Mario Saint-Amand nous a donné rendez-vous au café étudiant Fou AELIÉS. L’entrevue est à peine commencée que déjà, notre voisin de table se retourne pour lui adresser la parole. «Pardon de vous interrompre, mais j’ai reconnu votre voix. Vous avez marqué mon enfance! Vous étiez extraordinaire dans le rôle de l’inspecteur AZ.» Le comédien, tout sourire, se prête au jeu de la poignée de main et du selfie, comme il a dû le faire des centaines de fois durant sa carrière.

Si plusieurs s’étonnent de croiser Mario Saint-Amand sur le campus ces jours-ci, c’est parce qu’il a entamé des études au Département d’anthropologie. Depuis cet automne, il effectue un certificat en études autochtones avec l’intention de se tourner ensuite vers le droit. À l’origine de ce changement de cap, une profonde remise en question l’a emmené à vouloir mieux comprendre l’histoire des Premières Nations. «Je suis né à Sept-Îles. Toute mon enfance, j’ai côtoyé des amis autochtones, à tel point que j’ai développé un fort sentiment d’appartenance pour leur culture. De plus en plus, la société est à l’écoute des peuples autochtones, mais la plupart des gens, moi inclus, n’ont pas les outils pour répondre à leur volonté d’être entendu et d’être compris», affirme-t-il.

Par ses études, il veut approfondir ses connaissances sur les réalités de ces communautés. «L’an dernier, pour mon 50e anniversaire, je me suis dit que le plus beau cadeau que je puisse me faire, c’est d’aller chercher des outils à l’université. Dans quel but précisément? Je l’ignore, mais je sais une chose: je serai outillé. Et puis il n’y a pas d’âge pour apprendre et ouvrir ses horizons!»

Retourner aux études après plus de 30 ans d’absence sur les bancs d’école est un choix qui comporte son lot de défis. Pour se donner une chance, le comédien a fait appel à des professionnels. «À l’Université Laval, on est tellement bien entouré, que ce soit par le Centre d’aide aux étudiants ou par les professeurs de notre programme. J’utilise toutes les ressources qui sont mises à ma disposition. Je reçois aussi des conseils d’une amie, une passionnée des études qui effectue son troisième baccalauréat.»

Fier de faire partie de cette «grande famille de 45 000 étudiants», comme il se plaît à le dire, l’artiste vit à fond sa nouvelle situation. Chaque jour, il enfourche son vélo pour venir étudier sur le campus. Grand adepte de la course à pieds, il s’entraîne au PEPS et compte bien participer à toutes les compétitions de l’Université.

Été comme hiver, Mario Saint-Amand pratique la course. Ce sport lui donne confiance en ses capacités et lui procure un précieux équilibre. «La course, c’est ce qui me tient au-dessus de la mêlée. Lorsque je mets mes espadrilles et je pars, je me sens vivant. Après, je peux m’attaquer à d’autres tâches. Je peux mettre le nez dans mes livres et adopter une attitude proactive pour l’apprentissage.»

Visiblement, l’étudiant est épanoui. «Je suis sur mon X. Je me couche tous les soirs en me disant que j’ai appris quelque chose et en sachant que je continuerai d’apprendre le lendemain», conclut-il.