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Volume 53, numéro 7 | 12 octobre 2017

Arts

Quand l’apprentissage passe par le plaisir

Les comptines s'avèrent un outil efficace pour développer les capacités langagières des enfants, comme le démontre un ouvrage qui paraîtra bientôt aux Éditions Passe-Temps

Par Matthieu Dessureault

Qui n’a jamais utilisé une mélodie pour mémoriser l’alphabet? Il est prouvé que la musique peut aider à consolider les apprentissages. Des comptines pour apprendre, c’est le titre d’un ouvrage novateur qui regroupe des textes et des structures rythmiques pour contribuer au développement langagier des tout-petits. Accompagné d’un CD, ce livre est destiné aux parents, aux éducateurs, aux enseignants, aux orthopédagogues, aux orthophonistes, bref à tous ceux qui travaillent avec des enfants d’âge préscolaire.

Ce projet est une initiative de Jonathan Bolduc, professeur à la Faculté de musique, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en musique et apprentissages et directeur du laboratoire Mus-Alpha. «Le but, dit-il, était d’offrir des comptines et des jeux de mots basés sur le rythme pour stimuler le développement du langage. Il a été démontré que plus l’enfant réalise ce type d’exercices, meilleures seront ses chances d’apprendre à segmenter des mots en syllabes, entre autres. Les syllabes sont la porte d’entrée principale dans le développement du langage chez l’enfant d’âge préscolaire.»

Testées auprès d’une centaine d’enseignants, les comptines racontent des histoires mettant en scène des animaux. Dans le livre, on retrouve des illustrations et les textes des chansons. Le CD, en plus de réunir du matériel pédagogique, comprend trois versions sonores de chaque comptine: une version rythmique ralentie, une version rythmique a tempo et une autre sans paroles.

Chaque comptine comprend des mots à une et à plusieurs syllabes, des mots qui riment et d’autres débutant par le même son. Elle contient aussi un verbe inventé, ce qui permet aux enfants de s’amuser à deviner le sens de ce mot et à justifier sa signification. «Pour un enfant qui présente des troubles langagiers, le fait d’avoir des mots inconnus ou inexistants permet de savoir ce qu’il connaît de la langue et ce qu’il ne connaît pas. Il est plus facile pour lui de segmenter un mot en syllabes s’il n’a pas de signification. Par exemple, pour plusieurs enfants, le mot “bateau” possède plus de syllabes que le mot “coccinelle”, mais cette perception est basée sur une représentation mentale de la chose, l’insecte étant plus petit», souligne le chercheur.

Pour les besoins de son projet, ce spécialiste de l’éducation musicale a fait appel à l’orthophoniste Pascal Lefebvre, de l’Université Laurentienne à Sudbury. Il parle d’un «heureux mariage» entre leurs domaines de recherche respectifs. «En orthophonie et en musique, on parle le même langage, sans utiliser les mêmes mots. Il y a tellement de liens à faire entre ces deux univers, ne serait-ce que sur la structure des mots et la segmentation. On sait que le langage et la musique stimulent des zones connexes du cerveau. C’est pourquoi plusieurs enfants qui sont faibles en langage le sont aussi en musique, et vice-versa.»

L’ouvrage Des comptines pour apprendre sera lancé en marge du 36e Congrès de l’Association d’éducation préscolaire du Québec, qui aura lieu à Sherbrooke les 2, 3 et 4 novembre.


comptines-couverture
L’ouvrage Des comptines pour apprendre résulte d’une collaboration entre Jonathan Bolduc, professeur à la Faculté de musique, et Pascal Lefebvre, chercheur en orthophonie à l’Université Laurentienne à Sudbury.

Ordre des enseignantes et des enseignants de l'Ontario

Pour Jonathan Bolduc, qui a travaillé dans le milieu scolaire avant d'être un chercheur universitaire, la musique est une belle façon de permettre aux enfants d'intégrer le monde du langage et de la lecture.

Photo: Ordre des enseignantes et des enseignants de l'Ontario

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