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Volume 52, numéro 13 | 21 décembre 2016

Actualités UL

La table est mise

Une équipe d'étudiants de l'Institut du patrimoine culturel du Département des sciences historiques a organisé un atelier de cuisine syrienne destiné aux élèves du primaire

Par Renée Larochelle

S’il existe un sujet qui a le pouvoir de rapprocher les gens et de délier les langues, c’est bien la cuisine. Qu’on en discute, qu’on la fasse ou qu’on la goûte, la cuisine possède ce pouvoir magique d’abolir les distances et de créer des liens.

C’est dans cet esprit qu’une équipe d’étudiants membres de l’Institut du patrimoine culturel (IPAC), dirigé par Habib Saidi, professeur au Département des sciences historiques, a organisé en novembre un atelier de cuisine syrienne destiné aux élèves de l’école primaire de la Pléiade de Beauport, en partenariat avec la Commission scolaire des Premières-Seigneuries et le centre communautaire Le Pivot. Pour les responsables du projet, cette école fréquentée par plusieurs enfants syriens offrait un espace de partage et d’intégration idéal, autant pour les nouveaux venus que pour leurs camarades québécois. En organisant une dégustation de baklavas et autres délicieuses pâtisseries préparées à partir de recettes ancestrales, on souhaitait également alimenter les esprits: durant quelques heures, les mamans cuisinières ont bavardé avec quelques élèves de 2e année de ce pays dévasté par la guerre qu’elles ont quitté dans l’espoir d’une vie meilleure.

«Les femmes nous ont parlé de la situation géographique et du patrimoine de la Syrie, mais aussi des épreuves qu’elles ont traversées avant d’arriver au Québec», explique Mourad Boussetta, qui a servi d’interprète entre la classe et les mères syriennes. Coordonnateur du projet et doctorant en ethnologie et patrimoine, il souligne que le sentiment de fierté émanant des enfants syriens de la classe faisait plaisir à voir. Catherine Charron, étudiante à la maîtrise en ethnologie et patrimoine, a eu la même impression. «C’est un projet extrêmement riche qui redonne du pouvoir aux gens, soutient-elle. Les mères nous ont dit qu’elles ont accepté de participer au projet principalement pour aider leurs enfants à s’intégrer au Québec. C’était très touchant d’écouter leurs témoignages. Elles nous ont beaucoup appris non seulement sur leur savoir-faire culinaire, mais aussi sur leurs expériences sur le plan humain.»

En fait, ces quelques moments en classe suivis d’une dégustation de collations typiquement syriennes n’ont représenté que la pointe de l’iceberg du projet qui a débuté en septembre. Pendant plusieurs semaines, l’équipe d’étudiants a rencontré les femmes participantes au centre communautaire Le Pivot pour jaser recettes et cuisine. Ces rencontres ont permis de nouer des liens que les participants ne sont pas près d’oublier. La table est mise pour une meilleure compréhension des uns et des autres, en quelque sorte…

L’équipe de quatre étudiants ayant participé au projet était dirigée par le professeur Habib Saidi. «Ce genre d’activités vise à ce que le patrimoine devienne un espace de rencontre et d’intégration, dit le professeur. Comment amener les immigrants à s’ouvrir à la communauté locale? Qu’est-ce qui distingue un pays d’un autre? C’est le genre de questions qui nous a incités à faire découvrir le patrimoine des réfugiés syriens à des élèves du primaire.»

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En organisant une dégustation de baklavas et autres délicieuses pâtisseries préparées à partir de recettes ancestrales syriennes, les étudiants à l'origine du projet souhaitaient également alimenter les esprits: durant quelques heures, les mamans cuisinières ont bavardé avec quelques élèves de 2e année du primaire de ce pays dévasté par la guerre qu'elles ont quitté dans l'espoir d'une vie meilleure.

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