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Volume 50, numéro 6 | 2 octobre 2014

À la une

Notes positives

La mission du laboratoire Mus-Alpha de la Faculté de musique est de permettre aux enfants d'intégrer le monde du langage et de la lecture

Par Renée Larochelle

Am, stram, gram/ pic et pic et colegram: les jeunes enfants adorent les comptines et les parents les adorent aussi, bien au fait que ces innocentes petites rimes ont le pouvoir magique de calmer les jeunes esprits tout en détendant l’atmosphère en cas de «surchauffe». Jonathan Bolduc, lui, se sert de ces chansonnettes dans un but, disons, plus pédagogique. Pour ce directeur du laboratoire Mus-Alpha à la Faculté de musique, ces comptines, et de façon globale la musique, sont un moyen en or pour stimuler et développer le langage chez les enfants.

«On sait que les enfants qui font de la musique très tôt vont être plus à même de développer leur mémoire», dit ce professeur agrégé en éducation musicale au préscolaire et au primaire, dont le rôle consiste à former les futurs enseignants en musique. «Or, le développement de la mémoire facilite l’apprentissage de la lecture, explique-t-il. Avec ses accents toniques, la musique est proche du langage.»

Chaque semaine, des dizaines d’enfants d’âge préscolaire ou de maternelle (parfois même plus âgés) fréquentent le laboratoire Mus-Alpha, situé au pavillon Louis-Jacques-Casault. Ils y viennent avec leur éducatrice ou leur enseignante pour une durée d’environ 60 minutes. Tel un chef d’orchestre, Jonathan Bolduc dirige ce petit monde qui s’en donne à coeur joie dans ce laboratoire pas comme les autres, tapant sur des instruments à percussion, jouant des maracas, scandant la rime et chantant en choeur. Différents styles musicaux figurent au programme: musique du monde, musique classique, berceuse, etc. «Nous essayons de varier le plus possible le répertoire», indique Jonathan Bolduc, qui insiste sur l’aspect ludique de l’exercice: «Il ne s’agit pas de musicothérapie. L’important est de mettre les enfants en contact avec la musique et que l’expérience soit positive pour eux.»

Inévitablement, l’on en vient à demander à ce spécialiste de l’éducation musicale si les jeunes qui présentent des troubles du déficit de l’attention peuvent tirer des bénéfices de ces séances. «Dans chaque groupe, il y a des enfants qui peuvent présenter des troubles langagiers, dit Jonathan Bolduc. Nous les référons alors à des orthophonistes ou à des spécialistes en psychologie du développement, le cas échéant. Il nous arrive de recevoir des enfants qui ont des réticences avec la lecture, par exemple.  L’idée n’est pas de catégoriser l’enfant, mais de lui permettre de découvrir le langage autrement.»

Sous des dehors légers, les recherches que réalise Jonathan Bolduc dans son laboratoire visent un objectif des plus sérieux: documenter l’impact de l’éducation musicale sur le développement global de l’enfant et sur sa réussite scolaire. Dans son équipe, Jonathan Bolduc compte ainsi plusieurs étudiants de la Faculté de musique, eux aussi convaincus que le contact avec la musique ouvre bien des portes.

«Certains matins, des enfants arrivent aux séances l’air un peu bougon, constate Jonathan Bolduc. Mais ils repartent toujours avec le sourire. De les voir heureux, c’est notre plus belle récompense.»

Jean-François Bolduc

Chaque semaine, des dizaines d'enfants d'âge préscolaire ou de maternelle (parfois même plus âgés) fréquentent le laboratoire Mus-Alpha, situé au pavillon Louis-Jacques-Casault.

Photo: Jean-François Bolduc

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