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Volume 53, numéro 26 | 3 mai 2018

Arts

La danse dans la peau

Danseuse professionnelle, Geneviève Duong effectue un baccalauréat en sciences historiques et études patrimoniales pour mieux positionner cette forme d'art dans la société

Par Matthieu Dessureault

Très riche, le milieu de la danse contemporaine à Québec compte parmi ses fiers représentants Geneviève Duong. Que ce soit comme chorégraphe ou comme interprète, elle a participé à la création de plusieurs œuvres. On l’a vue, entre autres, dans des spectacles présentés par La Rotonde et Code Universel. Elle a aussi participé à la cinquième mouture de la production Les chemins invisibles du Cirque du Soleil et, plus récemment, à une installation chorégraphique du Fils d’Adrien danse au pavillon Pierre-Lassonde.

Depuis l’automne dernier, elle est inscrite au baccalauréat en sciences historiques et études patrimoniales. Son but est d’acquérir des connaissances pour mieux faire rayonner son milieu de travail. «Il faut dire que la danse accuse un certain retard par rapport au patrimoine. J’aimerais faire des ponts entre ces deux univers et trouver des façons d’inciter les artistes et les artisans en danse à réfléchir au legs qu’ils veulent laisser aux prochaines générations», explique-t-elle.

Déjà, elle tisse des liens auxquels elle n’aurait pas pensé. «Un de mes premiers cours portait sur les hommes préhistoriques; cela m’a permis de mieux comprendre les mécanismes anatomiques du corps humain. C’est drôle à dire, mais il y a beaucoup de parallèles à faire entre ma pratique et les théories empruntées dans les différentes sciences historiques. J’espère m’outiller afin d’être en mesure de mieux positionner une vision de la danse dans la société.»

Née d’une mère québécoise et d’un père vietnamien, Geneviève Duong est tombée toute petite dans la marmite de la danse. Dès l’âge de trois ans, elle suivait des ateliers d’initiation à la danse. Adolescente, elle rêvait d’en vivre. Se fiant à la raison plutôt qu’à son cœur, elle s’est plutôt tournée vers des études en sciences infirmières à l’Université McGill. «Mon père, qui a immigré à l’époque des boat people, a toujours eu un regard pragmatique. Pour lui, une carrière artistique n’était pas une option pour apporter du pain et du beurre sur la table, ce qui explique mon parcours scientifique. À travers les études, toutefois, la danse a toujours fait partie de ma vie. En 2009, j’ai fait le choix de réorienter ma carrière et de me lancer tête première dans ce milieu», raconte-t-elle.

Depuis sa sortie de l’École de danse de Québec en 2012, Geneviève Duong n’a pas chômé. Elle a participé à des résidences de recherche et de création et a organisé des activités de médiation. En plus de sa pratique artistique, elle s’implique comme enseignante auprès de la relève. Que ce soit dans les écoles ou avec la troupe de danse Gestuel de l’Université Laval, elle accompagne les danseurs dans leur processus créatif. «Pour moi, la danse est avant tout un art de partage. L’enseignement fait donc partie de l’art chorégraphique. Il s’inscrit dans ma démarche artistique au même titre que mes chapeaux de chorégraphe et d’interprète, auxquels je peux maintenant ajouter celui de chercheuse en sciences historiques et patrimoniales.»

Penser que Geneviève Duong ralentit le rythme de la production parce qu’elle est aux études serait bien mal la connaître. Entre autres projets, elle prépare une installation performative avec l’artiste visuel André Dubois, à voir cet été à l’îlot des Palais. Il s’agit d’un projet mené en collaboration avec la Société du patrimoine urbain de Québec. Elle participe aussi à la création d’un spectacle multidisciplinaire de l’Orchestre symphonique de Gatineau pour souligner les 30 ans du décès de Félix Leclerc. Ce concert sera présenté en avril 2019.

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Régulièrement, la chorégraphe Geneviève Duong exerce les fonctions de mentor pour la relève. On la voit ici en répétition pour la pièce Métamorphoses, présentée en avril au Complexe Méduse par Gestuel, la troupe de danse de l'Université Laval.

Photo: Elias Djemil

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