Le Musée québécois de culture populaire avait l’air d’une fourmilière, du 6 au 8 février, pour le 2e Festi’O’Muse. Venus des quatre coins de la province, 25 étudiants en muséologie avaient comme mandat de trouver des solutions à des problèmes soulevés par la direction. Ils disposaient de 60 heures pour lui proposer de nouvelles façons de penser, de vivre et de visiter le Musée. Un véritable marathon créatif, avec cahiers de notes et café à profusion!

Les établissements d’enseignement étaient divisés en petites équipes qui travaillaient chacune sur un problème. La délégation de l’Université Laval était composée de Sabrina Deschênes, d’Aurélia Ducrot, de Joaquim Caldas, de Karell Larocque et de Claire Dumoulin, tous étudiants ou récemment diplômés du diplôme d’études supérieures spécialisées en muséologie. Différents experts, dont la chargée de cours Dominique Gélinas, étaient sur place pour aider les participants et alimenter leurs réflexions.

Un groupe, par exemple, devait réfléchir à des façons d’embellir à peu de frais la façade extérieure du Musée. «A priori, le Musée est massif, gris, peu attrayant. C’est pourtant un musée ludique, qui n’est pas du tout élitiste; il fallait dynamiser le bâtiment pour le rendre plus accueillant», explique Claire Dumoulin, qui participait à ce projet. À l’aide de photos et de croquis, son équipe a proposé de placer une enseigne et des bannières au-dessus de la porte d’entrée, de décorer les colonnes extérieures de toiles lumineuses et de changer la position d’une oeuvre d’art public.

Une autre équipe devait trouver des façons de diversifier l’expérience de visite dans la Vieille prison, qui fait partie du complexe muséal. Classée monument historique, cette ancienne prison propose des visites guidées qui permettent de découvrir les cellules, les cachots et les conditions de détention de l’époque. La direction du Musée est à la recherche d’un concept de visite autonome destiné au grand public. La solution de nos étudiants? Créer un parcours interactif, à l’aide de lunettes ou de casques immersifs. Plongé dans la peau d’un gardien de prison, le visiteur pourrait ainsi déambuler, à sa guise, dans le bâtiment tout en découvrant son histoire. Des dispositifs technologiques feraient appel à l’ouïe ou à l’odorat, comme des appareils diffusant des sons d’ambiance ou distillant une odeur de rouille et d’humidité.

La responsable des communications, diffusion et développement des publics du Musée québécois de culture populaire, Claire Pourde, s’est dite impressionnée par la qualité des propositions qu’elle a entendues. «C’était bien de voir de jeunes muséologues se pencher sur nos problèmes quotidiens. Nous avons eu d’agréables surprises. Les avenues qu’ils ont explorées sont très intéressantes, et il y a certainement des propositions que nous allons reprendre», dit-elle.

Mettant de côté tout aspect de compétition, le Festi’O’Muse vise avant tout à créer des ponts entre les étudiants en muséologie. Outre l’Université Laval, les participants provenaient cette année de l’Université de Montréal, de l’Université du Québec à Trois-Rivières, de l’Université du Québec en Outaouais, de l’Université du Québec à Montréal et du Collège Montmorency. «Il existe douze programmes de muséologie au Québec, mais il n’y avait aucun événement rassembleur dans le domaine. Nous avons fondé le Festi’O’Muse pour donner l’occasion aux étudiants de se rencontrer et d’échanger. Comme c’est un petit milieu, ils seront appelés à travailler ensemble. L’événement leur permet d’établir tout de suite un réseau de relations», souligne la coorganisatrice du Festi’O’Muse, Noémie La Rue Lapierre.

Pour Aurélia Ducrot, qui faisait partie de la délégation de l’Université, il est essentiel de repenser le musée avec ses pairs. Celle qui travaille comme professionnelle de recherche au Laboratoire de muséologie et d’ingénierie de la culture voit dans les technologies un support idéal pour intéresser de nouveaux publics. «De plus en plus de gens sont en contact avec les nouvelles technologies. Les musées sont obligés de s’adapter à cet environnement s’ils veulent continuer à attirer des publics.» D’où l’importance, ajoute-t-elle, du Festi’O’Muse, qui permet un échange d’expertises et de points de vue.

Le lieu et la date du prochain Festi’O’Muse seront annoncés le printemps prochain. Pour suivre les activités de l’organisation: festiomuse.wordpress.com / festiomuse@gmail.com.