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Volume 53, numéro 11 | 23 novembre 2017

Recherche

Le parcours du combattant

Les municipalités auront accès à un outil d'aide à la conception d'aménagements piétonniers adaptés à la réalité des personnes à mobilité réduite

Par Matthieu Dessureault

Pour plusieurs personnes handicapées, circuler d’un point A au point B relève du grand exploit urbain. Trottoirs trop étroits, signalisation inadéquate et rampes d’accès inexistantes font partie de leur quotidien. Stéphanie Gamache, doctorante en médecine expérimentale, s’intéresse à cet enjeu au Centre interdisciplinaire de recherche en réadaptation et intégration sociale (CIRRIS). Encadrée par les professeurs Ernesto Morales et François Routhier, du Département de réadaptation, et Marie-Hélène Vandersmissen, du Département de géographie, elle mène un projet qui vise à doter les municipalités de lignes directrices pour mieux concevoir leurs aménagements piétonniers.

Le 7 novembre, cette recherche a été récompensée par le programme L’Oréal-UNESCO pour les femmes et la science, qui vise à valoriser le travail des chercheuses. Stéphanie Gamache, aussi ergothérapeute au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Capitale-Nationale, a reçu une bourse du Fonds France-Canada pour la recherche afin de poursuivre cette étude à laquelle collaborent plusieurs partenaires.

Afin de dresser un portrait des aménagements piétonniers au Québec, l’équipe a réalisé un sondage auprès de 186 municipalités. Les réponses ont permis de déterminer les pratiques et les besoins en matière de conception. Sur 136 municipalités de moins de 15 000 habitants, seulement 41 ont un plan d’action pour assurer l’accès aux personnes présentant des déficiences physiques. «L’accessibilité est moins présente pour cette clientèle dans les petites municipalités, mais il faut savoir que les municipalités de moins de 15 000 habitants n’ont pas l’obligation d’avoir un plan d’action à l’égard des personnes handicapées. Plus la municipalité est grande, plus elle a des ressources financières et humaines et donc plus elle a de chances d’avoir de bonnes pratiques en matière d’accessibilité», résume Stéphanie Gamache, peu surprise des résultats.

Ce qui l’a étonnée, par contre, est de voir que plusieurs municipalités ont mis en place des infrastructures pour les personnes ayant des déficiences motrices, mais presque rien pour celles qui ont une déficience visuelle ou auditive. «Il peut arriver que l’on ait, par exemple, de très bonnes pratiques pour l’accès en fauteuil roulant, mais pas nécessairement pour les autres clientèles, ce qui fait qu’il y a de la discrimination. Les gens ayant des déficiences visuelle et auditive sont souvent très peu considérés dans la conception d’aménagements», ajoute-t-elle.

Des groupes de discussion, réunissant des représentants municipaux et de sociétés de transport en commun, des chercheurs, des cliniciens et des personnes à mobilité réduite, ont mis en lumière l’importance d’avoir des outils d’aide à la conception. «De plus en plus, les gens sont sensibilisés à la réalité de ces utilisateurs, mais ils n’ont pas nécessairement les connaissances suffisantes pour bien comprendre leurs besoins. L’outil que nous sommes en train de développer permettra à ceux qui sont impliqués dans le processus de conception, les gestionnaires comme les contremaîtres et les employés sur le chantier, de s’y référer selon le travail qu’ils ont à accomplir.»

À terme, ce document sera diffusé par le ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l’Électrification des transports, qui finance le projet avec le Fonds de recherche du Québec – Nature et technologies et le Fonds de recherche du Québec – Santé.

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