Trois chercheuses de la Faculté de médecine viennent de découvrir une autre bonne raison pour réduire sa consommation de sucre. En effet, l’étude qu’elles ont menée auprès de 1555 femmes révèle l’existence d’un lien entre la consommation d’aliments et de boissons contenant du sucre ajouté et la densité mammaire, un facteur de risque du cancer du sein.

Caroline S. Duchaine, Isabelle Dumas et Caroline Diorio ont estimé la consommation de sucre dans l’alimentation des participantes en recueillant des informations sur leurs habitudes alimentaires. Les femmes devaient indiquer, à l’aide d’une liste de 161 éléments, la fréquence à laquelle elles avaient consommé divers produits au cours de l’année précédente. «Nous avons considéré le sucre ajouté dans les aliments et les boissons, précise la professeure Diorio. Nos données ne tiennent pas compte des sucres naturellement présents dans les aliments comme les fruits et les légumes par exemple.» La densité mammaire a été établie à partir d’une mammographie de chaque participante. «Cette variable ne correspond pas directement à la fermeté du sein. C’est une mesure de l’abondance relative des glandes et des canaux dans le tissu mammaire», explique-t-elle.

L’article que les trois chercheuses publient dans le dernier numéro de BMC Public Health révèle une tendance générale: la densité mammaire augmenterait en fonction de la consommation de sucre. Même si cette hausse est relativement faible – on parle de différences d’à peine trois points de pourcentage dans la densité mammaire entre les quarts inférieur et supérieur de consommation de sucre –, ils ont une portée certaine sur le risque de cancer du sein, estime Caroline Diorio. «En guise de comparaison, la prise de tamoxifène – un médicament qui prévient le cancer du sein – pendant 30 à 54 mois réduit la densité mammaire de 6 points de pourcentage, et cette baisse se traduit par une diminution de 30 à 50% des risques de cancer du sein.» La chercheuse soupçonne également que les écarts seraient plus prononcés dans des populations qui consomment davantage de sucre ajouté. Dans le groupe de femmes étudiées par les chercheuses, la moyenne de consommation de boissons sucrées était d’environ deux par semaine, ce qui est très bas comparativement à ce qui est rapporté ailleurs.

Cette étude vient ajouter un autre élément à la longue liste des maux attribués au sucre. D’ailleurs, en mars 2014, l’Organisation mondiale de la santé faisait passer de 10% à 5% la limite recommandée pour le sucre dans l’apport calorique quotidien. «Ça équivaut à six cuillérées à thé de sucre, précise la professeure Diorio. C’est vite atteint quand on sait qu’une canette de boisson gazeuse en contient dix. Comme il y a du sucre caché un peu partout, il faut redoubler d’efforts pour limiter sa consommation d’aliments et de boissons que l’on sait contenir du sucre.»