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Volume 52, numéro 30 | 26 juin 2017

Arts

Légende vivante du 7e art sur le campus

L'Université a accueilli deux congrès catholiques d'envergure, avec comme tête d'affiche le cinéaste américain Martin Scorsese, honoré pour l'ensemble de sa carrière

Par Matthieu Dessureault

On aurait pu entendre une mouche voler, le 21 juin, au Grand Salon du pavillon Maurice-Pollack. Plusieurs centaines de personnes s’étaient déplacées pour assister à un entretien avec Martin Scorsese. Le célèbre réalisateur participait au congrès de l’Association catholique mondiale pour la communication SIGNIS. Sa présence coïncidait avec le lancement d’un autre congrès, celui de la Catholic Press Association. Les deux associations, qui réunissent des communicateurs catholiques de différents horizons, lui ont remis plus tard dans la journée un prix d’excellence cinématographique.

Quiconque connaît le parcours de Martin Scorsese ne s’étonnera pas de sa participation à l’événement. Issu d’une famille italienne catholique, le réalisateur de 74 ans n’hésite pas à mettre de l’avant ses croyances religieuses. Sa filmographie, qui comprend les plébiscités Casino, Taxi Driver et Goodfellas, reflète sa vision de la rédemption, de l’amour et du sacrifice, entre autres thèmes. «Ce qui relie mes films depuis toutes ces années est mon rapport à l’image. Il faut aller au-delà des images. Celles-ci doivent avoir une signification, spirituelle ou autre, et ne doivent pas être une distraction», a-t-il dit.

Le cinéaste a bien entendu parlé de son plus récent film, Silence, qui raconte le destin tragique de missionnaires jésuites au Japon au 17e siècle. Tout au long du tournage, et même avant, il a été conseillé par des prêtres. La discussion, animée par l’auteur Paul Elie, a également été l’occasion de revenir sur La dernière tentation du Christ, qui avait soulevé l’ire du milieu catholique à la fin des années 80. La réalisation du film n’a pas été une mince affaire. À ses producteurs, qui lui demandaient pourquoi il tenait tant à faire cette adaptation du roman de Nikos Kazantzakis, Martin Scorsese a répondu: «Parce que je veux mieux connaître Jésus! Il n’y avait rien d’autre à dire.»

Avec simplicité, le réalisateur a aussi raconté son enfance dans un quartier pauvre de New York. Asthmatique, il ne pouvait pratiquer de sport. Ses parents l’emmenaient donc au cinéma sur une base régulière. C’est là qu’il a découvert certains films américains et italiens qui l’ont marqué. «La salle de cinéma était comme un sanctuaire. J’ai compris que le cinéma pouvait affecter l’âme. Il nous imprègne et nous permet de vivre plusieurs expériences.»

En plus de cet entretien avec Scorsese, la programmation du congrès de SIGNIS comptait une série de plénières et d’ateliers. De nombreux experts du cinéma, du journalisme, de la radio, de la télévision et des nouveaux médias ont abordé divers aspects de la communication catholique. L’événement se déroulait pour la première fois à l’Université Laval sur le thème «Restons connectés pour dire l’Espérance». «L’organisme Communications et Société, qui s’occupe des communications sociales dans l’Église catholique, cherchait une institution hôte pour accueillir le congrès SIGNIS au Canada. Cela fait longtemps que l’événement n’avait pas eu lieu en Amérique du Nord. L’Université Laval avait à la fois les infrastructures et la capacité d’organiser le congrès, tout en contribuant à la réflexion de ce que pouvait être le programme», explique Gilles Routhier, doyen de la Faculté de théologie et de sciences religieuses, qui a présenté une conférence sur l’importance de l’interactivité et du dialogue dans le monde chrétien. La professeure Thérèse Nadeau-Lacour et le doctorant Denis Boivin ont également partagé leurs réflexions.

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Martin Scorsese avait été invité à discuter de son rapport au cinéma et à la religion. La rencontre, précédée de la projection du film Silence, était animée par l’auteur Paul Elie.
Photo: Elias Djemil

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Avant d'être le cinéaste que l'on connaît, Martin Scorsese voulait être prêtre. Son oeuvre, a-t-il expliqué, est fortement teintée de ses croyances religieuses.

Photo: Elias Djemil

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