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Volume 52, numéro 23 | 30 mars 2017

Actualités UL

Quand la musique change des destins

L'organisme Jeunes musiciens du monde renforce son approche pédagogique de la musique avec l'aide de chercheurs de l'Université Laval

Par Matthieu Dessureault

Il y a cinq ans, Lydia Légaré ne connaissait pas grand-chose à la musique. Le déclic s’est fait avec Jeunes musiciens du monde, un organisme qui enseigne gratuitement la musique à des jeunes issus de milieux à risque. Très vite, ses progrès à la guitare ont été fulgurants. Après cet instrument, elle s’est tournée vers la mandoline et le ukulélé. «La musique favorise la patience, la persévérance, la confiance en soi. Ces qualités que j’ai acquises, j’ai pu les transposer dans d’autres sphères de ma vie, notamment les études», raconte celle qui est aujourd’hui étudiante au baccalauréat en enseignement de l’anglais, langue seconde.

L’an dernier, elle est devenue à son tour professeure pour Jeunes musiciens du monde. Chaque semaine, elle transmet ainsi sa passion aux enfants. «Les voir faire des progrès au fil des ateliers, c’est très gratifiant. Plusieurs ont des troubles du langage, d’autres sont super gênés… c’est beau de les voir cheminer et s’intégrer au groupe. Cette ouverture est créée par l’intermédiaire de la musique et du plaisir.»

Fondé en 2002, Jeunes musiciens du monde est présent dans plusieurs quartiers de Québec, de Montréal, de Sherbrooke et de Val-d’Or, en plus d’avoir une école en Inde. Sa mission est de permettre aux participants de développer leurs capacités et leurs aspirations en offrant diverses activités d’expression musicale. Chacun des établissements est implanté dans un milieu où l’offre culturelle est insuffisante. Plus de 1 500 jeunes participent régulièrement à une activité de l’organisme et bénéficient d’un encadrement spécialisé. «Nous sommes convaincus que la musique peut changer des destins, mais ça ne se fait pas en une seule heure de cours. C’est pourquoi Jeunes musiciens du monde travaille sur une longue période avec les jeunes. Après trois ou quatre ans, l’empreinte est plus forte sur leur développement», souligne Pierre Girard, coprésident-directeur général de l’organisme.

Devant le succès grandissant de l’initiative, un défi se pose: uniformiser les pratiques d’enseignement d’une école à l’autre. En 2013, un comité a été formé, avec entre autres des chercheurs de la Faculté des sciences sociales et de la Faculté de musique, pour réfléchir aux meilleures approches. «Ce projet est né d’un besoin de systématiser et de documenter notre façon de faire. Les gens de Jeunes musiciens du monde travaillent avec leur coeur, ce qui est essentiel, mais il fallait s’organiser davantage. C’est pourquoi nous avons créé un comité consultatif autour de cette démarche. L’Université Laval est partenaire depuis les débuts», explique Erica Stella, directrice de la pédagogie sociale chez Jeunes musiciens du monde.

De ce projet a découlé récemment la production d’un guide de pédagogie musicale. Cet ouvrage de plus de 160 pages réunit les meilleures pratiques basées sur les recherches dans le domaine. On y suggère des stratégies d’enseignement, en plus d’y aborder certains principes liés à l’apprentissage et à la motivation. «Nous avons synthétisé la recherche la plus récente sur la pédagogie musicale. L’idée était de mobiliser et de vulgariser les connaissances pour créer un recueil qui soit utilisable par l’organisme», dit Valerie Peters, professeure à la Faculté de musique, qui a chapeauté ce projet.

Font partie de son équipe le chargé de cours Mathieu Boucher, les doctorantes Mylène Lacroix et Marie-Audrey Noël et la chargée de cours à l’Université McGill Laura Risk. En plus du livre, ces chercheurs ont participé à des rencontres dans les écoles et ont animé des ateliers de travail avec des employés. De part et d’autre, l’expérience a été bénéfique. «Pour cet organisme qui oeuvre auprès de jeunes vulnérables, il est important d’avoir une approche adaptée. Ces élèves ne vivent pas beaucoup de succès. Augmenter leurs chances de réussite grâce aux recherches scientifiques est très motivant pour les chercheurs. Ils peuvent articuler leur champ d’expertise dans un contexte différent et contribuer à un projet durable et pertinent. C’est une belle collaboration entre des gens passionnés désireux de trouver des solutions», se réjouit la professeure Peters.

Ce partenariat pourrait donner lieu à d’autres projets alliant musique, travail social et recherches universitaires. Entre autres, le comité veut instaurer de nouvelles mesures d’évaluation des programmes d’enseignement. Plusieurs autres initiatives sont prévues.

Plus d’information sur Jeunes musiciens du monde

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Jeunes musiciens du monde permet aux jeunes issus de milieux à risques de développer leurs capacités et leurs aspirations en leur offrant un accompagnement personnalisé.

Photo: Jeunes musiciens du monde

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