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Volume 53, numéro 25 | 19 avril 2018

Arts

L’avenue Cartier en planches

Grâce à deux passionnés de l'Université, l'avenue Cartier fait ses premiers pas dans la réalité de la bande dessinée en réalité augmentée

Par Pascale Guéricolas

Jusqu’au 30 septembre, les passants qui arpentent cette artère commerciale très fréquentée de Québec peuvent découvrir huit panneaux, installés entre la rue Crémazie et la Grande Allée, qui racontent une histoire dessinée muette mettant en scène deux personnages. Toutefois, Les chroniques de Montcalm ne se limitent pas aux dessins accrochés sur les murs. Le récit se poursuit sur les tablettes ou les cellulaires des curieux lorsqu’ils téléchargent l’application liée à cette bande dessinée en réalité augmentée, car de nouvelles illustrations apparaissent.

«C’est une façon différente d’expérimenter la BD, explique Raymond Poirier, directeur général de Parenthèses 9, à l’origine du projet. Cela permet de faire éclater la case, de s’amuser avec la structure narrative grâce à des illustrations très proches de l’animation.» Ce chargé de communication à l’Institut technologies de l’information et sociétés (ITIS) a eu l’idée de marier ses deux passions: la bande dessinée et les nouvelles technologies. Il a parlé de son projet à Benoît Duinat, professionnel de recherche au Centre de recherche en géomatique de l’Université Laval. Très intéressé, cet expert en réalité augmentée et en modélisation urbaine 3D a donc apporté son concours technique durant ses heures de loisirs. Ses connaissances en encodage et en outils 3D ont aidé le scénariste Francis Desharnais ainsi que les dessinateurs Bach et Julien Dallaire-Charest à passer du simple dessin à la réalité virtuelle. Cette nouvelle forme d’art devrait attirer vers la BD les curieux de technologie numérique.

«Lorsque le passant pointe son cellulaire vers le panneau, il peut suivre les actions d’un des personnages, précise Benoît Duinat. Sur une des planches, par exemple, un chat perdu saute de case en case. Sur une autre, la corde à linge sur laquelle l’homme et la femme étendent leurs vêtements est volée par des oiseaux. C’est donc un mélange d’histoires fantaisistes et d’autres liées à la vie de quartier.» Ce résident de l’avenue Cartier a investi beaucoup d’efforts pour rendre l’application — disponible sur iOS et Android — facile d’accès. L’équipe a donc fait le choix de simplifier l’action des personnages pour limiter le temps de téléchargement et rendre l’application encore plus conviviale.

La réalité augmentée des panneaux dessinés donne l’occasion de grossir certains détails ou de découvrir des points de vue sur les bâtiments ou les activités du site. La parade du Carnaval, le Grand Marché aux puces en juin, le Musée national des beaux-arts du Québec et les musiciens de rue occupent, en effet, une place très importante dans le récit muet, qui fait la part belle aux escaliers, aux balcons et aux murs de briques du quartier. Les personnages, eux, évoluent en parallèle, déambulant sur l’artère commerciale pour le plaisir ou pour leurs tâches quotidiennes. Et le passant, lui? «Il voyage à la fois dans l’histoire et dans la rue, répond Raymond Poirier. C’est une façon inusitée de visiter le quartier.»

BD-augmentee-creditBD-augmentee-credit-Julien-Dallaire-Charest

Illustration de Julien Dallaire-Charest

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