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Volume 53, numéro 2 | 7 septembre 2017

Société

Un jardin aux accents pharmacologiques

Le Carré de l’apothicairesse, aménagé dans la cour carrée du Monastère des Augustines, donne un aperçu des plantes médicinales utilisées jadis par nos ancêtres

Par Matthieu Dessureault

Oubliez les inhalateurs pour traiter l’asthme! À l’époque de la Nouvelle-France, les feuilles de fougère étaient transformées en sirop pour soulager les symptômes de cette maladie respiratoire. L’adiante du Canada était si efficace qu’il est devenu très populaire en Europe. Il s’agit de l’une des plantes médicinales que l’on peut voir au Carré de l’apothicairesse, un espace aménagé par le Jardin universitaire Roger-Van den Hende. Ce projet est le résultat d’une collaboration entre le Monastère des Augustines, l’Université Laval et des représentants de la Nation huronne-wendat.

Ouvert au grand public depuis cet été, le jardin vise à souligner le 400e anniversaire de l’arrivée de l’apothicaire Louis Hébert en Nouvelle-France ainsi que l’apport des religieuses qui ont fondé l’Hôtel-Dieu. Le Carré de l’apothicairesse réunit une variété de plantes médicinales utilisées à leur époque. Celles-ci ont été minutieusement choisies par Alain Asselin, professeur retraité du Département de phytologie et auteur de moult ouvrages sur le sujet. «En tout, 12 plantes issues du Nouveau Monde et 10 de l’Ancien Monde ont été semées. Leur choix a été fait pour montrer des usages ou des phénomènes particuliers qui étonneront certainement le visiteur», explique celui qui a contribué à former les guides du Monastère.

De la rhubarbe utilisée comme laxatif, du houblon pour favoriser le sommeil, l’ancolie du Canada pour traiter les ulcères de la gorge, la sanguinaire pour cesser de cracher du sang… Aux 17e et 18e siècles, la botanique jouait un rôle important dans les soins apportés aux malades. Diverses parties des végétaux, comme les racines, les graines et les fleurs, étaient utilisées. Au contact des Amérindiens, Louis Hébert et d’autres colons européens ont découvert des plantes médicinales aux vertus insoupçonnées.

 

Une collaboration écrite dans le ciel

Tout l’été, des horticulteurs et des étudiants de la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation ont contribué à l’entretien du site. Pour la coordonnatrice du Jardin Roger-Van den Hende, Marie-Pierre Lamy, il était tout naturel de prendre part à ce projet. «Notre unité est toujours intéressée à participer à des projets où notre expertise est demandée. Ce type de collaboration est formateur pour les employés et les étudiants. De plus, c’est une très belle visibilité pour la Faculté. Au Jardin, l’une de nos missions étant la formation et l’enseignement, ce type d’initiative s’intègre parfaitement dans nos valeurs. Ce sont des projets de cette nature qui motivent nos équipes.»

En plus du Carré de l’apothicairesse, le Jardin Roger-Van den Hende a aménagé un autre espace, cette fois sur son propre site, pour rendre hommage au métier d’agriculteur de Louis Hébert. On retrouve dans ce potager plusieurs plantes maraîchères et comestibles, dont certaines espèces cultivées par les Amérindiens avant l’arrivée des Européens, comme le maïs, la courge et le topinambour.

Le Carré de l’apothicairesse est ouvert au public jusqu’au 30 septembre.

Monastère des Augustines  

Jardin Roger-Van den Hende

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