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Volume 54, numéro 6 | 15 octobre 2018

La marche du temps

Le nombre de Canadiens qui utilisent une aide technique à la marche a doublé en dix ans

Par Jean Hamann

Le vieillissement de la population s’exprime sous différentes formes dont l’une est de plus en plus visible dans nos rues: le nombre de personnes qui utilisent une aide technique pour marcher est en hausse. En fait, ce nombre aurait doublé au cours de la dernière décennie, révèle une équipe de la Faculté de médecine dans une étude qui vient de paraître dans la revue Physical Therapy.

En 2004, le nombre de Canadiens de 15 ans ou plus qui utilisaient une canne, un bâton de marche, des béquilles, une marchette ou un ambulateur pour se déplacer atteignait 540 000. Cette estimation n’incluait pas les personnes vivant dans les résidences de personnes âgées ou dans les centres d’hébergement et de soins de longue durée. Les chercheurs Caroline Charette, Krista Best et François Routhier, du Département de réadaptation et du Centre interdisciplinaire de recherche en réadaptation et en intégration sociale, et Emma Smith et William Miller, de l’Université de la Colombie-Britannique, ont voulu rafraîchir ces données afin de prendre la mesure de l’évolution des problèmes de marche au pays.

À l’aide des données provenant de l’Enquête canadienne sur l’incapacité, réalisée entre septembre 2012 et janvier 2013 par Statistique Canada, les chercheurs ont établi que le nombre de personnes utilisant au moins une aide à la marche avait grimpé à 1,13 million, soit 4,1% de la population de 15 ans et plus (2,9% au Québec). De ce nombre, environ 962 000 personnes ont recours à une canne, un bâton de marche ou des béquilles alors que plus de 465 000 utilisent une marchette ou un ambulateur. Environ 300 000 Canadiens font appel à plus d’une aide à la marche.

En théorie, les aides à la marche facilitent les déplacements en réduisant la charge appliquée sur des jambes faibles ou douloureuses. De plus, elles aident à maintenir l’équilibre et réduisent ainsi les risques de chutes. En pratique, des études ont révélé que les deux tiers des utilisateurs de canne ou d’ambulateur ont décidé de leur propre chef ou à la suggestion de leurs proches d’utiliser une aide à la marche. Le résultat: à peine un sur cinq a reçu des indications sur la bonne façon d’en faire usage, la moitié n’a pas une canne de la bonne longueur, le quart tient sa canne de la mauvaise main et le tiers fait un transfert de poids inadéquat qui provoque un boitillement. «L’utilisation d’une aide à la marche inappropriée ou mal ajustée peut entraîner des douleurs, des blessures ou des chutes», souligne Caroline Charette.

La prévalence croissante des personnes recourant à des aides à la marche met en lumière la nécessité d’offrir des services pour mieux répondre à leurs besoins, estime l’étudiante-chercheuse. «Il faut s’assurer que les gens utilisent une aide technique adaptée à leurs besoins, qu’elle soit bien ajustée et qu’ils sachent quand et comment y avoir recours.» Une consultation en physiothérapie ou en ergothérapie suffit pour réaliser une évaluation globale de la mobilité d’une personne, pour cerner ses besoins et pour faire l’essai ou l’ajustement d’une aide technique à la marche.

Conserver la capacité de se déplacer sur ses jambes en dépit du passage des ans est primordial pour les personnes âgées. «Une mobilité réduite conduit à une réduction de la participation à la vie sociale, à l’isolement, à une réduction de l’estime de soi, au stress et à une dépendance accrue envers les proches. La marche procure tellement des bienfaits physiques et psychologiques qu’il faut se donner les moyens d’en profiter pleinement», conclut Caroline Charette.

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Une aide technique à la marche comme une canne permet aux personnes âgées de conserver leur autonomie. Toutefois, si cette aide est mal adaptée aux besoins de la personne ou si elle est mal utilisée, les risques de douleurs, de chutes et de blessures augmentent.

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