On n’est jamais mieux servi que par soi-même! Cette maxime s’applique bien à François-Olivier Loignon. Inquiet de la disparition de plusieurs orchestres communautaires et à la suite de coupes dans le programme de musique des cadets, dans lequel il s’est impliqué durant huit ans, le jeune musicien a cofondé en janvier l’Harmonie de la relève de la capitale. Cet organisme à but non lucratif permet à une quarantaine d’adolescents de perfectionner leur maîtrise d’un instrument.

«Il existe beaucoup d’orchestres professionnels, mais il y a de moins en moins d’ensembles communautaires, se désole François-Olivier Loignon. Le but de l’Harmonie de la relève de la capitale est de permettre aux jeunes de jouer dans un environnement de haut calibre, mais qui n’est pas encore de niveau professionnel.»

Pour les besoins de ce projet, le chef d’orchestre s’est associé avec l’Harmonie de Charlesbourg. «Nous sommes en quelque sorte leur club-école. En sortant de l’école secondaire, les jeunes joignent notre ensemble, puis je les pousse vers l’Harmonie de Charlesbourg lorsqu’ils sont prêts, ce qui me permet de renouveler le bassin de musiciens.»

Sa détermination, François-Olivier Loignon l’a aussi mise au service de l’Université. La maîtrise en direction d’orchestre étant inexistante à la Faculté de musique, il a élaboré un programme sur mesure avec l’aide du chargé de cours François Dorion. La création de la maîtrise, une adaptation de celle qui existait en interprétation, a été approuvée par la direction et pourrait donner lieu à un programme plus officiel.

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François-Olivier Loignon fait partie des 65 nouveaux lauréats du Programme de bourses de leadership et développement durable (PBLDD), qui ont été honorés le 26 novembre. Chaque année, ce programme souligne l’implication et les réalisations exceptionnelles d’étudiants dans les domaines artistique, scientifique, entrepreneurial, environnemental, sportif et social/humanitaire.

Pour 2018, sept donateurs, soit CIBC, Cominar, la Fondation J.A. DeSève, la Fondation La Capitale groupe financier, Hydro-Québec, le Syndicat des professeurs et professeures de l’Université Laval et Telus, ont remis 700 000$ aux étudiants. Le soutien financier varie selon le cycle d’études et la durée du programme.

En ce qui concerne François-Olivier Loignon, la bourse lui permettra de participer à un atelier de formation en direction d’orchestre au Maine l’été prochain. «Je tiens à remercier le donateur grâce à qui je pourrai vivre cette formation à l’étranger. Il peut être difficile d’avoir du soutien financier, particulièrement pour un étudiant qui fait un programme sur mesure. C’est donc très apprécié d’avoir un coup de pouce pour m’aider à atteindre mes objectifs», se réjouit-il.

D’autres boursiers fort inspirants

Maude Cameron-Gagné — Leadership scientifique

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Maude Cameron-Gagné effectue une maîtrise en sciences pharmaceutiques tout en terminant des études au doctorat en médecine. Les résultats de ses recherches sur la chirurgie cardiaque ont fait l’objet d’articles scientifiques et ont été présentés à de nombreux congrès. Son objectif de carrière est de pratiquer la médecine dans la région de Québec tout en continuant de s’engager dans le milieu de la recherche au sein de la Faculté de médecine.

Malgré son horaire chargé, Maude Cameron-Gagné accumule les activités de bénévolat. «Mon plus grand accomplissement est d’avoir réussi à concilier mes études avec ma pratique de l’ultimate frisbee et mes nombreuses implications, dit-elle. J’ai été notamment vice-présidente aux affaires pédagogiques du Regroupement des étudiants et étudiantes en médecine de l’Université Laval.»

Elle s’implique aussi auprès des familles affectées par la mortalité infantile. «Ma grand-mère a été très impliquée dans le domaine et m’a sensibilisée dès mon jeune âge à la cause. J’avais été bouleversée lorsque j’avais appris que les enfants qui décèdent à la naissance étaient emballés dans du simple papier essuie-tout. J’ai donc pris la cause à cœur, en espérant pouvoir apaiser le deuil des familles affectées.»

Noémie Brazeau-Béliveau — Leadership environnemental

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Verdir les villes, une étape à la fois. Ainsi peut-on décrire l’objectif de Noémie Brazeau-Béliveau. Chargée de projets pour Nature Québec, elle a accompagné des citoyens dans le verdissement de leurs ruelles, en plus d’animer des tables de concertation sur le sujet. «Il s’agissait d’un beau terrain d’apprentissage où tout était à construire, se souvient l’étudiante en aménagement du territoire et développement régional. Chaque projet était différent et la dynamique entre les citoyens, par exemple lors des corvées d’entretien et d’aménagement, m’a donné envie de poursuivre dans la branche de la participation citoyenne.»

