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Volume , numéro | 16 novembre 2018

Arts

Un moment de grâce

L’Orchestre symphonique de Québec s’est produit devant plusieurs centaines de mélomanes au pavillon Alphonse-Desjardins

Par Yvon Larose

Il y avait de la visite rare sur le campus le mardi 13 novembre, sur l’heure du midi, dans l’atrium Jean-Guy-Paquet du pavillon Alphonse-Desjardins. Occupant toute la superficie de ce vaste espace, la soixantaine de musiciens de l’Orchestre symphonique de Québec (OSQ), dirigés par le chef assistant en résidence Thomas Le Duc-Moreau, ont offert une prestation de grande qualité sous les regards attentifs de plusieurs centaines d’amateurs de musique classique massés sur le pourtour de l’atrium, au rez-de-chaussée comme aux étages.

Le premier mouvement de la Symphonie nº 6 de Ludwig van Beethoven, surnommée La Pastorale, a donné le coup d’envoi au concert. L’interprétation de cette belle musique du répertoire romantique a suscité des applaudissements nourris. L’orchestre a poursuivi, pendant quelques minutes, avec une valse tirée de la Symphonie nº 5 de Piotr Ilitch Tchaïkovski. Ensuite, les musiciens ont attaqué le dernier mouvement très dynamique de la Symphonie nº 94 de Joseph Haydn. Puis la soprano et doctorante en interprétation chant Jessica Latouche est entrée en scène. Avec aplomb, d’une voix claire et bien placée, elle a interprété l’Air des bijoux, un air connu tiré de l’opéra Faust de Charles Gounod. L’extrait a commencé par «Ô Dieu, que de bijoux! Est-ce un rêve charmant qui m’éblouit ou si je veille?». Il s’est terminé par «Ah, je ris de me voir si belle en ce miroir! Est-ce toi, Marguerite? Réponds-moi, réponds vite!» Les musiciens se sont ensuite tournés vers Edward Elgar et ses Variations Enigma, une œuvre romantique dont ils ont interprété l’extrait intitulé «Nimrod». L’orchestre a conclu sa prestation par un extrait du Concerto roumain de György Ligeti, inspiré d’une danse traditionnelle.

«C’était la deuxième fois que je chantais avec l’OSQ, explique Jessica Latouche, également chef assistante du chœur de l’OSQ. J’ai passé un très beau moment durant ce concert. Nous avons eu un très bel auditoire et l’accueil de ce dernier fut très chaleureux. J’ai savouré chaque instant et chaque note de musique, car cela passe très rapidement!»

L’Air des bijoux fait partie de son répertoire. Elle l’interprète habituellement avec un pianiste, en récital ou lors d’auditions. «Lorsque cet air est chanté avec un orchestre, poursuit-elle, il prend tout son sens, en raison des couleurs musicales que donne chaque section d’instruments. Par exemple, le passage des flûtes qui suit immédiatement les mots “je ris de me voir si belle en ce miroir” évoque clairement le rire de Marguerite, ou le triangle qui vibre et qui nous fait voir le scintillement des pierres précieuses… Tout est écrit. Il ne faut que prêter l’oreille et la magie opère!»

Jessica Latouche est ravie d’avoir fait la connaissance de Thomas Le Duc-Moreau. «Selon moi, dit-elle, il a un grand talent. Avec lui, il a été très agréable d’interpréter cette magnifique musique.»

Thomas Le Duc-Moreau a 24 ans. En septembre dernier, il signait un contrat de deux ans avec l’OSQ comme chef assistant en résidence. Depuis trois ans, il était chef assistant de l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières.

«Les choix d’œuvres pour le concert à l’Université ont été faits en fonction de la programmation de la saison de l’OSQ, souligne-t-il. Chacun des extraits s’inscrira dans un concert cette année. Le concert à l’Université représentait un défi, vu les différences de styles et de genres. Personnellement, j’ai toujours eu une préférence pour la musique allemande. Ce fut une chance pour moi de pouvoir diriger la musique de Beethoven avec l’OSQ.»

Sur le public présent lors du spectacle, il dira: «J’ai été très heureux de constater que les auditeurs du concert étaient captivés et intéressés par le concert que nous avons proposé. Normalement, lorsqu’on joue dans un grand espace comme celui dans lequel nous avons performé mardi, les gens écoutent l’orchestre quelques minutes et continuent leur chemin.»

Le chef Thomas Le Duc-Moreau et la soprano Jessica Latouche

Photo : Orchestre symphonique de Québec

Le chef d’orchestre Thomas Le Duc-Moreau et la soprano Jessica Latouche lors du concert au pavillon Alphonse-Desjardins

L'OSQ à l'Université Laval, 2018

Les musiciens de l’OSQ et leur jeune chef ont attiré une imposante foule le 13 novembre dernier.

Photo: Orchestre symphonique de Québec

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