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Volume 53, numéro 6 | 5 octobre 2017

Actualités UL

Mettre cartes sur table

Blogueur sur le site de Contact, le professeur Louis-Philippe Lampron démystifie les droits de la personne pour jeter un nouvel éclairage sur des enjeux de société

Par Matthieu Dessureault

Le projet de loi 62, dont l’objet est de favoriser le respect de la neutralité de l’État, a fait couler beaucoup d’encre. C’est à croire que tout a été dit, ou presque, sur ce sujet qui soulève les passions. Dans ses premiers billets de blogue sur le site de Contact, Louis-Philippe Lampron déboulonne certaines faussetés véhiculées par de pseudo-experts. «Beaucoup de n’importe quoi a été dit sur ce projet de loi, souligne-t-il. Cela fait plus de dix ans que le gouvernement québécois est accaparé par des questions sur les accommodements raisonnables, la place de la religion dans l’espace public, etc. C’est devenu un dialogue de sourds. Il y a un décalage important entre ce que certains disent que le projet de loi va faire et ce que le projet de loi vise comme tel», déclare ce professeur de la Faculté de droit.

Un exemple de cette affirmation est celui voulant que la future loi interdise le port de voiles intégraux pour les fonctionnaires et les bénéficiaires de services publics. Il s’agit d’une information erronée. Si le projet de loi est adopté, le port du niqab ou de la burka demeurerait permis dans la fonction publique, à moins que les décideurs fassent la preuve d’un motif sérieux permettant de le refuser. Il existe, par ailleurs, un flou jurisprudentiel sur le principe de neutralité religieuse de l’État. À titre de spécialiste des droits et libertés de la personne, Louis-Philippe Lampron veut mettre en lumière ce genre de lacunes pour contribuer à une meilleure compréhension des enjeux.

Pour le professeur, les universitaires ont un rôle important à jouer dans les débats qui bouleversent la société. C’est pourquoi il n’hésite pas à apporter son expertise sur des sujets épineux. «Les professeurs ont une liberté intellectuelle plus grande que la majorité des gens des secteurs public et privé. Ils peuvent se permettre de jeter un regard critique sur des enjeux de société. Ce privilège, il faut s’en servir.»

Il voit son entrée dans la blogosphère comme la continuité d’un projet d’entrevues lancé en 2015 dans lequel il invitait des chercheurs à se prononcer sur la liberté universitaire. Baptisé Paroles de chercheur-es, ce projet a pris la forme de capsules vidéo disponibles sur Internet. Une quarantaine de professeurs de différentes disciplines y abordent leur vision de l’intellectuel et du rôle des universités dans la société. «Ce projet terminé, j’ai constaté qu’il y avait beaucoup de travail à faire pour rejoindre les gens hors des sphères universitaires. Cela a été évoqué par plusieurs chercheurs dans les entrevues: une grande partie de la population a l’impression que les intellectuels sont “déconnectés” de la réalité et vivent dans une tour d’ivoire. C’est le besoin de diffuser la recherche et de cesser de prêcher aux convertis qui m’a amené à rejoindre la plateforme de Contact

Après la neutralité religieuse de l’État, le blogueur s’intéressera à un autre sujet brûlant d’actualité: les limites de la liberté d’expression dans un contexte de montée des groupes radicaux.

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Louis-Philippe Lampron

Louis-Philippe Lampron, professeur à la Faculté de droit, rejoint l'équipe de blogueurs de Contact, le magazine des diplômés de l'Université Laval. Pour lui, les universitaires ont un rôle important à jouer dans les débats qui bouleversent la société.

Photo: Marc Robitaille

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