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Volume 45, numéro 7 | 8 octobre 2009

Divers

Ingénieur sans frontières

Maxim Fortin, étudiant en génie des eaux, revient d’un stage de quatre mois au Burkina Faso

Par Yvon Larose

Le Burkina Faso. Les Nations Unies classent ce petit pays d’Afrique de l’Ouest parmi les plus pauvres du monde. Les quatre cinquièmes de la population active vivent de l’agriculture. En milieu rural, 9 ménages sur 10 n’ont pas accès à une latrine. «20 % des enfants de ce pays meurent avant l’âge de 5 ans et environ 40 % de ces décès sont reliés à des maladies véhiculées par l’eau», explique Maxim Fortin, étudiant en troisième année du programme de génie des eaux et coprésident de la section Université Laval (ISF-Laval) d’Ingénieurs sans frontières Canada (ISF-Canada). ISF-Canada est une organisation non gouvernementale (ONG) qui fait la promotion du développement humain par l’accès à la technologie.

De mai à août 2009, Maxim Fortin a effectué un stage pour ISF-Canada dans une ONG d’Ouagadougou, SOS Sahel International-Burkina Faso. «Dans ce pays, souligne-t-il, ISF-Canada veut apporter un impact durable, non seulement par des réalisations physiques mais aussi par un changement organisationnel sur le terrain pour améliorer la qualité de l’aide.» Avec l’équipe d’ISF-Canada sur place et des gestionnaires de SOS Sahel International-Burkina Faso, ce dernier a collaboré à la conception de modules de formation spécifiques, de guides et d’outils d’autoévaluation pour les travailleurs de terrain dans le secteur de l’eau et de l’assainissement. Appelés animateurs, ceux-ci constituent le lien direct entre les ONG et les populations locales.

Au Burkina Faso, c’est souvent par de petits forages équipés de pompes manuelles que les citoyens ont accès à l’eau dans les nappes souterraines. «Le grand défi pour une ONG, affirme Maxim Fortin, est de s’assurer que ces pompes vont toujours fonctionner deux ans, trois ans ou même cinq ans après l’installation. Des centaines de milliers de pompes sont déjà en place, sauf qu’elles sont en panne depuis plusieurs années. À l’heure actuelle, 30 % des points d’eau sont hors d’usage à l’échelle nationale.» C’est dans ce contexte que le rôle des animateurs devient crucial. Pourtant, les formations offertes sont rares, il y a peu de suivi sur le travail des animateurs et leur performance est rarement évaluée. La stratégie d’appui aux animateurs, basée sur les modules, guides et outils réalisés, est présentement à l’essai sur un important projet d’eau et d’assainissement.

Le stage a permis à Maxim Fortin de préciser son avenir. Le rythme de vie au Burkina Faso, l’accueil qu’il y a reçu et les défis professionnels «absolument incroyables» qu’on y trouve font qu’il se voit très bien vivre et faire carrière dans ce pays.

ISF-Laval compte près de 25 membres actifs (http://ulaval.ewb.ca). Chaque année, ces étudiants font de gros efforts pour sensibiliser la population de la région de Québec aux réalités africaines. En 2008-2009, 500 jeunes du primaire et 1 100 jeunes du secondaire ont assisté aux ateliers de sensibilisation sur la pauvreté donnés gratuitement dans les écoles. «Ce qui m’attire le plus chez ISF, indique Maxim Fortin, est la remise en question constante de nos approches ou stratégies pour pouvoir toujours s’améliorer et avoir le plus d’impact possible.» Sa passion pour l’eau remonte à l’enfance. «J’ai toujours été le petit garçon qui rentrait détrempé à la maison parce qu’il avait construit un petit barrage dans le ruisseau du coin, ou parce qu’il s’était mis le pied au mauvais endroit!», raconte-t-il. Son plan de carrière? «Changer le monde pour le mieux et laisser ma trace.»

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