La fumée de vapotage a des effets néfastes sur des cellules essentielles à la formation de tissu osseux autour des implants dentaires. C’est ce que démontre une étude publiée dans le Journal of Oral Implantology par une équipe de recherche de la Faculté de médecine dentaire et du Groupe de recherche en écologie buccale (GREB) de l’Université Laval. Les chercheurs estiment que la fumée de vapotage pourrait donc, tout comme la fumée de cigarette, contribuer à l’échec de la pose d’implants dentaires.

L’ancrage des implants et leur intégration aux mâchoires dépendent de cellules appelées ostéoblastes, rappelle le responsable de l’étude, Mahmoud Rouabhia. Ces cellules travaillent en groupe pour assurer la synthèse de la matrice osseuse et sa minéralisation. «Les ostéoblastes jouent un rôle clé dans l’ostéointégration du pivot de titane d’un implant dentaire», résume le chercheur.

On savait déjà que la fumée de cigarette affectait le taux de réussite des implantations dentaires. Afin de déterminer si la fumée de cigarette électronique pouvait, elle aussi, contribuer à ces échecs, les chercheurs ont cultivé des ostéoblastes in vitro sur de minuscules disques de titane. Après 24 heures, ces cultures ont été placées dans de petites chambres où les chercheurs les ont exposées une fois par jour, pendant quelques minutes, soit à la fumée de cigarette électronique, avec ou sans nicotine, ou à la fumée de cigarette.

Les résultats montrent qu’une seule exposition de 30 minutes à l’une des trois fumées réduit de près de moitié l’abondance des ostéoblastes qui adhèrent aux disques de titane. Après trois expositions de 30 minutes réparties sur trois jours, les ostéoblastes sont environ quatre fois moins abondants dans les cultures exposées aux trois fumées que dans les cultures témoins. L’effet est moins prononcé pour la fumée de vapotage sans nicotine, mais les ostéoblastes sont tout de même deux fois moins abondants que dans les cultures témoins.

«La fumée de la cigarette électronique semble nuire au contact entre les ostéoblastes et le titane. De plus, nos résultats montrent que cette fumée réduit la production de ciment par ces cellules. Cela suggère que les implants pourraient mal s’intégrer à l’os immédiatement après l’intervention et que leur ancrage pourrait être compromis à plus long terme», avance le professeur Rouabhia.

Cette étude ne constitue pas une démonstration directe d’un lien entre le vapotage et l’échec de la pose d’implants dentaires, reconnaît le chercheur. «Toutefois, par mesure de précaution, les dentistes et leurs patients qui vapotent doivent considérer que la fumée de vapotage est, tout comme la fumée de cigarette, un facteur de risque d’échec dans l’intégration et la rétention des implants dentaires.»

Les autres auteurs de l’étude sont Humidah Alanazi, Hyun Jin Park et Reginaldo Bruno Gonçalves, de la Faculté de médecine dentaire et du GREB.