseil d’administration de l’Association canadienne pour la santé mentale. Elle a organisé un colloque sur la santé mentale et le vieillissement, lors du dernier congrès de l’Acfas. Récemment, des personnes âgées vivant en résidence lui ont demandé de venir leur parler de la dépression chez les aînés. Une invitation que cette future psychologue s’est empressée d’accepter.

«Si tout le monde s’impliquait dans une cause qui lui tient à cœur, il n’y aurait pas de causes délaissées, estime-t-elle. Je suis convaincue qu’il existe une cause pour chaque personne. Il suffit de la trouver. Qu’est qui nous fait tripper dans la vie? C’est de ce côté-là qu’il faut chercher.»

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Alexandra Champagne, lauréate du prix Hommage Bénévolat-Québec 2013 et du prix Personnalité 1er cycle au concours Forces AVENIR.

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