Autre expérience marquante: en 2015, l’obtention d’une bourse du Fonds Paul-Desmarais lui a permis de se rendre en Suisse afin de transmettre ses connaissances sur les arbres à des élèves d’une école primaire. «J’adore faire des ateliers auprès des jeunes. Mon expérience en Suisse avec ces enfants était très touchante. Ils ne comprenaient pas tous mon accent, mais un arbre, c’est universel, ça parle à tout le monde!»

Pierrot Hyppolite — Leadership social-humanitaire

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En 2010, un puissant séisme frappait Haïti. Travailleur social pour l’Organisation internationale pour les migrations, Pierrot Hyppolite était chargé d’aider les Haïtiens réfugiés en République dominicaine. À Anse-à-Pitres, une commune située près de la frontière, il a mis en place un système destiné à diriger ces gens vers les ressources disponibles tout en essayant de trouver des familles d’accueil pour les enfants. «C’était à l’époque des vagues de déportations massives des Haïtiens en situation irrégulière en République dominicaine. Parmi les personnes déportées, il y avait des mineurs non accompagnés qui, en raison de leur situation de vulnérabilité, étaient exposés aux risques d’abus et d’exploitation sexuels», relate-t-il.

Pour Pierrot Hyppolite, il est essentiel de se porter à la défense des personnes vulnérables. C’est pourquoi, en 2016, il a mis sur pied un projet d’alphabétisation pour les adolescents et les adultes. Aujourd’hui étudiant à la maîtrise en travail social à l’Université Laval, il souhaite consacrer sa carrière à accompagner les jeunes issus de l’immigration.

Il va sans dire que l’étudiant n’est pas peu fier de faire partie des lauréats du PBLDD 2018. «Cette bourse prestigieuse permet de mettre en valeur ma capacité de leadership, de créativité et d’organisation. De plus, elle m’incite à m’engager davantage pour le développement de ma communauté.»

Alice Stoll — Leadership sportif

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Étudiante à la maîtrise en psychopédagogie, Alice Stoll est cocapitaine du club de ski alpin Rouge et Or. Entre autres responsabilités, elle coordonne les activités de financement de l’équipe, s’assure de maintenir une bonne cohésion entre les membres et facilite l’intégration des nouvelles recrues. Pour elle, il s’agit d’une façon de donner au suivant. «Dès mon arrivée dans le Rouge et Or il y a quatre ans, j’ai été très bien accueillie et j’ai apprécié mon expérience au sein de l’équipe, notamment grâce aux différents cocapitaines. La dynamique qu’ils ont réussi à créer m’a stimulée pour continuer leurs actions.»

Avant de s’impliquer au sein du Rouge et Or, Alice Stoll a eu la chance d’accompagner l’équipe féminine de Ski Québec alpin à un camp d’entraînement des Deux Alpes pendant trois semaines. Ce stage, réalisé dans le cadre de son baccalauréat en intervention sportive, lui a permis de recevoir les conseils d’entraîneurs aguerris. En 2017 et en 2018, elle a reçu le prix David-Kreiner-Vaillancourt, décerné à l’unanimité par les entraîneurs des équipes universitaires de ski alpin du Réseau du sport étudiant du Québec.

Française d’origine, Alice Stoll pratique le ski alpin depuis l’âge de huit ans. «Ce que j’aime dans ce sport, c’est d’être en contact avec le monde extérieur, la nature, les beaux paysages avec les montagnes enneigées. C’est aussi la vitesse et la compétition!»

Elizabeth Coulombe — Leadership entrepreneurial

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Elizabeth Coulombe était étudiante au baccalauréat en design de produits lorsqu’elle a conçu un petit électroménager qui broie et sèche les résidus alimentaires domestiques. En moins de trois heures, l’appareil réduit de 90% le volume de ces résidus, ce qui permet de les transformer en engrais naturels et de réduire le volume de déchets qui prend la route de l’incinérateur.

Ce projet de design, mené avec sa complice Valérie Laliberté, a fait place à l’entreprise Tero. «Nous voulions trouver une solution innovante, agréable et accessible à la gestion des matières organiques dans les domiciles. En réalisant tout l’engouement et l’intérêt des gens autour de Tero et ayant un fort intérêt pour l’entrepreneuriat, nous avons décidé de lancer notre entreprise pour commercialiser notre produit», raconte Elizabeth Coulombe.

Le projet, dont un prototype a été exposé au Musée de la civilisation, s’est démarqué aux concours Gala Forces AVENIR et Mouvement Novae. La bourse de leadership et développement durable tombe à point nommé pour celle qui entame des études à la maîtrise en administration des affaires. «Étant étudiante à temps plein et en plein démarrage de mon entreprise, cela représente une belle aide financière qui me permettra de me concentrer davantage sur mon entreprise et mes études», se réjouit-elle.

Photos: Jean Rodier