Julie Dionne est directrice du Service des activités sportives (SAS). Stéphane Jobin était, jusqu’à une date récente, chargé de communication au SAS pour le programme d’excellence sportive Rouge et Or. Il est maintenant à l’emploi de la Faculté des sciences de l’administration. En juillet, tous deux se sont envolés vers l’Italie afin de prendre part aux 30e Universiades d’été. Le contingent canadien dont ils faisaient partie comprenait quelque 300 personnes, dont plus de 200 étudiants-athlètes universitaires. Neuf étudiants-athlètes représentaient l’Université Laval.

«Les Universiades se sont déroulées du 3 au 14 juillet, mais l’équipe de mission a passé presque trois semaines là-bas, explique Julie Dionne. C’était ma première présence à un événement sportif d’une telle ampleur. Ce fut une très belle expérience. Je me souviendrai toujours de la cérémonie d’ouverture. L’entrée de notre délégation dans le stade comble de quelque 55 000 sièges et le tour de piste sous les applaudissements resteront gravés dans ma mémoire. C’était vraiment bien organisé. Je me sentais comme une athlète. Le ténor Andrea Bocelli a chanté et la foule l’accompagnait.»

Les 30e Universiades d’été ont attiré près de 6 000 étudiants-athlètes en provenance de 112 pays. Dix-huit disciplines sportives étaient au programme.

Les deux employés du SAS, comme les autres membres du personnel d’encadrement de la délégation canadienne, ont été sélectionnés au terme d’un processus de mise en candidature et d’entrevue chapeauté par U Sports, lui-même mandaté par Sport Canada. U Sports encadre les sports universitaires de premier niveau au Canada. Cet organisme a assumé les frais entourant la participation de l’équipe de mission aux Universiades. La plupart des étudiants-athlètes ont fait de même de leur côté.

Julie Dionne et Stéphane Jobin ont travaillé au sein de petites équipes de bénévoles recrutés au sein du sport universitaire canadien et autour desquels gravitaient des interprètes italiens. La directrice du SAS avait surtout un rôle de soutien auprès des entraîneurs et des étudiants-athlètes canadiens. Elle répondait aux différents besoins exprimés en termes d’opérations, de logistique, d’accès ou de transport. «J’utilisais constamment mon téléphone, entre autres pour texter, dit-elle. En moyenne, je m’en servais huit heures et demie par jour.»

La tâche du chargé de communication était celle d’un journaliste typique. Stéphane Jobin couvrait les activités des athlètes canadiens sur différents sites de compétition. Il rentrait ensuite à son bureau à l’hôtel pour rédiger ses textes. Comme pour Julie Dionne, les journées de travail de 12 à 14 heures étaient monnaie courante.

«Le système de transport était peu efficace, souligne-t-il. Le deuxième jour des compétitions, nous avons couvert une partie de basketball. L’aller-retour à l’hôtel et le match ont pris sept heures! Mes collègues et moi nous sommes résignés à ne couvrir qu’un ou deux événements par jour. Plus les Universiades avançaient, plus nous choisissions les compétitions où le Canada avait des chances de classement ou de médailles.»

Les Universiades de Naples ont souffert de lacunes organisationnelles dues à un temps de préparation insuffisant. À l’origine, le Brésil devait tenir cet événement. Mais ce pays s’est désisté par manque de financement après avoir présenté la Coupe du monde de soccer en 2014 et les Jeux olympiques d’été en 2016. «Les sites de compétition, décentralisés, étaient bien structurés, indique Stéphane Jobin. Mais le village des athlètes n’avait rien du village habituel. Environ la moitié des étudiants-athlètes logeaient dans deux navires de croisière accostés dans le port. D’autres occupaient les résidences d’un campus universitaire.»

Julie Dionne renchérit. «Il n’y avait pas de village comme tel où tout le monde pouvait se retrouver, créer un sentiment d’appartenance, un lieu qui faciliterait les repas et donnerait accès à l’information. Par contre, les athlètes qui logeaient sur les bateaux de croisière ont pu vivre une expérience collective et interculturelle unique. Ils se sont côtoyés et ont appris sur la culture des autres.»

Autre chose: la sécurité. Comme tout événement sportif de grande envergure, ces universiades se sont déroulées sous haute surveillance policière, voire militaire.

Soulignons aussi la présence à Naples de la physiothérapeute Charlotte Vallières-Villeneuve, ancienne employée de l’Université Laval, et du photographe pigiste Mathieu Bélanger attitré au programme Rouge et Or.

Au total, les étudiants-athlètes canadiens ont gagné six médailles. Quatre membres du Rouge et Or se sont distingués dans les épreuves d’athlétisme. Jean-Simon Desgagnés a terminé quatrième au 3 000 mètres steeple et Anne-Marie Comeau a pris la neuvième place au demi-marathon avec deux minutes de retard sur la gagnante. Jessy Lacourse et Catherine Beauchemin ont terminé la finale du 3 000 mètres steeple chez les femmes respectivement au sixième et au onzième rang. «C’est une grosse compétition, a déclaré Jean-Simon Desgagnés. Oui, c’est crève-cœur de terminer quatrième, mais c’est également très satisfaisant.» Pour Jessy Lacourse, la finale a été une «expérience extraordinaire et très bénéfique pour la suite des choses».

Au basketball, il faut souligner la performance de Sarah-Jane Marois, la meilleure pointeuse de la formation féminine canadienne, avec une moyenne de 12,3 points par match. Du côté masculin, la formation canadienne, qui comptait dans ses rangs Marc-André Fortin, a été éliminée en quart de finale, s’inclinant par un point devant l’Ukraine.

Enfin, trois représentantes du Rouge et Or faisaient partie de l’équipe canadienne de soccer féminin, soit Jessica Bunker, la gardienne de but Myriam Labrecque et la capitaine Joanie L’Abbé. La première a disputé tous les matchs de son équipe, la deuxième a joué quatre parties. Le Canada a terminé huitième dans cette discipline.


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Julie Dionne et Stéphane Jobin, sur le terrain parmi des étudiants-athlètes canadiens, aux Universiades de Naples.

Photo : Mathieu Bélanger