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Volume 53, numéro 12 | 1 décembre 2017

Actualités UL

Dans l’assiette des porcs et des volailles

Lancement d'une chaire de recherche pour étudier les stratégies alternatives d'alimentation des porcs et des volailles

Par Jean Hamann

Quelle est la caractéristique commune du porc et du poulet qui les distingue du bœuf, du mouton et de la chèvre? Contrairement à ces derniers qui sont dotés, comme les autres ruminants, d’un estomac ayant plusieurs compartiments, le porc et le poulet ont un estomac simple. Cette particularité anatomique, qui rend ces animaux monogastriques moins efficaces pour digérer la nourriture et en retirer des éléments essentiels comme le phosphore, a de nombreuses répercussions sur l’alimentation de ces animaux, sur les coûts d’élevage et sur le développement durable de ces productions. C’est justement pour aider les producteurs de porcs et de volailles à développer de nouvelles stratégies d’alimentation animale au diapason des exigences du marché et de la société qu’a été mise sur pied la Chaire de recherche sur les stratégies alternatives d’alimentation des porcs et des volailles.

Lancée officiellement le 1er décembre sur le campus, cette chaire est dirigée par Marie-Pierre Létourneau-Montminy, professeure au Département des sciences animales. Les travaux de sa chaire touchent à un sujet névralgique dans le monde agricole, comme le démontre la liste de ses partenaires: le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, les Éleveurs de porcs du Québec, les Éleveurs de volailles du Québec, le Centre de recherche en sciences animales de Deschambault et le Centre de développement du porc du Québec (CDPQ). Au total, ces partenaires investiront 1 M$ sur cinq ans en plus de fournir l’équivalent de 300 000$ en biens et services. «Cette chaire de recherche, grâce à son programme innovant et interdisciplinaire, a su fédérer les acteurs de deux grandes productions animales, en plus de permettre la création d’un effet de levier optimal», a souligné la vice-rectrice à la recherche, à la création et à l’innovation, Eugénie Brouillet.

Les stratégies d’alimentation des porcs et des volailles seront au cœur des travaux de la Chaire. «Les coûts d’alimentation représentent plus de 60% du coût total de ces productions, signale la professeure Létourneau-Montminy. Pour l’instant, l’alimentation est surtout composée de maïs et de tourteau de soya (ce qui reste de la graine une fois l’huile extraite) et les fluctuations du prix de ces matières premières se répercutent directement sur les coûts de production.»

La titulaire de la Chaire et son équipe étudieront des solutions de remplacement auxquelles les producteurs pourront avoir recours lorsque les prix du maïs et du soya sont trop élevés. «On pense, entre autres, à des coproduits de boulangerie rejetés ou invendus, aux tourteaux de canola ou à des céréales comme l’avoine et le seigle qui pourraient être produites à un prix intéressant au Québec. Il reste à définir comment ces matières premières pourraient être utilisées de façon optimale dans l’alimentation du porc et de la volaille.»

L’équipe de la Chaire examinera aussi comment l’alimentation des animaux peut aider les producteurs à composer avec les lois limitant l’usage des antibiotiques dans les élevages. «L’Europe interdit l’usage préventif des antibiotiques depuis 2006 et des mesures similaires sont envisagées au Canada, rappelle la professeure. L’amélioration du microbiote intestinal des animaux peut aider à maintenir la productivité des élevages et le bien-être des animaux. Nous allons évaluer le potentiel de différents composés tels des acides organiques, des probiotiques, des prébiotiques alimentaires comme l’avoine ainsi que des enzymes sur la santé digestive et l’incidence de maladies chez les porcs et les volailles.»

Enfin, les chercheurs étudieront l’effet d’une diminution des apports en nutriments sur la croissance des animaux. «Les besoins en nutriments ne sont pas uniformes pendant la vie d’un animal, précise la professeure Létourneau-Montminy. En ajustant la composition des aliments aux besoins réels des animaux, on s’assure d’une croissance optimale, d’une réduction des coûts d’alimentation et d’une diminution des rejets en azote et en phosphore.»

Une retombée importante des travaux de cette chaire sera la formation de spécialistes dans le domaine des productions porcine et avicole, signale la professeure. «Au cours des cinq prochaines années, au moins quatre étudiants à la maîtrise et au doctorat seront formés.» L’autre retombée importante est le partage de l’expertise qui sera développée. «Les résultats de nos travaux seront accessibles sur une plateforme Web. On y trouve déjà les résultats de travaux que nous avons menés grâce à une subvention RDC du CRSNG obtenue en 2014. Nous y ajouterons des communications scientifiques, mais aussi des textes vulgarisés à l’intention des conseillers agricoles et des producteurs.»


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Pierre Baril, directeur du Centre de recherche en sciences animales de Deschambault, André Beaudet, directeur, Les éleveurs de volailles du Québec, Eugénie Brouillet, vice-rectrice recherche, à la création et à l’innovation, Raphaël Bertinotti, directeur du Service de santé, qualité et recherche et développement, Les éleveurs de porcs du Québec, Marie-Pierre Létourneau-Montminy, titulaire de la Chaire, Jacques Faucher, directeur du Centre de développement du porc du Québec, Bernard Verret, sous-ministre adjoint au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, et Jean-Claude Dufour, doyen de la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation.
Photo: Marc Robitaille

basse cour

Les travaux de Marie-Pierre Létourneau-Montminy et de son équipe aideront les producteurs de porcs et de volailles à développer de nouvelles stratégies d'alimentation animale au diapason des exigences du marché et de la société.

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