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Volume 50, numéro 31 | 11 juin 2015

À la une

L’Institut nordique du Québec prend forme

Un forum réunissant 150 personnes a permis de mieux cerner la mission du futur institut

Par Jean Hamann

Le futur Institut nordique du Québec (INQ) suscite beaucoup d’intérêt au sein de la communauté des chercheurs, si on en juge par le nombre de participants au Forum d’information et d’échanges sur l’INQ, qui a eu lieu le 20 mai sur le campus. «Nous avions prévu que l’exercice serait "familial", mais les chercheurs se sont passé le mot et nous sommes aujourd’hui 150 personnes, dont plusieurs de l’extérieur de l’Université Laval», a souligné, en guise d’introduction, Denis Mayrand, vice-recteur adjoint au Vice-rectorat à la recherche et à la création (VRRC) et coordonnateur de la rencontre.

L’objectif de cet événement était de faire le point sur l’avancement des réflexions entourant la mission et la gouvernance de l’INQ. L’invitation avait été lancée aux partenaires du projet, notamment les chercheurs des trois universités qui collaborent à la création de l’Institut, soit l’Université Laval, l’Université McGill et l’INRS. Rappelons que le gouvernement du Québec a prévu une enveloppe budgétaire de 3 millions de dollars répartis sur trois ans, financée par le Fonds du Plan Nord, pour la mise sur pied de cet institut multidisciplinaire voué à la recherche nordique.

Invitée à dresser la toile de fond de ce grand projet, Sophie D’Amours, vice-rectrice à la recherche et à la création, a rappelé le rôle de bougie d’allumage joué par le colloque Mobilisés pour le Nord durable, qui a eu lieu à l’Université Laval en juin 2012. «Nous avons réalisé alors qu’il existait une grande expertise et une masse critique de chercheurs sur le Nord dans les universités québécoises. À l’Université Laval seulement, 140 chercheurs mènent des travaux sur des enjeux nordiques. Il y a donc un grand potentiel qui peut être mobilisé pour fournir des connaissances et de l’expertise aux gouvernements et aux communautés du Nord afin d’assurer le développement durable de ce grand territoire. De là est née l’idée d’un institut nordique. Le projet avance bien et nous sommes maintenant à l’étape de la définition des orientations et de la gouvernance de l’INQ. On espère que le siège social de cette grande infrastructure de recherche sera installé ici, à l’Université Laval.»

Pour Louis Fortier, directeur du réseau de centres d’excellence ArcticNet, les bouleversements créés par les changements climatiques dans l’Arctique appellent à une mobilisation rapide des chercheurs. «L’INQ doit contribuer à la compréhension des grands enjeux environnementaux et sociaux créés par cette situation afin d’en minimiser les conséquences négatives et d’en maximiser les effets positifs. L’INQ coordonnera les efforts de recherche dans le Nord et il s’assurera que les travaux auront une portée sociale et qu’il y aura un transfert de connaissances vers les communautés.» Le chercheur a rappelé que tous les grands pays nordiques ont au moins un institut nordique national, sauf le Canada. «L’INQ pourrait devenir le pôle québécois d’un institut arctique pancanadien spatialement réparti dans six universités. Étant donné la longue tradition de recherche nordique à l’Université Laval et au Québec, le quartier général de cet institut national pourrait être installé dans l’INQ.»

Pour Yves Bégin, vice-recteur à la recherche et aux affaires académiques de l’INRS, plusieurs grands défis attendent l’INQ, notamment la question du financement des travaux. «La recherche en milieu nordique coûte extrêmement cher et ce sera la même chose pour le développement du Nord, a-t-il rappelé. C’est pourquoi il est important de se regrouper pour partager les dépenses liées à la logistique et aux infrastructures. Il faudra aussi impliquer le milieu des affaires. La recherche peut apporter beaucoup au développement, mais le développement peut aussi apporter beaucoup à la recherche. Il faudra aussi que l’INQ participe au maintien des infrastructures de recherche que les universités québécoises ont développées au cours des dernières décennies.»

La deuxième partie du Forum a été consacrée à des échanges s’articulant autour des six thèmes qui pourraient devenir les axes de recherche de l’INQ, soit Mieux-être et développement des communautés nordiques, Santé et nutrition, Fonctionnement des écosystèmes, Infrastructures, communication et technologies, Énergie et ressources naturelles, et Formation et transfert du savoir et des technologies.

Louis Carrier

L'Institut nordique du Québec veillera à ce que les résultats des recherches fassent l'objet d'un transfert de connaissances afin que les communautés nordiques, comme celle de Salluit, puissent les utiliser pour assurer leur développement.

Photo: Louis Carrier

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