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Volume 52, numéro 26 | 4 mai 2017

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Les mots pour le dire

Une équipe du Département de réadaptation a développé une formation destinée aux bénévoles qui travaillent auprès des personnes aphasiques

Par Jean Hamann

Les difficultés que les personnes aphasiques éprouvent à comprendre et à se faire comprendre sont pour elles une grande source de frustration. Lorsqu’elles vont chercher de l’aide et du soutien dans les associations créées à leur intention, la dernière chose dont elles ont besoin est de vivre davantage de frustration parce que les bénévoles qui y travaillent s’y prennent mal pour communiquer avec elles. Pour éviter de telles situations, une équipe du Département de réadaptation et l’Association des personnes intéressées par l’aphasie et l’AVC (APIA-AVC) ont codéveloppé une formation destinée aux bénévoles qui travaillent auprès des personnes aphasiques.

Lancée officiellement le 24 avril, cette formation en ligne vient répondre à un problème commun à bien des groupes qui soutiennent les personnes aphasiques après leur hospitalisation et leur réadaptation. «Ces associations comptent souvent un seul employé, de sorte qu’elles dépendent du travail de bénévoles pour mener leurs activités, signale Laura Monetta, du Département de réadaptation. Comme le roulement des bénévoles est très élevé, l’employé doit consacrer beaucoup de temps à former les nouveaux venus. L’outil que nous avons développé permet une autoformation de base sur l’aphasie et une initiation aux stratégies de communication efficaces avec les personnes aphasiques.»

Rappelons que l’aphasie est un trouble de communication qui survient après un accident vasculaire cérébral (AVC) ou plus rarement après un traumatisme craniocérébral ou une maladie neurodégénérative. Environ le tiers des personnes qui ont eu un AVC souffriront d’aphasie. Elles éprouveront, à divers degrés, des difficultés à trouver leurs mots, à nommer des objets familiers, à construire des phrases ou à articuler correctement. D’autres parviendront difficilement à comprendre, à lire ou à écrire. «Pour des adultes qui communiquaient sans difficulté auparavant, il s’agit d’une condition handicapante et très frustrante qui conduit souvent à l’isolement, observe la professeure Monetta. Les associations de soutien et d’entraide jouent un rôle important et positif sur le plan social pour ces personnes.»

La formation destinée aux bénévoles de ces associations comprend quatre modules présentés sous forme de capsules vidéo, accompagnés de documents vulgarisés et de questionnaires d’autoévaluation. Le contenu a été développé en étroite collaboration avec Nicolas Germain-Pouin, coordonnateur de services à l’APIA-AVC, qui connaît bien la réalité du milieu. Les autres artisans de ce projet financé par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur sont Élisabeth Déry, Marie-Ève Lamontagne, Josiane Bourgeois-Marcotte et Claudia-Lynn Pelletier.

«Toutes les informations que nous présentons reposent sur des données probantes issues de travaux de recherche», souligne Laura Monetta, elle-même chercheuse dans le domaine. Pour la professeure Monetta, il s’agit d’une première expérience en transfert de connaissances du milieu universitaire vers la communauté. «Il s’agit d’un exercice difficile, mais je suis fière du produit final parce que j’ai l’impression que cette formation aidera les gens de façon concrète dans leur vie quotidienne.»

La formation est accessible gratuitement sur le site de l’APIA-AVC.

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Les personnes qui souffrent d'aphasie éprouveront, à divers degrés, des difficultés à trouver leurs mots, à nommer des objets familiers, à construire des phrases ou à articuler correctement. La formation qui vient d'être lancée présente les stratégies que les bénévoles doivent adopter pour assurer une communication efficace avec ces personnes.

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